Thursday, October 11, 2012

Deux exponentielles, laquelle l'emportera ?


Ce bref article n’a pas grande valeur scientifique mais relève plutôt d’une intuition que je souhaitais partager avec mes amis libéraux, pour voir si nous analysons les grandes tendances de notre situation socio-économique de manière proche, ou pas.

Donc chers tous, et toutes, n’hésitez pas à vous lâcher et à réagir à cette pure conjecture. Peut-être d’ailleurs suis-je dans l’évidence, et dans ce cas, mille excuses pour ne pas avoir su la reconnaître plus tôt – mais dans ce cas, pourquoi n’en parle-t-on pas plus ?

Voici l’idée livrée à votre sagacité.

Jusqu’il y a un siècle – 1913 : Création de la FED, 1914 : Première Guerre mondiale, 1919 : Traité de Versailles – l’état n’avait que des moyens encore assez limités pour intervenir dans les grandes économies mondiales, américaine comme européennes. Puis avec ces événements, la démocratisation de l’Europe, Weimar, la Seconde Guerre, le New Deal et ensuite à partir de 1971, la monnaie universellement fiduciaire et virtuelle, en France, aux Etats-Unis et plus ou moins – mais en tendance – partout dans le monde, le poids et l’intervention de l’état s’est accrût toujours plus et toujours plus vite. Nous en vivons une apogée probable de nos jours avec la crise de la dette qui mesure combien la boule de neige qui toujours grossit menace tout sur son passage.

En parallèle, toujours depuis un siècle environ, la mondialisation et ce qui reste de capitalisme dans ce monde ont conduit à une explosion technologique avec la voiture, le téléphone devenu portable, l’ordinateur qui devient ardoise magique, la pharmacopée devenue génie génétique, l’avion qui réduit les distances et j’en passe tout une foule. Cette explosion se voit de nos jours par des prix ridiculement bas pour accéder à internet et donc à l’infinité de la connaissance humaine, la voiture devenue une commodité et un accessoire de mode et surtout l’accélération constante et universelle du rapport valeur / (prix . temps). (Plus de service, moins cher, plus vite.)

On peut donc caractériser le siècle passé comme ayant vu l’émergence conjointe de deux phénomènes de natures empiriquement exponentielles. L’état comme frein économique de par ses multiples interventions et son endettement voit son poids – et donc sa capacité à nous ralentir – croître exponentiellement, pour atteindre en France un des sommets mondiaux. Le développement technologique voit de même sa capacité à nous apporter de la valeur par l’innovation, une distribution mondiale et une baisse continue des prix connaître, aujourd’hui aussi une accélération exponentielle.

La première exponentielle est un boulet au développement de la civilisation, de l’accès à la justice sociale et de la prospérité. Elle engendre toujours plus de conflits sociaux, d’érosion de la propriété et de faim dans le monde. La seconde exponentielle est de nature bénéfique. Elle nous apporte toujours plus de richesse et de bien-être. Elle sont donc en opposition et la croissance de la première vient réduire les bienfaits de la croissance de la seconde, qui compense la première.

Il me semble que depuis un siècle, en gros, l’exponentielle étatique restait largement contrebalancée par l’exponentielle capitaliste-technologique pour un bilan positif matérialisé par une forte et longue croissance mondiale. Et il me semble aussi que nous vivons l’époque d’un point d’inflexion, celui ou finalement l’état-boulet irait plus vite que le capital-innovateur.

Si ça devait être le cas, comme dans une gigantesque courbe de Laffer où nous serions passés « de l’autre côté », celui qui redescend, nous serions au début d’une crise profonde où l’accélération du poids visible de l’état, celui qu’on ressent malgré le confort du progrès, risquerait bloquer toute la société.

Si j’ai tort, bonne nouvelle. Mais pour combien de temps ?
Si j’ai raison, nous voilà dans de beaux draps – mais il y a pourtant une bonne nouvelle : la courbe de Laffer chute, comme l’état qui nous suce le sang. Il ne pourra pas survivre longtemps sans sa dose… Mais dans combien de temps ?

Tuesday, October 9, 2012

Qui vole ? Pas les pigeons.



Voici quelques 10 jours que les pigeons ont envahi l’actualité et que la France semble comme découvrir la fiente dans laquelle se débattent ses entrepreneurs depuis des années. A l’heure des pigeons qu’on vole, un autre indicateur sort en début de semaine sur la situation française générale.

Un article du Cercle des Echos cite le cabinet Ernst&Young qui, par son étude régulière sur l’attractivité des principaux pays de ce monde pour les entreprises, montre une fois de plus la France du doigt. Et cette étude sort alors même que le conflit à Florange fait à la fois rage et débat.

Hasard ? Ou peut-être pas, cette question de l’attractivité du pays, ou au contraire de la fuite des société ou des entrepreneurs individuels, le ras-le-bol des pigeons-entrepreneurs, fait écho à la présentation de La Grève, la traduction française du livre Atlas Shrugged de Ayn Rand évoqué lundi chez Stéphane Soumier sur BFM. Peu de gens connaissent – encore – ce livre, qui s’est pourtant vendu à des millions d’exemplaires outre-Atlantique.

Enfuie de sa Russie communiste natale, Ayn Rand, il y a déjà 55 ans, donc un demi siècle à l’avance, a su reconnaître dans la société américaine de l’époque les premiers signes de ce qui avait causé la ruine dans son propre pays. Nous constatons combien elle avait raison.

Sur le prétexte de l’épopée d’une entrepreneur typique, à une époque où la société se décompose, Atlas Shrugged porte notre attention sur le rôle central de l’entreprise dans notre, dans toute société. Or l’état peu à peu entame ses marges de manœuvre, cette propriété privée qui nous permets d’agir. Et elle conclut en montrant les conséquences si jamais  l’idée de faire la grève venait à l’esprit des entrepreneurs : peu à peu, tout s’arrête et même l’évident devient impossible.

On peut croire au génie de l’auteur ou à la fumisterie d’une boule de cristal, mais en fait il n’y a dans cette histoire et son point culminant – l’homme reprend le pouvoir – que pure logique économique, logique qu’on croit découvrir aujourd’hui avec nos pigeons, et pourtant décrite depuis longtemps, y compris par des auteurs français comme Frédéric Bastiat.

Car le bon sens le sait bien, le rôle de l’entrepreneur, c’est de créer, créer des emplois, de la richesse, de l’innovation, du bonheur de vivre et de l’envie de se lever le matin. Jamais l’état-providence ne pourra ne nous apporter cela.

BFM comme Les Echos le soulignent : la clé tient dans le respect de la propriété privée, celle qui permet de décider, de prévoir, de financer, celle qui nous protège. Or que fait le gouvernement ? Que contestent les pigeons ? Que contestent les grévistes de Ayn Rand ? La lente érosion de notre propriété par des impôts, des taxes et maintenant un PDL 2013 où on ne peut même plus profiter des fruits de son travail – sa propriété, privée, sacrée.

Mais le bon sens se perd, nous sommes maintenus dans une ignorance économique crasse, au point de croire que c’est en s’endettant qu’on s’enrichit et que c’est par la dette que l’état réglera son problème de dette. Pourtant, ne dit-on pas « qui paye ses dettes s'enrichit » ?

Un autre livre est d’ailleurs paru ces derniers jours aussi, un autre livre de bon sens : « Libres ! ». Ecrit par 100 personnes comme vous et moi, chacune traitant d’un sujet simple, il a le courage de rappeler l’importance de la liberté et le danger du trop-d’impôt pour une société où chacun ait sa chance selon son mérite.

Les « gens d’en bas », comme un de ces politiciens de foire les appelait, le sentent bien. Les pigeons pourraient bien en avoir assez et demain faire la grève. La situation, ce qui les poussent à s’exprimer, Ayn Rand l’a vécue dans un pays rouge…

L’entrepreneur est la pierre angulaire de la société, de toute société prospère, et l’échec de toutes les visions socio-démocrates qui le haïssent s’explique par ce simple besoin : remettre l’entreprise et l’entrepreneur au centre de la société. Faut-il rappeler que tous les dictateurs ont commencé par spolier leur population pour son bien ?