Thursday, January 30, 2014

La Décroissance ? Une réponse actuelle peu naturelle à une vraie question de la Nature pour demain.

Depuis des milliers d’années, les hommes sont partagés entre la crainte et l’espoir pour leur avenir. Demain est source à la fois de la crainte d’une mort qui se rapproche et de l’espoir que ce restant de vie voit ses conditions s’améliorer, ou du moins celles des prochaines générations. Depuis des milliers d’années, cette crainte est pour bonne partie liée à la menace de famine, toujours possible. Longtemps, la famine était due à une trop faible capacité à exploiter la terre, à une trop forte dépendance envers les aléas de la Nature.

Et voilà que depuis un peu plus de deux siècles, avec l’arrivée du capitalisme et de la révolution industrielle, cette crainte de famine voit ses causes inversées : beaucoup craignent désormais que ce soit la Terre qui soit affamée par une population explosive et hors de contrôle, sans rapport avec les limites de notre Monde.

Les promoteurs de la thèse décroissante ont cette crainte et proposent d’y répondre par divers mécanismes visant à contenir, voire à infléchir, les croissances économique et démographique pour ne jamais atteindre ce seuil de non-retour où notre planète s’épuiserait irrémédiablement à nous nourrir.

Même si cela ne devrait pas nous concerner dans l’immédiat, il serait peu responsable de ne pas reconnaître que cette question que nous pose la Nature – notre population finira-t-elle un jour par épuiser ses ressources et dès lors risquer de disparaître ? – mérite une réflexion sérieuse. Mais contrairement aux « Décroissants », il me semble que notre réponse au futur sera la même que celle que nous avons donnée au passé : l’espoir quotidien que vit chacun de nous en de meilleures conditions futures nous mettra sur la voie.

Même si elle possède de nos jours une multitude de facettes, cette question n’est pas nouvelle. Bien des auteurs s’y sont frottés, dont le plus célèbre est sans doute Malthus en 1798. Or Malthus s’est trompé, nous sommes là pour le confirmer, cela du fait d’une mauvaise appréhension des mécanismes en présence. Nous connaissons aujourd’hui – ou depuis – de nombreux autres Malthus qui le plus souvent se trompent de façon identique ou similaire. Soyons clairs, je ne dis pas que la question de notre avenir limité ne se pose pas. Je pense par contre que beaucoup de ses analystes concluent à la catastrophe trop précipitamment.

Beaucoup des personnes inquiètes de notre Planète et de notre devenir à sa surface pensent que l’humanité n’est pas assez attentive à ces questions, voire qu’elle porte en elle-même les facteurs de sa disparition. Ainsi, le système capitaliste serait un des premiers facteurs de nos soucis écologiques et durables. Bien plus qu’un juste diagnostic, c’est à mon avis la preuve que trop peu de gens comprennent le capitalisme.

Car le capitalisme est un mécanisme social neutre, il n’est ni bon ni mauvais, il existe tout simplement. Et sa découverte a objectivement contribué à notre sortie de cette famine primitive. D’ailleurs, tout le monde est capitaliste. Dès qu’on économise quatre sous pour acheter le moindre outil, tel un crayon, on est dans le capitalisme. Où est le mal dans un tel projet ? Ou bien, faudrait-il ne plus avoir de projets ? Ce serait la meilleure manière de retomber dans la plus profonde des misères bien avant que la Terre fût tarie.

Parmi les travers du capitalisme, la recherche du profit est probablement la plus vilipendée. Elle pousserait ainsi aux pires actes écologiques pour de sordides et vaines satisfactions matérialistes de court terme. Il me semble là encore que l’analyse est trop sommaire. Car le profit est un indicateur hautement social. Il a deux significations majeures : l’utilité et le besoin. Celui qui vend ses produits et récolte ainsi de forts profits ne vole personne : par l’échange libre, il rend un service contre une somme. Chacun y gagne. Mais le profit est d’autant plus grand que le produit rend service et que la demande est forte. Où est donc le mal là-dedans ?

Bien sûr, il existe des abus. Bien sûr, certains polluent. Mais cela n’est pas une question de profit mais une question de droit mal respecté ou mal défini. Si une usine pollue une rivière, pourquoi le propriétaire de la rivière ne pourrait-il pas obtenir réparation ? La raison est hélas simple : nous vivons dans un système où trop souvent les rivières – comme beaucoup d’autres ressources sensibles – sont considérées comme « biens communs ». Pour les protéger paraît-il. Or un « bien commun » n’appartient en réalité à personne. L’état, pris entre le respect de la propreté de la rivière et l’augmentation des coûts de l’usine et donc du chômage, a vite fait de fermer les yeux sur la rivière. Et ne pas jouer ce rôle de protecteur que les naïfs croient possible.

Cet exemple simple illustre une des premières thèses des libertariens en matière d’écologie et partant de développement durable et du futur de notre système. Le problème ne vient pas du capitalisme, ni du profit. Il vient de l’état bureaucratique défaillant. Et plus on pourra privatiser la Nature, mieux elle sera protégée.

Nous y reviendrons plus bas. En attendant et pour terminer ce tour des erreurs classiques d’analyse socio-économique, considérons les critiques de « sur-production », de « société de consommation », voire celles imaginant des biens qui seraient « superflus ». Elles reposent toutes sur l’erreur anthropomorphique, c’est-à-dire que ses porte-parole raisonnent comme si l’humanité n’était qu’un ménage, une famille et se permettent de la juger du haut de leur insignifiance. Or l’humanité ne fonctionne pas comme une famille.

Dans une famille, la décision est claire. Le père, la mère, les deux, voire toute la famille décident. Puis on passe à l’action. S’ils décident de se serrer la ceinture pour « sauver la planète » (*) ils le font de manière explicite et unique, sur la base des données leur étant disponibles. Rien de tel pour l’humanité – et c’est précisément ce qui fait sa force. L’humanité est décentralisée, c’est chacun de nous qui y décide, en continu, sans concertation, sans jamais disposer que de données partielles. Et pourtant, le marché – car c’est bien de lui qu’il s’agit, processus continu de prise de décision par l’échange – a réussi à nous mener jusqu’en 2013.
(*) Je ne peux résister au passage à citer ce grand sketch de George Carlin, où il nous rappelle que « la Planète est passée par des choses bien pires que nous : tremblements de terre, volcans, la tectonique des plaques, l’inversion des pôles magnétiques, le bombardement astéroïde … et nous osons imaginer qu’elle pourrait être menacée par quelques sacs plastiques ? »

Ainsi, pour revenir aux biens « superflus » et leurs amis, ils ne sont qu’un jugement triplement erroné. En premier lieu parce qu’on se permet de juger à la place de l’humanité. De quel droit ? Quelle autorité pense donc incarner celui qui s’exprime ainsi ? Seconde erreur, cela suppose que le diagnostic malthusien serait fondé, ce qui est plus que contestable. Enfin, quel étalon peut-on exhiber pour mesurer le besoin d’autrui ?
Après le capitalisme et ses manifestations, la grande crainte de notre temps tient à l’épuisement des ressources de la planète. Alors on voit depuis quelque quarante ans fleurir les grandes inquiétudes sur la question : réchauffement climatique anthropomorphique, développement durable, nucléaire, pétrole.

Avant de plonger dans l’angoisse du manque, celle du fameux « peak oil » qui scellerait notre récession mais qu’on constate être constamment repoussé dans le futur, il me semble qu’il faut revenir sur la notion même de ressource naturelle et de matière première. Or les ressources naturelles n’ont rien d’absolu.

Le Professeur Pascal Salin, dans son superbe ouvrage « Libéralisme », nous éclaire ainsi : « C’est donc à tort qu’on accorde de l’importance à la possession de ressources naturelles pour évaluer les possibilités de développement d’une société. On peut d’ailleurs même dire […] que les ressources naturelles n’existent pas. En effet, elles ne jouent aucun rôle économique, c’est-à-dire qu’elles ne répondent à aucun besoin humain, aussi longtemps que quelqu’un n’a pas inventé une utilisation de ces ressources. Les vraies richesses ne sont pas matérielles et physiques, elles sont subjectives et les objets matériels ne sont qu’un support éventuel de l’activité intellectuelle et de l’action humaine. »

Et c’est d’ailleurs une des erreurs profondes de Malthus à l’époque. Il a oublié de prendre en compte l’innovation, donc le changement régulier de la nature des ressources essentielles, et l’adaptation sociale, celle qui fait que la natalité n’est jamais constante et tend à se réduire avec le niveau de la civilisation.

Autrement dit, devant la raréfaction des ressources actuelles, il faut se garder de conclure trop vite à notre appauvrissement prochain. L’histoire et la logique montrent que l’humanité est bien plus sophistiquée et sait s’adapter bien mieux qu’il y paraît, en faisant évoluer son besoin et sa consommation en ressources à la fois en nature (technologie) et en quantité (marché). Mais pour le comprendre, il faut comprendre le marché.

Ce dernier point, le rapport quantité et marché, mérite qu’on s’y attarde un instant. Car le mécanisme des prix est de loin la meilleure invention humaine pour contrôler la consommation des ressources. Mais qui s’en souvient ? Supposons le pétrole à un prix P correspondant à une offre O, laquelle est directement liée à son abondance et à la facilité de l’extraire. Si O vient à baisser parce que le pétrole se fait plus rare ou si son coût monte, P montera de même – simple loi de l’offre et de la demande. A partir d’un certain niveau de prix, la demande changera, certains n’ayant plus les moyens ou refusant de payer ce prix. Cette baisse de demande est le premier moyen de faire durer la ressource, dont la rareté croissante assure en réalité l’éternité.
Notons qu’il n’y a rien d’immoral à ce phénomène qui en effet prive les moins riches de l’accès à une ressource essentielle. Mais personne n’est en cause. L’humanité entière est à l’œuvre. Serait-elle immorale ?
Mais pendant que le prix monte et atteint des sommets, l’innovation est au travail. Plus le prix est haut et plus il devient possible de rentabiliser des alternatives coûteuses qui n’auraient pas pu se vendre si le pétrole était moins cher. Et donc plus le pétrole se raréfie, plus la probabilité s’accroît de lui trouver des alternatives. C’est ce phénomène qui s’enchaînant de technologie en technologie nous a conduit à 2013.

Attention cependant. Pour que les mécanismes de marché fonctionnent, il faut que celui-ci soit libre, c’est-à-dire qu’il faut que les choix soient purement ceux des individus, libres de toute contrainte réglementaire venant déséquilibrer leurs options. Les fameux « dysfonctionnements » du marché sont toujours le produit d’un biais étatique, d’une intervention ou d’une loi qui sort le marché de sa fonction. Il n’y a pas d’exception.
Enfin, la question de la protection de la Nature et des ressources en général. On l’a vu rapidement plus haut, le sujet serait facile s’il n’y avait en permanence tension entre protection et exploitation. C’est tout le sujet de la Décroissance : vaut-il mieux protéger plutôt qu’exploiter ? Cet arbitrage n’est jamais simple, il existe des arguments des deux côtés. La réponse libérale consiste justement à ne pas apporter de réponse. Mais plutôt d’insister sur le processus qui permet d’aboutir non pas à la meilleure réponse, mais à la réponse la plus juste – ou la moins injuste. Le mécanisme assurant cette fonction existe depuis des millénaires – et depuis des millénaires, il permet de protéger la Nature dans le sens donné ici : il s’agit de la propriété privée.

Bien que ce soit choquant pour bien des gens non avertis, la privatisation de la Nature – celle des espèces en voie de disparition par exemple – a largement fait ses preuves. La raison est très simple : elle laisse le seul propriétaire responsable de l’arbitrage protection vs. exploitation. Et comme l’intérêt du propriétaire s’inscrit dans la durée – et non dans le court terme comme on reproche souvent aux capitalistes – celui-ci a toutes les cartes en main pour naviguer au quotidien entre ses objectifs de gains et son objectif de temps.

Certains décroissants ou écologistes pourront avancer que tout cela est bien joli, mais le temps presse et le marché ne va pas assez vite, nous n’avons pas assez de temps, il faut donc intervenir. Est-ce si sûr ?
Pour mieux percevoir comment le temps intervient, il convient d’évoquer l’excellent livre de Peter W. Huber & Mark P. Mills, « The Bottomless Well » (Le puis sans fond »). Partant du mécanisme du marché, les auteurs constatent que le marché de l’énergie innove constamment selon deux axes dont la combinaison nourrit notre raison de penser que la dépendance au pétrole est bien moins évidente qu’il y paraît de prime abord.

Le premier axe touche l’exploration du brut. Plus on a d’énergie, plus on est capable de trouver de nouvelles techniques et plus il devient facile d’aller chercher du brut à des endroits jusque là inaccessibles. Donc en quelque sorte, plus on consomme de brut, plus on en trouve et plus on peut en produire. Bien sûr, il y aura une limite, un jour. Mais pour l’instant, depuis Drake ou ses prédécesseurs en 1855, cette règle s’applique.

La seconde idée tient à la sophistication, à la « montée de niveau » de la consommation énergétique. La voiture et le téléphone sont deux bons exemples pour l’illustrer. La voiture consommait à l’origine sa part de pétrole quasi-directement, même si le raffinage est devenu de plus en plus sophistiqué. Désormais, on voit de plus en plus de véhicules hybrides et même des voitures électriques, qui consomment une énergie indirecte, produite par le moteur à essence ou par une centrale. C’est encore plus net pour le téléphone qui se branche en USB sur un PC qui lui-même consomme une électricité issue d’un réseau de centrales diverses.

De plus en plus donc, la production énergétique primaire s’éloigne du lieu de consommation et même ne sert qu’à alimenter une source secondaire, mais dont le service, plus proche, offre plus de valeur ajoutée. Ce phénomène de découplage rend bien moins fragiles les points de consommation en permettant au réseau de production primaire de se reconfigurer, de changer peu à peu de technologie et de ressource, sans heurt.

Malgré tous ces indices de forte incertitude quant au manque prochain de source d’énergie et de ressources en général, le « peak oil » serait pour demain – ça fait quarante ans qu’on l’affirme. Un déclin inéluctable est ainsi mis en avant pour tout justifier. Alors on nous pousse vers l’organisation rapide de la « transition énergétique ». Et de multiplier les initiatives : villes de transition, Grenelle, Agenda 21, Kyoto et autres.

Ce qui est choquant chez tous ses projets ne tient pas tant à leurs objectifs et motivations qu’à leurs moyens. On l’a vu, même si il y a de nombreuses raisons de douter du risque prochain de manque, le doute existe et on peut comprendre que les plus inquiets ou convaincus – ou tout simplement ceux attirés par le mode de vie induit par ces projets – veuillent anticiper à leur niveau. Mais ils n’ont pas le droit d’imposer leur peur et leur conviction à ceux qui ne les partagent pas. De ce fait, il est injuste et immoral que le moindre soupçon d’argent public finance même en partie le moindre de ces projets. C’est à eux de trouver les fonds, seuls. Si l’idée de ces villes ou autres va tant que cela de soi, cela ne devrait pas être difficile de tout financer.

On objectera que l’intérêt général de préservation de la Planète devrait dépasser cette bête logique capitaliste et qu’il est suffisamment important pour que tout le monde participe un peu. La réponse libérale conteste précisément un intérêt général aussi peu fondé et qui ne saurait usurper le bénéfice du doute. Notre survie jusqu’ici a été assurée par l’arbitrage par le marché et non par le politique et il est essentiel, face à des questions aussi complexes et incertaines, que ce principe perdure. On y reviendra en conclusion.

J’ai beaucoup parlé des ressources et il ne faut pas oublier l’autre partie de l’équation, à savoir la population. Deux aspects, rapidement. Tout d’abord, il serait fâcheux d’oublier que la croissance de notre population est une bonne chose en soi. Pas juste parce que la bonté veut qu’on accueille à bras ouvert son prochain. Mais parce que sept et bientôt huit milliards d’humains, c’est autant de cerveaux et donc une démultiplication de notre potentiel collectif à penser notre situation et à y apporter chacun une partie de la solution globale.

L’autre aspect, c’est l’action de force. La Chine, il y a quarante ans, lançait la politique de l’enfant unique. Elle devrait incessamment la remettre en cause. Je ne suis pas dans la tête des dirigeants chinois, mais on peut supposer que les faits suivants les interpellent. Les autres pays n’ont pas suivi et la Terre tourne encore. Les conditions sociales ont radicalement changé et allongé l’espérance de vie au point qu’aucune analogie n’est possible avec la situation de l’époque. Leur population a continué de croître tout en s’enrichissant, mais les voilà devant une pyramide des âges totalement déséquilibrée. Quel bilan positif tirer d’une telle horreur ?

En fait, pour finir sur la population, un regard cynique sur l’histoire pourrait faire dire que la Nature est bien faite : dès que nous sommes trop nombreux, elle fait en sorte qu’une épidémie remette les compteurs à l’équilibre. Et que depuis un siècle, elle s’est même améliorée. Car désormais, les états prennent le relais pour organiser guerres, massacres et génocides très efficace pour apurer de quelques millions d’hommes.

J’ai tenté jusqu’ici de montrer combien le sujet est complexe, mais aussi que bien souvent on accuse à tort, par raccourci malheureux, le capitalisme et autres grands mécanismes « libéraux » d’être des causes malgré eux. Mon avis à ce point de l’exposé consiste à admettre que le monde est fini et que viendra probablement un jour où nous serons comme sur le sommet d’une courbe de Laffer de l’autosubsistance : passés de l’autre côté, nous commencerons à devoir gérer la pénurie, d’une façon ou d’une autre. Mais ce jour est loin.

Très loin même je pense, parce que comme libéral, je suis humaniste et donc j’ai confiance dans la capacité de l’humanité à repousser l’échéance. Toute l’humanité ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste, hélas. Il s’agit des politiciens et des bureaucrates, autrement dit l’état. On l’a vu plusieurs fois, c’est l’état qui, en perturbant les différents mécanismes naturels de la société humaine – arbitrage propreté vs. usine, Grenelles, guerres… – la rend plus malthusienne qu’elle ne serait dans un système d’hommes libres.

En fait, le sujet ne devrait pas être confié aux politiques, il est trop important. Le système politique mondial favorise une globalisation des orientations et des prises de décision. On le voit avec Kyoto, l’ONU, les ONG. A l’échelle du Monde, les décisions, les textes sont forcément simplistes même quand ils font des milliers de pages. Simplistes parce que reposant sur une subsidiarité mondiale ou du moins supranationale. Or on l’a vu, protéger la Nature, protéger ses ressources, cela ne peut se faire que sur le terrain, rivière par rivière, mine par mine, village par village. Et à cette échelle, c’est au marché libre d’assurer l’arbitrage. Personne, nul organisme politique aussi sophistiqué qu’il soit, ne pourra le faire plus efficacement et plus justement.

Le libéralisme libertarien repose sur l’absence de pouvoir politique, c’est-à-dire que chaque propriétaire a seul le pouvoir politique chez lui, sur l’absence d’espace public et l’intégrale privatisation de la Planète. La fonction d’arbitrage y est entière confiée au marché libre, où se concurrence librement des entrepreneurs innovants. Evitant tous les écueils passés en revue plus haut, il constitue selon moi, et mes amis libertariens, le système politique non seulement le plus humaniste, mais le plus « durable », dans tous les sens du mot.

Ainsi, aux Décroissants dont je comprends le doute sans le partager, je voudrais dire qu’ils se trompent de combat. L’analyse qu’ils font de la situation est erronée à de nombreux égards, j’ai essayé de le montrer. Et plutôt que de gâcher leur énergie à nous convaincre de réduire nos besoins, ce qui n’est attrayant pour pas grand monde, ils feraient mieux de militer pour une plus grande liberté de tous et de chacun dans la société.

Ce faisant, ils feraient coup double, pour leur Liberté, celle des autres, et pour sauver cette chère Planète.

Friday, January 10, 2014

Série Analyse des Programmes : Le PLD: 1 à 6

Pour le PLD, nous nous appuyons sur leur programme, ici

« 1. Retrouver un excédent budgétaire en 3 ans par une réduction massive de la dépense publique.
L'endettement public constitue une menace grave pour nos libertés et notre prospérité. Quand les richesses que chacun crée servent surtout à payer les créanciers de l'État, les chances de réaliser ce qui compte dans nos vies se réduisent singulièrement. Ma
is c'est aussi une question de moralité à l'égard de nos enfants. Nous les chargeons des dettes d'un État-Providence dont leurs parents n'avaient pas les moyens, et dont ils ne jouiront jamais.
Nous retrouverons en trois ans un excédent budgétaire en ramenant le statut de la fonction publique dans le droit privé et en fermant des organismes publics et des directions ministérielles dans les domaines où l’État n’a pas à intervenir. En dix ans nous réduirons d'un tiers la dette publique.
Les agents de l'État perdant leur emploi seront pris en charge par l’assurance chômage selon les mêmes termes que les salariés du privé, l'État abondant les fonds nécessaires, et finançant en outre les formations de reconversion pour ceux qui devront changer de métier.[…] »

Bien sûr, le programme du PLD est de loin le plus libéral de tous ceux que nous critiquons – heureusement. Pourtant, il s’y glisse assez d’incohérences pour que nous soyons en opposition. Ainsi l’expression « les domaines où l’État n’a pas à intervenir » suppose qu’il y aurait des domaines où l’état serait légitime, ce que nous contestons ; il se garde de plus bien de dire lesquels. Plus concrètement, il n’est pas juste que les fonctionnaires, qui ont longuement profité d’un statut privilégié, soit maintenus dans le privilège de voir leur chômage financé par l’état, avec de plus formation payée. Rappelons que ces citoyens ont fait le choix du statut, ils doivent donc l’assumer. Concernant la dette, nous considérons que ce n’est pas aux contribuables de la rembourser, mais bien sûr à ceux qui l’ont contractée et ont signé en bas de page : les élus.


« Recentrer le gouvernement sur ses deux fonctions régaliennes : sécurité et justice.
Les libertés fondamentales des Français se délitent depuis quarante ans, au premier rang desquelles la protection contre toute forme d'atteinte à l'intégrité physique des personnes et d'atteinte aux biens. Les agressions violentes déclarées contre les personnes ont été m
ultipliées par quatre durant cette période. Les enquêtes académiques montrent qu’un nombre croissant de citoyens ont été victimes d’actes de délinquance qu’ils n’osent même plus signaler aux forces de l’ordre.
Le PLD est préoccupé par les dysfonctionnements qui affaiblissent l'institution judiciaire. Sur les plus de 600.000 textes opposables aux justiciables, plus des deux tiers devraient être purement et simplement abrogés, permettant de retrouver une justice lisible et compréhensible par tous. Des peines de prison ne sont pas effectuées faute de place. Les juges sont trop peu nombreux, et les victimes privées de considération par les tribunaux et de réparation par leurs agresseurs. Or il revient à l'État de fournir ces prestations de sécurité et de justice aux citoyens pour défendre leurs droits individuels.
L'État sera rénové autour de ses ministères centraux, aujourd'hui ses parents pauvres : la Justice, la Défense et la Police. Il rendra une justice plus rapide selon des principes clairs, fondés sur la pleine et entière responsabilité individuelle. […] »

Le PLD – et c’est tant mieux – continue de s’avérer le moins non-libéral de nos analysés. Mais comme lors du premier exercice, il laisse voir de nombreuses incohérences avec la pensée libérale, à commencer par sa manie de mettre la Liberté au pluriel. Choisissant un vrai sujet, il achoppe tout de suite en entérinant « l'institution judiciaire », alors qu’elle fait partie du problème. Rappelons que la justice libre est une justice privée, sans procureur et centrée sur la réparation des victimes et non sur la punition des coupables par l’état moralisateur. De même, la prison n’est pas plus remise en cause, alors qu’elle fait elle aussi partie du problème – il n’y a pas de prison en Libertalie. On évoque bien de manière furtive les « victimes privées ... de réparation », mais cela n’est pas posé comme principe majeur à revendiquer. Surtout et pour finir, oser dire qu’il « revient à l'État de fournir ces prestations de sécurité et de justice », c’est montrer que le PLD ne sait pas faire la différence entre les fonctions régaliennes, indispensables, et leurs opérateurs qui doivent être tout sauf un monopole de la violence légitime (Max Weber) pour que la Liberté soit possible.


«Séparer l’économie et l'État : fins des subventions, des monopoles ; nouvelle loi sur les faillites bancaires.
Notre crise actuelle provient de la connivence entre l'État qui a besoin de partenaires financiers pour financer sa dette colossale, et les banques qui ont multiplié les mauvais investissements, avec la promesse d’une aide publique quand les chos
es tourneraient mal. De façon générale, lorsque les hommes de l'État subventionnent une entreprise, ils ôtent aux citoyens de l’argent que ceux-ci auraient dépensé ou investi dans des biens produits par d’autres secteurs. Cela réduit le pouvoir d’achat et le revenu global, au profit d’entreprises incapables de créer plus de valeur qu’elles n’en consomment. Ces actions publiques sont incompatibles avec ce que l’on appelle un développement durable.
Les réglementations nuisibles seront abolies. L’État n’utilisera plus l’argent des contribuables pour empêcher la faillite d’entreprises, même en cas de faillite bancaire. Les dépôts seront protégés par les fonds des actionnaires puis ceux des créanciers obligataires
La monnaie doit rester loin des mains des hommes de l'État pour garantir sa solidité et limiter l'impôt caché qu'est l'inflation. »

Le PLD comme à son habitude nous envoie de vrais signes de Liberté. L’exposé pédagogique du début de cette proposition est ainsi à saluer. Mais hélas comme d’habitude, quand on gratte un peu, l’étatisme se révèle encore bien présent. Et voici qu’on nous promet que « les réglementations nuisibles seront abolies ». Magnifique n’est-ce-pas ? Sauf que voilà, des réglementations non nuisibles, cela n’existe pas – on parle de réglementations imposées ici bien sûr. Et évidemment, on continue de confirmer que l’état sera encore bien présent dans cette société libre qu’on nous propose. C’est dommage, à part ces deux faux pas, c’était presque parfait. Mais texte après texte, le PLD nous montre décidément ses limites…


« 4. Supprimer les niches fiscales et instaurer une fiscalité qui ne pénalise pas le succès : flat tax pour les dépenses locales, TVA pour les dépenses nationales. Payer le salaire complet : libre choix des assurances sociales, dont la retraite.
L'impôt est la contrepartie d'un service rendu par l'État. Or, plus de 200 impôts et 400 niches fiscales perme
ttent aux contribuables les plus aisés de réduire leur imposition et augmentent la charge que l'État doit faire subir aux autres contribuables. Pire encore, l'impôt aujourd'hui punit ceux qui réussissent, ceux qui forment le capital productif qui augmente le revenu de tous. Le système de financement croisé des collectivités locales est en outre devenu illisible, ce qui limite le contrôle des électeurs. […] »
Il y a dans cet exposé fiscal du PLD de nombreux points critiquables, et nous avons scindé l’analyse du texte en deux. L’idée d’une fiscalité qui ne pénalise pas le succès est une idée vouée à l’échec, ou une fausse promesse. Quels qu’ils soient, l’existence même d’impôts biaise le marché et donc le succès vers les niches où les impôts n’existent pas. Certes, uniformiser la structure fiscale réduit ses inégalités, mais cela ne les gomme jamais entièrement. Pire, oser dire que l’impôt est « la contrepartie d'un service rendu » n’est autre qu’un mensonge. Le service rendu supposerait que celui qui n’aurait recours à aucun des services de l’état pourrait prétendre à ne payer aucune impôt, chose impossible. Sans rappeler évidemment que l’état n’est pas prestataire de service, mais monopole de la violence légitime.


« […] Nous instaurerons un système simple reposant sur deux piliers : un impôt indirect pour l'État (TVA), et pour les collectivités locales un impôt proportionnel à taux unique (« flat-tax ») sur les revenus des ménages et des entreprises. Ces deux impôts seront à taux bas (16%), et sans niche fiscale. La flat tax augmente partout le civisme fiscal et réduit la fraude ; elle encourage les personnes les plus qualifiées à travailler plus, à prendre plus de risques, accélérant le redressement économique de nombreux pays auparavant en difficulté. Nous rétablirons le salaire complet : l'employeur versera au salarié la totalité de son salaire, c’est-à-dire sans déduction de charges sociales. Celui-ci pourra ensuite les verser à l'assureur de son choix pour la maladie, le chômage et la retraite.
Le type de collectivités locales sera réduit à deux (la commune et un échelon supra-communal), et la liberté de gestion sera accrue : ainsi certaines pourront se montrer interventionnistes mais avec un taux d’impôt plus élevé, d’autres pourront intervenir moins et baisser leur taux d’imposition. Ainsi, chaque collectivité pourra rechercher les solutions publiques ou privées les plus adaptées aux problèmes locaux, qui ne sont pas les mêmes à Paris ou dans un département rural. C’est la confrontation de ces expériences heureuses ou malheureuses qui permettra à toutes les collectivités locales de progresser. »

Suite d’hier sur la fiscalité. La flat-tax et la TVA ont du succès auprès de beaucoup de pseudo-libéraux car elle seraient plus justes parce qu’égalitaires. Si le pragmatisme d’une transition vers une véritable société libre peut justifier une fiscalité de circonstance plus égalitaire, il demeure simplement intolérable de voir un parti qui se veut libéral avancer le « civisme fiscal », oxymore abominable, comme argument pour la flat-tax !
La réduction des collectivités est de même une très bonne idée. Mais ici encore, laisser penser qu’il est positif de laisser certaines communes garder un net degré d’interventionnisme constitue un mensonge éhonté ! Il n’y a pas à « rechercher les solutions les plus adaptées », elles sont déjà connues et passent toutes par la plus vaste des privatisation. Décidément…


« 5. Libérer les talents : chèque-éducation, autonomie pédagogique.
De la qualité de l’éducation donnée à nos enfants dépend leur capacité à maintenir un niveau de vie de qualité demain. La créativité, la culture individuelle et la capacité de résoudre des problèmes de plus en plus complexes ont toujours été la clé de la prospérité. Or l'instruction publiq
ue ou sous contrat part à vau-l’eau à force d'appliquer des recettes qui échouent.
Nous rendrons la liberté aux professeurs et aux parents en distribuant le budget de l’éducation sous forme de chèque éducation. Tous les pays qui comme la Suède ont adopté ce type de réformes, ont vu leurs scores aux tests internationaux augmenter. Les écoles et les universités, à but lucratif ou associatives, auront toute liberté de choisir leurs méthodes de transmission des savoirs, offrant aux parents un véritable choix, et permettant aux meilleures expériences de se diffuser largement. »

Le chèque éducation, invention de Milton Friedman, est un des symboles de la limite de vision entre les pseudos-libéraux « démocrates » et de véritables libéraux. Une fois de plus, le PLD donne une excellente analyse, ici des déficiences du Mammouth EdNat. Mais le chèque-éducation ne peut pas être libéral, par essence même. Car il suppose au moins deux mécanismes forcément étatiques et injustes : la collecte d’un impôt pour redistribution sous forme de ce chèque et une instance pour en fixer le montant, voire les modalités.
Or un système *d’instruction* libre doit être libre de toute forme de bureaucratie, ni plus, ni moins. On opposera que tous n’auront pas les moyens de l’accès à un tel système. Et la réponse sera toujours la même : le marché. Pour ceux qui en doute, il y a un très bel exemple dans Libres ! où Bruno Levy nous résume The Beautiful Tree par James Tooley…

Thursday, January 9, 2014

Série Analyse des Programmes : Le MoDem: 1 à 6

Pour le MoDem, nous nous référons aux propositions publiées ici.

« Redressement des finances publiques
Atteindre l’équilibre budgétaire en 2016 en répartissant à part égale l’effort de redressement des finances publiques entre recettes et dépenses, à hauteur de 50 milliards d’€ de baisse des dépenses et 50 milliards d’€ de hausse des recettes; à cet effet, inscrire la « règle d’or » de discipline budgétaire dans la co
nstitution.
a) Agir sur les dépenses (*)
Maintenir pendant deux ans le niveau de la dépense publique.
Réexaminer en profondeur toutes les missions, l’organisation et le train de vie de l’Etat (économies de fonctionnement, subventions…)
Conclure un pacte de modération financière avec les collectivités locales, clarifier les compétences et mutualiser certains services.
Consolider et rationaliser les dépenses de sécurité sociale (réorganisation des services et des prestations). » (*)

Il faut reconnaître au MoDem la volonté affichée de redresser les finances publiques. De même avancer l’idée de la règle d’or est positif, même si nous ne croyons pas à la valeur d’une constitution. Mais par contre, d’emblée accepter de ne pas porter l’effort sur les seules dépenses est inacceptable. 
Pourquoi maintenir le niveau de dépenses et pourquoi pendant deux ans ? Cela doit être continu et pour toujours. Le pacte avec les collectivités est une plaisanterie, elles n’ont en réalité pas l’autonomie qu’un tel pacte suppose et là encore le discours n’est pas assez clair et n’affirme pas assez la ligne non-dépensière.
(*) Il y a une partie b) qui sera commentée lors d’un prochain post


« Redressement des finances publiques
b) Agir sur les recettes
Au titre des niches fiscales et sociales, donner un coup de rabot général de 15 % sur 3 ans et supprimer les niches non fondées, comme l’exonération de l’impôt sur le revenu des heures supplémentaires, la « niche Copé », ou la déduction d’intérêt au titre des emprunts pour prises de participa
tion.
Affecter une hausse modérée de TVA à la réduction du déficit budgétaire, à hauteur de 1 point et, deux ans plus tard si la croissance n’est pas au rendez-vous, d'1 point supplémentaire.
Au titre de l’équité, rendre l’impôt sur le revenu plus progressif, par le passage de la tranche de 41 % à 45 % et la création d’une tranche à 50 % pour les revenus supérieurs à 250 000 € par part.
Transformer l’ISF en Contribution de Solidarité sur le Patrimoine (CSP) plus simple et transparente. Pour tout patrimoine au-dessus de 1 million d’€, compte tenu des abattements actuels inchangés, un revenu théorique de 1 % est intégré dans la base de l’Impôt sur le Revenu. Ainsi la progressivité est assurée et la solidarité aussi.
Mettre en place une taxe sur les transactions financières internationales avec les partenaires européens.
Créer une Haute autorité de lutte contre la fraude fiscale et sociale, composée de magistrats, pour lutter contre toutes les formes de fraude. »

Seconde partie donc. Notons juste quatre aberrations bien étatistes. Il pourrait ainsi y avoir des « niches fondées », alors qu’elles marquent au contraire toutes des domaines de privilèges. En cas de « non croissance », on pourrait se permettre de monter la TVA, alors qu’un impôt accru baisse le pouvoir d’achat et donc la croissance. On mélange « équité » – terme vide de sens – et impôt, comme s’il y avait une quelconque justice à ce que tous les citoyens ne payent pas la même chose, comme s’il fallait punir ceux qui gagnent plus alors qu’ils n’ont pas volé leurs revenu. Enfin, il faudrait rendre l’ISF plus « transparente », comme si cela était une qualité comme s’il fallait que les riches rendent des comptes au peuple. Minable et ridicule.


« Un environnement favorable à la production
Créer un Commissariat national aux stratégies. Cette structure légère aura pour objectif de mobiliser et coordonner tous les acteurs du redressement économique du pays et définir filière par filière une politique de production à long terme.
- Simplifier les contraintes administratives et fiscales parce qu’une
entreprise, comme une famille, a besoin de visibilité, et pas d’un paysage juridique en perpétuel mouvement.
-À l’image du « Small business Act » américain, établir des règles propres aux petites entreprises pour favoriser leur accès au crédit, aux marchés publics, à la sous-traitance, et créer un guichet unique, avec un correspondant administratif unique de l’entreprise pour l’accompagner, l’informer de ses droits, et prévenir les pénalités.
-Diviser par deux les déclarations administratives.
-Expérimenter la hausse de 50% des seuils sociaux des entreprises, de 10 à 15 salariés et de 50 à 75 salariés, et observer son effet sur la création d'emploi. […]
-Au total, l'Etat doit garantir au moins l'égalité de traitement entre PME et grandes entreprises du CAC 40.
-Limiter dans le temps le statut d’auto-entrepreneur et aider son bénéficiaire à rejoindre le statut de droit commun. […] »

Comme nous l’avions déjà vu, le MoDem n’est qu’un autre parti socialiste et cette série de mesures le confirme. Le titre est engageant, nous pourrions l’adopter ; mais ce serait pour libéraliser l’économie et rendre le rennes aux entreprises.
Le MoDem préfère commencer par créer un autre Machin, un Commissariat truc-muche de plus, bien inutile et bien grassement payé. D’emblée, il s’annonce planiste, digne du PCF : mobiliser, coordonner, politique de production par filière. La liste des mesures est à l’avenant, pour la plupart : établir des règles, guichet unique, correspondant administratif…
Un sourire nous vient quand on lit que – à juste titre – les entreprises n’ont pas besoin d’un« paysage juridique en perpétuel mouvement », mais que c’est pourtant ce qu’il propose.
Le MoDem ne semble pas comprendre que l’état ne peut pas « garantir au moins l'égalité de traitement entre PME et grandes entreprises » car le traitement en question relève de la performance économique, pas de procédures ni du droit.
Ou alors c’est du copinage et le copinage outrepasse toutes les lois du monde.
Une chose positive cependant : ils ont compris que le statut d’auto-entrepreneur est une erreur. Peut-être pour de mauvaises raisons, le MoDem considère comme nous qu’il doit n’y avoir qu’un seul statut, l’entreprise. Car sinon il n’y a pas égalité devant le droit, et si celui-ci est trop complexe, il faut le simplifier et non multiplier les statuts.


« Un Label« Produit en France»
Créer un label indépendant pour que les consommateurs puissent connaître la provenance, ou la part française des produits qu’ils achètent.
- Associer les consommateurs à la démarche du « produire en France ».
- Développer l’image de marque du « produit en France ».
- Privilégier la qualité en allongeant à 5 ans la durée de 
garantie légale des produits. »
Le MoDem commet plusieurs erreurs profondes dans ce texte court et cette idée de label. La première, c’est de penser que l’avenir de notre pays passe par la production qui y serait faite. A l’heure où de plus en plus de la valeur ajoutée vient des services et de la virtualité d’Internet, cette hypothèse est largement dépassée. Notre avenir repose sur la création de richesse, mais celle-ci n’a pas besoin d’être industrielle ni même matérielle. Le tourisme par exemple, où nous tenons une place unique, ne relève pas de la production « made in France ».
Mais même dans cette hypothèse, un label n’est pas quelque chose que l’état peut mettre en place. Un label doit être une marque qui reflète non pas ce que la France voudrait dire à ses clients, mais ce que les client veulent entendre. Or en quoi les clients mondiaux auraient-ils la moindre raison de privilégier le made in France ? De plus, il y a de nombreux secteurs où ils le font déjà sans avoir attendu ce label : le luxe, la gastronomie, les vins et spiritueux viennent à l’esprit. 
Enfin, pourquoi une garantie légale et pourquoi la porter à 5 ans quand la durée de vie de certains produits technologiques n’est que de quelques mois et se réduit constamment ?


« Une nouvelle économie sociale et solidaire
- Soutenir l’économie sociale et solidaire en leur facilitant l’accès à la commande publique et en promouvant l’innovation sociale.
- Promouvoir toutes les forces de distribution en circuit court du producteur au consommateur, favoriser les coopératives de production et de distribution, créer un nouveau type d
’entreprise, « l’OSEE » (entreprises à Objet Social Environnemental et Economique). Ces entreprises OSEE verront leur taux d’impôt sur les sociétés minoré.
- Moduler la fiscalité des entreprises en fonction des résultats et des efforts fournis en matière de responsabilité sociale, sur la base de normes européennes communes. »

L’économie sociale et solidaire ! Tout de suite, les grands mots socialistes sont lâchés ! Rappelons que cela vient du MoDem, supposé être d’un vague centre droit. On comprend mieux l’incohérence en rappelant simplement que toute économie est « sociale et solidaire ». L’économie est faite d’échanges libres et spontanés et c’est elle qui constitue le cœur des relations sociales. Une économie qui ne serait « ESS » serait quoi ? Un naufragé seul sur une île ?
Soyons clairs, les libertariens ne sont pas opposés à ce que l’économie locale ou « écologique » se développe. Mais cela ne doit pas être spécialement avantagé. Décider que cette forme d’économie est de réel intérêt est précisément le rôle du marché et non celui de l’état, qui ne sait rien de nos besoins. Si l’ESS ne se développe pas, c’est peut-être justement qu’on n’en veut pas ?
Pour revenir aux propositions moudemesques, elles sont de la même veine : soutenir, privilèges d’accès aux marché publics, fiscalité minorée, etc. Nous sommes loin de toute tentative de libéralisation des marchés.
En synthèse, ce domaine rien tend à confirmer l’incompétence économique du MoDem, digne des partis socialistes.


« Numérique
- Créer une zone économique autonome dans le monde Internet, dans laquelle on expérimentera un certain nombre de règles mises en place par les créateurs d’entreprises eux-mêmes.
- Elaborer une stratégie nationale de développement fondée sur l’expertise du Conseil national du numérique et de l’ensemble des acteurs concernés.
- Etendre aux busi
ness angels les avantages fiscaux dont bénéficient les fonds de capital risque et reconfigurer OSEO et le FSI.
- Adopter une démarche positive du respect du droit d’auteur par le développement de l’offre de téléchargement à bas prix.
- Faire de l’ouverture des données publiques non nominatives un droit garanti pour tous les citoyens et encourager les entreprises à ouvrir l’accès à leurs données. »

Que dire tant ça part fort ? Créer une zone économique dans Internet ?! C’est dire à quel point le MoDem ne sait se défaire des démons constructivistes et n’a rien compris à la Liberté du Net ! Et un conseil national déclaré expert, comme ça, sorti du néant – mais où on pourra placer quelques copains. On n’oublie pas de revoir la fiscalité, il ne faudrait pas perdre les bonnes habitudes et on garde bien le droit d’auteur au chaud surtout – il ne faudrait quand même pas espérer que de tels croûtons aient compris que le droit d’auteur n’a aucun sens et est nuisible….

Wednesday, January 8, 2014

Série Analyse des Programmes : Le FdG : 1 à 6

Pour le Front de Gauche, nous prenons des extraits du programme publié ici.

"Augmenter Les Salaires
Nous voulons rétablir le droit au travail, à l’emploi et au repos dans une nouvelle répartition des richesses. Pour cela, nous établirons les 35 heures effectives, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, le Smic à 1 700 euros et un salaire maximum dans les entreprises publiques et privées. Après leur remise en cause par la droi
te, les 35 heures seront pleinement établies par la loi, sans annualisation, ni perte de salaire et avec les embauches correspondantes (notamment dans la fonction publique), sous le contrôle des élus du personnel."
Dès la première phrase, le FdG est hors de la réalité des lois économiques et sociales, puisqu’il pose comme droits des concepts sociaux qui ne sont que le fruit du fonctionnement économique et non de la loi. Les mesures qui suivent sont toutes de nature communiste et toutes de nature à ruiner le peuple, à commencer par les pauvres qu’il prétend protéger. Il souhaite une nouvelle répartition des richesses, mais sa vision égalitariste pousse tout le monde vers l’égalité dans la pauvreté. Par exemple, pousser le Smic à 1700 euro veut dire que très vite, l’inflation remettra le pouvoir d’achat réel à ce niveau. Personne n’aura rien gagné et la France sera devenue d’autant moins compétitive. La solution est au contraire à la baisse du Smic pour ouvrir l’emploi aux jeunes et aux peu-qualifiés.


« Abolir la Précarité
La deuxième caractéristique du capitalisme de notre époque est la généralisation de la précarité. Nous combattrons ce fléau qui ronge à petit feu les forces vives du pays. […] Pour sortir les jeunes de la précarité, de la dépendance familiale et du recours au salariat pendant leurs études, nous créerons un statut social pour tous les jeunes permettant leur autonomie. Nous mettrons en place un système d’allocations financées, pour les jeunes en formation, par la solidarité nationale, et pour ceux en recherche d’un premier emploi, par la Sécurité sociale professionnelle. Ces contrats sécurisés de formation et d’emploi ouvriront droit à la prise en charge des cotisations sociales afin entre autres d’inclure les années de formation dans la durée de cotisation pour la retraite…. » 


On retrouve la croyance communiste voyant le capitalisme comme la cause de nos maux, alors qu’il est le principal mécanisme de progrès social. Surtout, il s’agit de le combattre, comme si on pouvait combattre le fonctionnement social. Plus idiot, la croyance qu’il suffit de donner un « statut social » pour que les problèmes sociaux disparaissent, alors qu’ils ne sont que les effets de problèmes économiques. Noter d’ailleurs qu’il n’est fait nulle mention de l’économie dans ce paragraphe, ce qui montre l’incompréhension profonde du phénomène. On finira sur les « contrats sécurisés », oxymores évidents puisque justement, un contrat est établi parce que chaque partie veut rester libre. Sinon, cela s’appelle de l’esclavage, non ?


« Plan d’urgence pour le logement et contre la spéculation immobilière
À cause de la crise et de la bulle immobilière, les conditions de logement de nos concitoyens se dégradent. Nous ferons à nouveau du logement un droit et une priorité nationale. Pour cela, nous abrogerons la loi Boutin (Molle) et toutes les aides fiscales au logement spéculatif privé. L
e logement locatif social sera reconnu comme le logement universel accessible à tous. Nous engagerons un plan d’urgence national pluriannuel de construction de 200 000 logements publics sociaux par an pendant cinq ans comprenant un volet spécifique de logements étudiants et pour les jeunes.
Nous porterons donc le budget logement à 2 % du PIB en crédits de paiement, et reviendrons à une aide à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations, avec des prêts publics bonifiés et de longue durée de remboursement. » 

Cette fois, le FdG vient donner des leçons sur le logement, en posant d’emblée que les conditions « se dégradent », mais sans trop creuser le pourquoi. Bien sûr, c’est forcément la crise et la bulle, mais surtout on ne dira pas que c’est en réalité la déresponsabilisation des locataires rendus intouchables et inamovibles qui fait fuir la location. Irréalisme, quand tu nous tient. Et l’irréalisme continue avec le droit au logement, droit que le FdG « fera ». Mais enfin, si ce n’est pas un droit, il y a peut-être une raison ? Un droit ne se fait pas, il est droit ou il est autre chose. On ne change pas le monde en claquant des doigts. Le logement est une ressource et comme toute ressource subit les lois de l’économie. Mélenchon ne pourra jamais rien contre cela. Mais continuons. Voilà le logement locatif social seul « logement universel », nous sommes bien en URSS ou en Chine où tout le monde doit avoir comme le voisin. Et de préférence tous les mêmes cages à lapins – ou à moutons. Ah mais comme en URSS aussi, il y a des privilégiés : les étudiants, tous bien lobotomisés, ont « droit » à une exception. Mais le meilleur reste pour la fin, où entre les 2% de PIB en crédits et des aides à 40%, nos amis nous préparent une autre bulle de crédit immobilier… qu’ils dénonçaient pourtant tout au début. Ah les communistes….


« La santé, notre bien commun !
Le niveau des indicateurs de santé révèle avant tout les inégalités socio-économiques. En ce sens, les mesures qui précèdent concourent toutes à renforcer le droit à la santé, que nous définissons comme « un état de bien-être physique, mental et social » et considérons comme une préoccupation transversale de toutes les polit
iques publiques.
Nous mettrons fin en priorité aux fermetures et démantèlements d’hôpitaux, de maternités, de centres de soins et
d’IVG. Nous garantirons l’accès effectif et gratuit à la contraception et à l’IVG.
Nous abrogerons la loi Bachelot et la loi de 2003 instituant la tarification à l’activité. Nous investirons massivement pour redonner à l’hôpital public les moyens nécessaires à une politique de santé de qualité. »

Voilà en quelque sorte que le FdG nous invente ni plus ni moins le droit au bonheur – car sa définition de la santé relève plus de ce niveau que celle du Larousse : « état de bon fonctionnement de l'organisme ». Passons sur la glose habituelle pour relever les erreurs essentielles : « nous investirons ». Non, l’état n’investit jamais, il dépense. Investir suppose un retour, donc la vente de services ou produits pour en tirer un profit. De plus, il ne suffit pas de dépense pour investir, car on ne peut savoir à l’avance si un investissement sera rentable. Bref, seul l’entrepreneur investit, jamais l’état. Les « moyens nécessaires » sont une autre illusion classique : Qui décide que c’est nécessaire ? Qui le sait ? Vous croyez que les bureaucrates savent ce dont *nous* avons besoin ? Non bien sûr. Il n’y a que vous qui savez ce qui vous est nécessaire et pouvez *choisir* entre mettre de l’argent – le vôtre – dans une maternité ou dans un voyage…


« Un Pacte pour un nouvel essor des services publics
Les services publics doivent satisfaire les besoins des populations et l’intérêt général. Ils doivent donc être préservés de toute soumission à des intérêts privés comme aux marchés financiers.
L’éducation, la santé, la protection sociale, la recherche, l’énergie, l’eau, les transports, les télécommunica
tions, le crédit, le logement, la Poste, la sécurité et la justice seront protégés comme notre patrimoine commun car ils assurent les conditions de l’égalité et de la citoyenneté.
Nous ferons nôtres les objectifs du Pacte pour les services publics, adopté aux États généraux de janvier 2011, fondé sur le principe d’appropriation sociale, d’égalité et de solidarité, de reconquête du bien commun par le peuple dans le plein exercice de sa souveraineté et sur l’ambition d’un développement humain durable. […] » 

Les deux premières phrases à elles seules suffisent à planter le décor et dire toute l’utopie communiste. Le FdG commence par vouloir nous imposer sa vision des choses : les services publics (SP) « doivent » nous servir. On notera que le rôle ainsi supposé de ces SP n’est même pas régalien, mais carrément universel. On se fiche de la sécurité et de la justice, ce sont nos « besoins » et « l’intérêt général » qu’ils « doivent » avoir en charge. Or personne ne sait ce que sont nos besoins, surtout pas les bureaucrates. Si je convoite compulsivement ma pulpeuse voisine, est-ce un besoin et est-ce donc le rôle des SP que de la mettre dans mon lit ? Quant à l’intérêt général, un peu de réflexion montre vite que son périmètre est réduit en réalité au seul respect du droit par tous. Enfin, l’esprit communiste ne manque pas de vouloir « préserver » ces SP des « intérêts privés » et des « marchés » sans voir que la réalité est inverse. Des SP aux mains des bureaucrates, voilà la meilleure source de toute corruption, et donc de dévoiement des SP. Alors que des SP soumis au marché et à sa concurrence seraient cette fois réellement poussés par la demande et donc par les besoins. Pauvre France.


« 2. Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers
En quelques années, la finance a conquis des pouvoirs exorbitants. Le dollar, monnaie internationale de référence, n’a plus aucun lien avec une quelconque réalité matérielle. Les détenteurs de capitaux peuvent agir à leur guise sur des marchés boursiers méthodiquement dérégulés. Ils ont obtenu
 une fiscalité au bénéfice des revenus du capital, le droit d’échapper en grande partie à l’impôt, la libre circulation du capital financier dans le monde et ils se permettent aujourd’hui de « noter » les États, les plaçant sous la menace des attaques des spéculateurs.
Nous mettrons fin à ces privilèges inouïs et contraires à la démocratie qui nous placent sous la menace de crises financières incessantes et de politiques d’austérité désastreuses. Nous mettrons en place une nouvelle réglementation bloquant la spéculation et la financiarisation de toute l’économie et placerons sous contrôle social les banques privées qui la violeraient. Nous agirons pour changer les missions de la Banque centrale européenne et créerons en France un pôle public bancaire et financier qui agira pour l’emploi et les salaires, contre les délocalisations et la spéculation. »

Par ce titre, le FdG commet d’emblée deux erreurs classiques. Le pouvoir n’est pas aux banques. Du moins pas à elles seules. Sans leur statut issu du pouvoir politique, elles ne seraient rien que des entreprises parmi d’autres sur le marché.
Un prof’ d’histoire disait : « Au contraire de ce que croyait cet imbécile de Marx, ce n’est pas l’argent qui appelle le pouvoir, mais le pouvoir qui appelle l’argent. » Autrement dit, reprendre le pouvoir aux banques est une impasse. Le pouvoir est ailleurs.
La seconde erreur, c’est de croire que ce pouvoir permettrait de gouverner l’économie.
Ce qui est plus surprenant voire encourageant, c’est de voir le FdG critiquer le caractère non-matériel du dollar. Par contre, pas de surprise, il n’a toujours pas compris que la spéculation est un mécanisme économique naturel et indispensable pour le marché. Et que chacun de nous est un spéculateur : chaque mois, le salarié spécule sur son salaire à venir, sur une opportunité éventuelle de prime ou d’augmentation, le boulanger qui espère voir plus de clients, etc.
Enfin, nous n’échappons pas au grand fantasme du grand pole financier nationalisé qui pourrait alors agir sur tous les fléaux de l’économie. Le rêve de la mainmise sur l’économie pour enfin égaliser tout le monde reste bien vivace, hélas.

Sunday, January 5, 2014

Série Analyse des Programmes : L'UDI : 1 à 6

Pour l'UDI, sans programme officiel, nous exploitons Les "Propositions du Contre-Gouvernement".

"Afrique et francophonie
A quelques jours du prochain du sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, Jean-Marie Bockel a présenté les 10 priorités et 70 mesures du rapport pour relancer les relations de la France avec les pays africains dans un partenariat d’égal à égal, fondé sur des intérêts communs.
Parmi celles-ci, la mise en place d’une 
université francophone pilote à Dakar, la meilleure association de l’Agence Française de Développement à la défense des intérêts français, ou encore, l’adaptation de nos points d’appui en Afrique afin de disposer de capacités réactives et flexibles en fonction de l’évolution des besoins, notamment au Sahel.
« Une partie de l’avenir de notre pays est clairement en Afrique et il convient dès à présent de relancer les relations de la France avec les pays africains à travers un partenariat rénové. Car une chose est sûre : l’Afrique ne nous attendra pas », a conclu l’ancien ministre."

On constate tout d'abord que le premier des thèmes de l'UDI est l'Afrique et non la France. Alors que le mot de marché n’apparaît nulle part, il est clair qu'on est en plein étatisme d'affaires. Ensuite, une université à Dakar, ce doit être pour contenir l'immigration étudiante ? Voilà vraiment un enjeu majeur à l'heure de l'urgence de l'assainissement des conditions de l’état de droit sur ce continent. Puis aussitôt, le renforcement de notre emprise militaire, comme si le militaire aller se monnayer durablement. On a l'impression d'une vieille maman qui fait tout pour que son cher enfant ne grandisse pas... Il est clair qu'avec une approche aussi nouvelle est commerciale, l'Afrique ne nous attend déjà plus, pour son plus grand bien sans doute.


« Dépense publique – Les retraites
[…] L’UDI propose des mesures courageuses pour équilibrer les régimes à moyen terme et entend bâtir un nouveau système à l’horizon 2020. L’adhésion des Français et des Françaises à l’effort nécessaire pour sauver notre système de répartition ne peut être emportée que par un nouveau pacte de confiance partagé entre les géné
rations. Ce pacte de confiance doit reposer sur la certitude pour ceux qui consentent aujourd’hui les sacrifices indispensables à la préservation de ce modèle qu’ils ne seront pas demain les oubliés de la solidarité nationale. »
Tout d’abord, sous le titre général de la dépense, l’UDI ne traite en réalité que des retraites, soit. Mais les « mesures courageuses » sont tout de suite amoindries par la fausse ambition de « sauver le système de répartition », alors que c’est justement ce système qu’il convient de – courageusement – remettre en cause. Il n’y a pas besoin de “pacte de confiance” car il faut au contraire rompre ce principe pour revenir au seul qui soit viable, celui où chacun prépare sa propre retraite, non seulement selon ses moyens mais surtout selon ses priorités. Après tout, pourquoi faudrait-il que tout le monde parte à la retraite ? La vraie « solidarité nationale » consiste au contraire à ne pas mettre sur les épaules des jeunes générations le poids de ses propres choix non assumés.


« Entreprises et croissance
Proposition de loi visant à lutter contre le dumping social et la concurrence déloyale dans le secteur du bâtiment
En parallèle de cette concurrence des entreprises « low cost » se développe une autre pratique : celle de sociétés d’intérim, aux contours juridiques extrêmement flous, qui inondent les entreprises françaises de bâti
ment de propositions de main d’œuvre étrangère à des tarifs horaires largement en dessous du minimum légal.
Face à ces phénomènes, il est urgent d’agir. Si aucune action vigoureuse n’est entreprise, c’est tout l’appareil de production français du secteur du bâtiment qui se trouve menacé, avec de très lourdes conséquences en matière d’emploi et les pertes correspondantes pour les différents régimes – Sécurité sociale, assurance-chômage, fiscalité… – mais aussi en matière de formation professionnelle, dont l’outil est immanquablement affecté par la réduction de l’activité des entreprises françaises. »

Hervé Morin, car il s’agit de lui, nous démontre ici, s’il en était besoin, combien il n’est pas libéral. Poser en prémisses les concepts mêmes de dumping social et de concurrence déloyale sont en effet digne du meilleur des discours socialistes. Le couplet sut l’intérim est tout aussi amusant, car il oublie bien sûr que si les agences « inondent », il faut que les entreprises y trouvent leur compte pour que cela dure. Ce paragraphe sur la main d’œuvre étrangère est à cet égard digne du meilleur de la famille Le Pen. Et bien sûr il est « urgent d’agir ». O le beau libéral que voilà. Il ne lui viendrait certes pas à l’esprit que ce soient les conditions du marché du travail et notamment l’existence même du code du travail qu’il faille remettre en cause.


« Consommation
L’actualité judiciaire interdisant à certaines grandes enseignes d’ouvrir leurs magasins le dimanche et après 21 heures, le maintien de leur ouverture en dépit de ces condamnations et du montant élevé des astreintes, la résistance des salariés eux-mêmes – sous le slogan « Yes Week End » s’agissant du travail dominical – mettent en évidence 
l’inadaptation de notre législation sur le repos des salariés. Or, si notre législation est inadaptée, c’est parce qu’elle est à la fois obsolète, inéquitable et illisible. Obsolète parce qu’elle apparait totalement en décalage avec le contexte de crise actuelle, où la création d’emplois et l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés sont au cœur des défis à relever pour notre pays. Elle est ainsi devenue emblématique des obstacles règlementaires à la croissance dont souffre la France. Obsolète également parce qu’elle ne correspond plus à la France d’aujourd’hui [...] Ces changements de paradigme correspondent à des changements sociétaux, consuméristes et économiques profonds : une évolution de la société dans ses modes de vie et de consommation, l’explosion d’internet qui,- comme on le sait ne connait ni repos dominical, ni repos de nuit-, et une demande des salariés pour le travail choisi, mieux rémunéré. A cet égard, les mouvements de salariés des enseignes concernées contre les syndicats à l’origine de la fermeture de leurs magasins, en sont l’éclatante démonstration. […] »
L’UDI a ici très bien choisi son sujet et semble saisir l’occasion de montrer son orientation libérale en avançant un pion pour la liberté du travail. Mais hélas, l’argumentaire est l’expression une fois de plus de cette perception profondément erronée que nos « élites » ont du droit et du législatif. Car si l’auteur a raison de faire le diagnostic d’une législation dépassée et sans plus de lien avec la réalité de la vie sociale, elle commet pourtant la même erreur dans sa critique et ses proposition. Elle considère en effet implicitement que la loi doit être le reflet d’une époque ou d’un mode de vie, voire d’un environnement socio-économique. Ce faisant, elle donne une limite temporelle à la loi qui pourtant n’a aucune raison d’en avoir. Ce qui est bien est bien, le mal est mal, et cela ne dépend pas du cadre technologique. L’argument qu’il fallait donc utiliser en faveur du travail le dimanche n’a donc rien à voir avec l’obsolescence juridique, mais doit simplement rappeler que la loi, qui doit être intemporelle, ne peut justement pas traiter de sujets socio-économiques en général et du temps de travail en particulier.


« Mer, pêche et océan
I. Les enjeux
a. Une gouvernance efficace ?
Les organisations administratives en mer sont complexes. […]
Le premier enjeu consiste donc à simplifier la gouvernance maritime.
b. Un outil administratif unique et évolutif ?
[…]
Le deuxième enjeu consiste donc à rassembler dans un unique document administratif l’aménagement co
ncerté des espaces maritimes.
1. Protéger et valoriser.
[…] Le troisième enjeu est donc de réconcilier protection et valorisation de la mer.
2. Les études d’impact et mesures compensatoires.
[…] Le quatrième enjeu est donc de mettre en place des politiques d’encadrement incitatives plutôt que punitives vis à vis des porteurs de projets.
3. Permettre et soutenir l’innovation, en particulier dans les EMR.
[…] Le cinquième enjeu est donc de mobiliser tous les acteurs publics pour accompagner les acteurs industriels plutôt que de les considérer comme une menace. »

Il n’est pas sûr que ce domaine soit une priorité pour notre pays et sa liberté, mais il illustre cependant à merveille comment nos « élites » raisonnent, même quand elles se pensent plutôt libérales. Ils ne sont pour autant pas stupides et ainsi, d’emblée la bonne question est posée, celle de la mauvaise gouvernance. Le diagnostic ne tarde pas et vise juste lui aussi : la structure administrative est complexe et donc implicitement inefficiente. Fort bien. Mais les enjeux qu’il en tire ne sont évidemment pas à la hauteur, voire sont contradictoires. Car si la gouvernance est inefficiente, c’est avant tout parce qu’elle est administrative justement. Le premier enjeu devrait donc être de privatiser les espaces maritimes. Car sans cela, son enjeu, fort juste à nouveau, de « protéger et valoriser » ne peut tout simplement pas être atteint. Le reste en découle et on ne s’attardera pas sur les derniers enjeux qui dénotent la vision socialiste de l’économie habituelle en France.


« Possibilité d’utilisation de la géolocalisation en enquête préliminaire
[La] chambre criminelle de la Cour de cassation a validé les mesures de géolocalisation des téléphones portables ordonnées par un juge d'instruction mais les a déclarées non conformes à l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fo
ndamentales (CEDH) dans les enquêtes diligentées sous la direction du procureur de la République (enquêtes flagrantes, enquêtes en recherche des causes de la mort ou de la disparition et en recherche d’une personne en fuite). […]
Ces décisions portent gravement atteinte à l'efficacité de la lutte contre les cambriolages qui constituent actuellement un sujet d'inquiétude grandissant pour nos concitoyens, en effet la saisine du juge d'instruction en raison de sa lourdeur n'est pas compatible avec l'urgence nécessaire en la matière. Il est ainsi nécessaire de légiférer rapidement pour redonner une efficacité à l'action policière. […] »

L’UDI, rappelons-le, est ce machin du centre supposé vaguement de droite où se fait héberger le PLD et plus largement où de nombreux libéraux portent leurs espoirs. Or que dire face à un tel texte ? On ne se contente pas de prendre une gifle par la CEDH en matière de Liberté, on se dépêche vite de tendre l’autre joue ! 
Il y a comme souvent une bonne question au départ, mais leur vision du monde leur interdit toute réponse valable. En Libertalie, ce problème ne se poserait pas. Une victime, via son assurance, commissionne un détective pour retrouver le malfaiteur supposé. Pour cela, le détective utilise les moyens dont il a besoin, voilà tout. Pas de problème d’indépendance de la justice : la concurrence joue. Pas de problème de violation d’intimité non plus : le détective n’a pas le pouvoir ni l’intérêt d’abuser des données dont il dispose. Voilà. Car sur ce sujet on l’oublie trop souvent : ce ne sont pas les sociétés privées qui sont un danger pour nos données personnelles, mais les organes de l’état.

Friday, January 3, 2014

Série Analyse des Programmes : L'UMP : 1 à 6

Précisons tout de suite que pour l'UMP, nous adoptons une méthode différente des autres parti par obligation. L'UMP a supprimé tout programme de ses sites web. Nous nous appuyons donc dans un premier temps sur "Nos 10 priorités".

"Education : assurer la réussite de nos enfants
La rupture a été forte dans le domaine de l’éducation et les mesures qui ont été mises en œuvre vont dans le sens de la valorisation du mérite et de l’effort des élèves. Les élèves en difficulté et leurs parents ont pu compter sur de nouveaux dispositifs pour les aider.
- Pour vaincre l’échec scolaire et l’illettrisme, [...].
- Un accompagnement personnalisé et gratuit des élèves [...].
- Un service minimum en cas de grève a été instauré [...]
- L’enseignement professionnel et l’apprentissage ont été revalorisés pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes [...].
- L’enseignement supérieur et la recherche bénéficient de 40 [...]
- Le rôle des enseignants et leurs salaires ont été revalorisés [...]"

On n'analysera donc pas ce programme en détails, mais dans ses principes, qui montrent clairement combien l'UMP n'est qu'un parti constructiviste et étatique comme tous les autres.
"Assurer la réussite" est d’emblée une annonce socialisante, où il est posé comme principe que la réussite n'est pas l'affaire de soi-même mais avant tout celle du système éducatif. Certes, le libéral considère que la réussite de tous n'est possible que si les conditions sociales le permettent, mais au seul sens de l’égalité devant le droit, pas de celui d'une action éducative étatique.
Ensuite, oser parler de "rupture" relève du mensonge éhonté, une vraie rupture aurait été de libéraliser l’éducation en globalité.
Enfin, la litanie de mesures illustre bien ce point, où chacune n'est pas une mesure de désengagement mais au contraire de mise en place de mesurette ou de volontarisme qui va systématiquement dans le sens de l’étatisme accru et jamais vers la Liberté.


"Sécurité / Justice : protéger chaque jour les Français [...]
La Justice doit être soutenue pour faire face aux mutations toujours nouvelles de la délinquance car elle est le chaînon complémentaire de la police dans la prévention et la répression des crimes et délits. La sécurité est la première des libertés des Français, elle n’est pas négociable pour notr
e majorité. […]
Avec la création de la Question Prioritaire de Constitutionnalité en 2010, les droits des citoyens sont mieux protégés : chaque citoyen peut désormais invoquer devant les tribunaux la conformité de nos lois à la Constitution."

La seule idée de « soutenir » la Justice montre d’emblée que cette indépendance dont elle est si jalouse n’est que du vent et bien sûr combien l’UMP n’a même pas la lucidité d’éviter le piège. Ensuite, une vraie Justice ne devrait avoir à faire face à aucune « mutation », ou plutôt, cela devrait aller de soi et faire partie de son fonctionnement naturel, comme pour une entreprise face à son marché. Enfin et surtout, oser dire que la Justice n’est que le complément de la police démontre une compréhension totalement inversée de l’état de droit – où la police ne peut être qu’un moyen de la Justice. Finissons sur la constitutionnalité qui n’est qu’une plaisanterie puisque – sans parler des obstacles – il faudrait alors poser la question de la légitimité de la Constitution elle-même. On voit ainsi l’immaturité de la vision de la Justice dont l’UMP – supposé de Droite – fait preuve.


« Accompagner la famille, première cellule de solidarité
La Famille est une valeur essentielle de l’UMP qui a toujours cherché à la défendre et à la promouvoir. Le gouvernement a mené une politique ambitieuse dans ce domaine et les résultats sont là : près de 830 000 bébés ont vu le jour dans notre pays en 2010 alors que la démographie est en berne partout 
ailleurs en Europe. C’est la conséquence de la politique familiale menée depuis de nombreuses années.
- Les droits de successions ont quasiment été supprimés sauf pour les 5 % des Français les plus fortunés.
- Pour 95 % des Français, transmettre le fruit d’une vie de travail sans aucun droit de succession est désormais possible. Il s’agit d’un allègement substantiel de l’ordre de 2 milliards d’euros chaque année !
- Depuis 2008, les allocations familiales sont revalorisées en fonction de l’inflation, soit une hausse de 1,5 milliards d’euros sur cette période.
- 1,3 milliard d’euros supplémentaires sont consacrés à la création de nouvelles places d’accueil diversifiées et adaptées aux besoins des territoires (assistantes maternelles, crèches d’entreprises, micro-crèches…). D’ici la fin du quinquennat, 200 000 places supplémentaires auront été créées. »

La famille est une valeur conservatrice, dont l’UMP se revendique. On sourira à lire que ce parti n’a su que « cherch[er] à la défendre » sans y arriver semble-t-il. Mais l’idée même de famille suppose que la famille est gérée… par la famille. 
Or on commence tout de suite très fort : c’est grâce au gouvernement que des milliers de bébés virent le jour. Quel homme ce Niquela. Plus sérieusement, pourquoi ne pas supprimer *tous* les droits de succession ? L’UMP souffrirait-elle aussi de la haine communiste du riche ? Et à droite on est fiers de dépenser l’argent public pour des crèches ou autres babioles clientélistes, alors que c’est aux initiatives locales de prendre cela en charge.
On le voit, les arguments avancés n’ont rien à voir avec une « politique » familiale. Car pour les libéraux, une telle démarche supposerait que le droit et les institutions soient revus – voire abolis – pour laisser à la famille toute l’autonomie de décision qui lui revient naturellement. Mais même les « conservateurs » sont désormais incapables de telles propositions…


« Une économie redynamisée : l'innovation au service de l'industrie, de l'agriculture et de l'emploi
[…] La baisse de la TVA dans la restauration a permis de sauver des milliers d’établissements en difficulté et a contribué à la création de 30 000 emplois depuis 2009.
Depuis l’été 2007, en plus des pôles de compétitivité existants, le crédit d’impôt recherc
he (CIR) visant à soutenir l’effort de R&D des entreprises a été triplé. Notre pays est en 3e position mondiale pour l’accueil d’investissements directs étrangers.
- Lancement d’un plan d’Investissements d’Avenir de 35 milliards d'euros, centrés sur l’intelligence (enseignement supérieur et recherche pour 16 milliards d’euros) et sur les industries de demain (l’aide aux PME, les technologies du développement durable et l’économie numérique pour 19 milliards d'euros) va créer les emplois de demain.
- L'adoption d’une grande loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche va soutenir ce secteur essentiel et permettre une juste répartition des marges dans les filières. »

L’UMP, sur ce texte pré-2012, nous montre pleinement son visage interventionniste, quasi-socialiste et mensonger. La TVA : très bien de l’avoir baissée pour la restauration, mais pourquoi, si de tels résultats sont là, s’être arrêté en si bon chemin ? Pourquoi ne pas la baisser pour tous les produits, si cela crée de l’emploi ? Quiconque a rempli un dossier de CIR sait qu’il s’agit d’une bouffonnerie : on fait travailler des incompétents à remplir des dossiers bidons pour de la recherche qui n’en est pas, le tout pour récupérer une part d’impôt illusoire. Pourquoi ne pas simplement baisser les impôts ? Les plans d’investissement, d’Avenir ou autres, n’ont aucun sens, car l’état ne peut jamais investir. Il ne peut que dépenser, dans la mesure où il ne récupère jamais ces sommes et ne nous verse jamais de dividendes. Quant à la pêche et à l’agriculture, qui est-il pour savoir ou décider que ces secteurs seraient « essentiels » alors qu’ils n’emploient désormais qu’une infime part de nos forces laborieuses ? Seul le marché libre peut déterminer ce qui a une importance économique.


« Une solidarité généreuse et financée
[…] Notre modèle de protection sociale a été modernisé depuis 2007 pour s’assurer que les générations futures en profiteront elles aussi et pour permettre de financer les priorités de justice sociale qui fondent notre cohésion sociale.
- Les promesses ont été tenues : hausse de 25% en 5 ans du minimum vieillesse […]
Notre système de retraite a été sauvé de la faillite : la fin des régimes spéciaux […] Dans un souci d’équité et de justice, les revenus les plus hauts sont taxés à 41 % (+1%) et les stock-options, les bonus et les retraites chapeaux sont taxés pour contribuer au financement des réformes. Grâce aux mesures sur les carrières longues et la pénibilité, près de 160 000 personnes ayant commencé à travailler tôt ou ayant effectué des travaux difficiles, pourront partir à la retraite à 60 ans. […]
- Le plan de prévention et de recherche de la Maladie d’Alzheimer […] »

Ce texte montre que ceux qui affublent l’UMP du sigle « UMPS » ont hélas raison : nous sommes en plein socialisme. L’UMP est en plein constructivisme social : « s’assurer que les générations futures », « priorités de justice sociale », « cohésion sociale », tous ces termes vides de sens et mensongers sont dignes des partis marxistes. Mais le mensonge est aussi prolongé par les « promesses tenues » ou les « sauvé de la faillite », montrant combien le clientélisme guide la ligne politique d’un parti qui se dit libéral ou conservateur. On est fier d’y parler de taxation des hauts revenus et de donner des privilèges à 160 000 personnes peu prévoyantes – car sinon, elles ne feraient pas question. C’est devenu cela, la droite.


« Réformer l'Etat pour réduire les impôts et la dette
La réforme des administrations et la modernisation de l’Etat ont été des priorités fortes de la majorité présidentielle depuis 4 ans [...]
Les nombreuses mesures (RGPP, réformes des cartes judiciaire et militaire, non remplacement d’un départ à la retraite sur deux chez les fonctionnaires) n’ont pas touj
ours été populaires mais elles soulignent le courage de notre majorité et sa responsabilité vis-à-vis des générations futures.
- [...] Une politique résolue de baisse des déficits, c’est la garantie de ne pas augmenter les impôts ou de ne pas laisser des dettes aux générations futures.
- [...] 150 000 postes de fonctionnaires n’auront pas été renouvelés sur le quinquennat. La moitié des économies réalisées a été reversée aux fonctionnaires conformément à l’engagement du Président de la République, ce qui leur a permis d’accroître leur pouvoir d’achat. Dans le même temps, une politique d’accompagnement et de formation a été mise en place pour permettre aux fonctionnaires de se réorienter, de changer de services ou d’administration.
- Pour maintenir l’activité et les services publics notamment en zone rurale, des commerçants peuvent désormais gérer certaines activités de services publics (ex : La Poste). [...] »

Voilà enfin un titre prometteur ! Rappelons que l’UMP ne publiant plus aucun programme, nous nous référons à celui pour 2012. Outre qu’il n’a pas été complètement mis en œuvre, ce programme, positif sur plusieurs points montre quelques limites. Il n’est pas besoin d’aller chercher les générations futures pour justifier le dégraissage du Mammouth, il suffit d’affirmer que les bureaucrates ne servent à rien ou pourraient être en entreprise. Une politique de baisse des déficits ne « garantit » rien du tout si elle n’est pas accompagnée d’une politique de baisse des autres dépenses. Les 150 mille en moins oublient les nombreux fonctionnaires territoriaux embauchés en parallèle. Ils ne représentent à peine que 3% de la masse. A ce rythme, il faudrait plus de 30 ans pour revenir à un état « minimum ». Surtout que pour ne pas trop brusquer ces pauvres gentils privilégiés, on annule la moitié des économies par des augmentations de ceux qui restent. Non, décidément, il n’y a qu’une seule façon de faire : Supprimer le statut de fonctionnaire, purement et simplement.