Sunday, November 22, 2015

L’identité nationale, vide intellectuel

Je tombais par hasard hier soir sur un débat télévisé où une journaliste argumentait contre un certain Roger-Paul Droit qui soutenait le vide du concept d’identité – celui-ci a même été jusqu’à prononcer le fameux « A est A » qui signe la référence à Ayn Rand dans Atlas Shrugged – La Grève. Il insistait sur le caractère très relatif et surtout très fluctuant du concept national, au grand dam de la journaliste.

Soyons clair, l’identité nationale est bien un faux concept, vide de sens. Et c’est une des raisons de tous les déchirements qu’il suscite. En effet, qu’est-ce que la France ? Un territoire. Et encore, ce territoire évolue-t-il au fil des conflits et des traités, donc déjà son identité géographique est loin d’être uniforme dans le temps. L’Algérie a été France. Les DOM-TOM sont France. Qui est la France ?

Mais il est clair que lorsqu’on évoque l’identité nationale, on pense plus à sa population et à sa culture, à son histoire. Or par définition, par nature, la population fluctue et bouge, elle change constamment. Etre français est un produit administratif, pas géographique ni socio-culturel. La culture et l’histoire, par définition, sont attachées à celui qui les porte et les exprime, pas à un pays.

Et on comprend là toute la confusion. Il n’y a d’identité dans ce monde qu’au niveau de l’individu, c’est là d’ailleurs l’un des fondamentaux de la pensée libérale, toujours la plus réaliste. On ne peut comprendre les phénomènes sociaux tels que ceux qui nous secouent qu’à travers cet éclairage.

Parler de l’identité d’un groupe peut s’imaginer si on n’attache à cette identité que ce qui définit le groupe. Il y a certainement une identité à la fédération française de football de par sa vocation. Mais peut-on imaginer parler de l’identité footballistique du pays à travers celle de cette association ? Cela n’a évidemment aucun sens, pas plus que de chercher l’identité nationale au-delà d’un ensemble de gens à un moment donné sur un territoire donné, sans plus de caractéristiques qu’une simple liste.

Le problème actuel du pays n’est donc pas un problème d’identité nationale, puisque cela n’a aucun sens. Vouloir en parler fait d’ailleurs partie du problème. Car c’est chercher la solution à nos problèmes dans une entité abstraite qui serait supérieure à chacun de nous, une espèce de machin qui nous engloberait tous et pourrait parler en notre nom, nous qui serions tous de son essence.

S’attacher à l’identité nationale, c’est s’en remettre à l’état, c’est se déresponsabiliser. C’est chercher l’égalité sans légalité. On voit le résultat depuis des décennies. Qui peut bien vouloir continuer ainsi ?

Tuesday, November 17, 2015

Et pendant ce temps, on continue de s’appauvrir

Alors que tous les médias sont encore sous le choc du 13 novembre et font le jeu du pouvoir en parlant des soi-disant progrès de l’enquête, montrant ainsi le vide informationnel qui est celui de notre temps, je propose une note rapide pour qu’on n’oublie pas qu’il n’y a là qu’un incident sur une route bien plus pernicieuse et destructrice de nos avenirs : celle de notre appauvrissement planifié.

Regardez les prix autour de vous, les prix en euros bien sûr, et constatez. Il y a ceux qui plongent et il y a ceux qui explosent. J’ai acheté une télévision ce week-end, pour 130 euros, c’est-à-dire en gros une dizaine de pizzas. Petite certes, mais avec tout ce qui se fait de mieux – la télé. Le même produit il y a 3 ans m’aurait coûté probablement 5 fois plus, voire n’existait même pas. On peut dire la même chose de nombreux autres produits : appareils photos, électronique et équipement en général.

La différence entre ces deux types de prix est simple. Tous ces produits sont importés et viennent d’économies moins rigides et stupides que la nôtre, où on a compris que l’enrichissement du producteur passe d’abord par celui du consommateur. Donc où les prix baissent constamment parce que c’est ainsi que tout le monde y gagne. Les autres prix, la pizza, représentent le coût de la France.

Ainsi la pizza, quant à elle, grimpe peu à peu, comme beaucoup d’autres choses. La baguette, le prix d’un repas au restaurant notamment. Avez-vous remarqué ? Nous sommes à peu près arrivés au point où les prix en euros au restaurant sont ceux en francs quand l’un a remplacé l’autre. Autrement dit, ma pizza à 13 euros, elle est la même que celle qu’on mangeait il y a 15 ans pour 13 francs.

Un calcul rapide montre alors le niveau d’inflation que nous avons subi, c’est-à-dire combien de fois la monnaie a perdu sa valeur, son pouvoir d’achat. Si 1 euro achète comme 1 franc, c’est que l’euro a perdu en 15 ans quelques 6,55 fois sa valeur initiale. Cela représente une inflation réelle de 13,35%. C’est-à-dire que chaque année en moyenne, l’euro a perdu 13,35% de sa valeur. Et nos sous aussi.

On peut donc dire que tout salarié qui n’a pas vu ses revenus augmenter en moyenne de plus de 13,35% a perdu du pouvoir d’achat sur les 15 ans qui viennent de passer. C’est loin des 2% d’inflation dont tous les médias et le pouvoir se gaussent. Et pourtant, faites le calcul vous-mêmes, vous verrez.

Bien sûr, c’est en partie compensé par tous ces produits qui eux baissent et nous aident un peu. Il demeure, c’est un fait peu discutable : pendant qu’on va voter, ils nous appauvrissent constamment. 

Monday, November 16, 2015

La réponse est dans moins de police et plus de port d’armes

Les attentats de ce vendredi ont montré une limite, celle de la capacité de la police à protéger les citoyens. Pour ne pas dire plutôt, sa capacité à protéger l’état en première priorité et si elle en a l’ordre, celle de réagir après coups aux actes affectant le peuple, à défaut d’anticiper et éviter le pire.

Les prochains jours et les prochaines régionales vont sans doute être l’occasion de nombreux débats entre politiciens, à commencer par FN et Républicains, pour expliquer comment faire plus et mieux.

Marine va nous expliquer qu’il faut se méfier de tout étranger ou autre patibulaire-mais-presque. Nicolas va nous expliquer que la justice de Taubira est une farce et doit être reconsidérée. Mais aucun, j’en fais le pari, n’osera prendre le problème à bras-le-corps et oser le vrai diagnostic : celui qui consiste à reconnaître que même avec deux fois plus de troupes, rien ne pourra empêcher la détermination terroriste de frapper où et quand bon lui semble. La démocratie ne marche pas.

Beaucoup vont jouer au concours de celui qui demandera plus d’état d’urgence, ou plus de gendarmes et policiers, plus de contrôles aux frontières et plus de simples délits de sale gueule.

Pourtant la réponse est radicalement ailleurs. Il faut à la fois plus libérer le peuple et mieux le sécuriser. Et la réponse est très simple. Mais elle est taboue dans nos démocraties modernes.

Il suffit de totalement libérer le port d’armes. Il suffit de permettre à chacun de nous de se défendre. Attention, je dis bien « se défendre », pas question de légitimer une quelconque agression armée.

Imaginez, c’est très simple. Dans le Bataclan, 1500 personnes dont on peut penser que 1000 portent une arme à poing. Bien sûr, cela ne va pas empêcher un kamikaze fou de se faire sauter. Mais par contre, le premier qui sort une Kalachnikov pour tirer dans le tas a toutes les chances de se voir sous le feu nourri de ses mille victimes. Il est peu probable qu’il ait le temps de tuer pendant deux heures.

Autre avantage, le foldingue du Thalys et ceux de Charlie auraient probablement été fortement dissuadés de tenter leurs actes, car ils se seraient attendus à ce que leurs cibles, au moins pour partie, soient armées et donc ripostent contre eux. L’armement du peuple est la meilleure des défenses, c’est celle qui fait réfléchir les foldingues avant de passer à l’acte.

Mais bien sûr, c’est aussi un excellent moyen de résister au totalitarisme étatique et de nous sortir de notre esclavage. Demandez-vous donc si ce ne serait pas cela la raison du tabou en la matière.

Thursday, November 12, 2015

Le Climat, je tourne Lepage ou je m’en fiche ?

Notre cher H16 titrai ces jours-ci sur l’idée de Corinne Lepage qui en bonne forcenée du sauvetage de la planète, « veut ficher les climatosceptiques », histoire de leur laisser un droit à l’oubli sans doute.

Une telle conception et du problème du climat et du fonctionnement social en général est en réalité très grave – parce que cette pécore n’est pas hélas un cas isolé – et mérite qu’on le décortique.
Pour ma part, je doute que les alarmistes du climat aient raison, mais dans l’absolu, je n’en sais rien. 

Je ne sais réellement pas qui a raison ou tort et il me semble que nous sommes quelques millions au moins dans ce cas. Pire : beaucoup pensent que probablement, nous aurons la réponse dans 20, 50 ou 100 ans et pas avant ; pour ma part, je pense que nous n’aurons jamais la réponse.

Non pas parce que nous serons morts avant, mais simplement parce qu’il n’y a pas de réponse, et c’est bien sûr l’erreur grossière de tous les écolos pétris de peur que le ciel leur tombe sur la tête. Il n’y a pas de réponse car la nature catastrophique du changement climatique, si changement, ne peut pas être un fait objectif, mais subjectif. Il y aura des catastrophes et il y aura de grands bonheurs.

Autrement dit, même à supposer que la mer devrait monter, il serait possible de trouver des peuples entiers qui en seraient ravis, là où d’autres certes pourraient en souffrir. De même, il n’est pas démontrable que la fonte des glaciers ne soit que négative, pas plus que la montée des températures le soit – vivement des vins made in England ! Pour tous les exemples donnés par les écolos de soi-disant catastrophes, il y a autant de raison d’aller au pessimisme qu’il y en a du côté des optimistes.

La seconde erreur tient bien sûr aux prévisions climatiques elles-mêmes. Sans être un spécialiste, je constate qu’il y a au moins une théorie, dite des cycles solaires, qui va à l’encontre de la vision « officielle » et cela devrait suffire pour laisser place au doute. Ce dont je suis sûr, c’est qu’en matière scientifique, ce n’est jamais la masse ni le consensus qui ont raison, mais plutôt le génie isolé.

Bien sûr, ces deux arguments de fond devraient conduire COP21 et satellites à au moins accepter le débat et la confrontation. A cet égard, la menace de fichage est une preuve s’il en fallait de l’esprit étroit et totalitaire qui frappe ces benêts dont la sotte peur a englouti leur confiance en l’homme.

Mais dans une tribune libérale, la conclusion est tout autre. Elle est fondamentale. Elle consiste à rappeler que lorsque l’humanité est face à des défis planétaires, lorsque son futur semble porter son extinction, c’est à l’individu de répondre et non aux puissants – états, OMG, politiques ou savants. La seule manière de nous sauver, c’est de laisser chacun de nous agir ce jour pour construire son avenir. 

La liberté veut que personne n’arbitre à notre place entre notre vie ce jour et notre vie toujours.

Monday, November 9, 2015

La pensée de l’Eglise peut être tout sauf libérale

Un dénommé Noé – cela ne s’invente pas – vient de faire l’objet d’un entretien publié sur Contrepoint où on lui laisse nous faire croire que « la pensée de l’Eglise » serait « profondément libérale ». Mon dieu, que de confusion. Montrons qu’il n’en est rien, au grand dam de beaucoup.

Au premier niveau, sans même aborder le sens mais en observant les écritures, parler de l’Eglise et lui accorder une pensée est une démarche profondément collectiviste et donc anti-libérale. Il n’y a d’Eglise que dans la mesure où il y a un clergé et ses abbés, curés, évêques et autres pape, tous individus doués de pensées – supposées – propres et individuelles dont on ne peut tirer une Pensée.

Ensuite, parler de l’Eglise en lieu et place de ce qu’elle est supposée porter, c’est-à-dire une religion, la religion catholique, c’est faire un second abus. Car souvenons-nous qu’avant la Révolution, les Etats généraux furent convoqués qui se composaient de l’Eglise comme un des trois Etats d’alors. 

L’Eglise est en effet un état : non seulement elle se pose en monopole spirituel et moral, mais surtout nombreuses sont les périodes de l’histoire où elle eut aussi le monopole de la force – Inquisition, Richelieu, Mazarin pour ne citer que quelques épisodes sombres. Sans oublier le « libéral » Vatican.

Or si une Eglise est analogue à un état, comment pourrait-elle porter une once de libéralisme, quand l’état est par définition ce qui nous éloigne le plus de la liberté ?

On en arrive à la religion, dont beaucoup avancent, s’agissant du christianisme, qu’elle serait profondément libérale. Il me semble que cela cache une dernière confusion, celle concernant dieu lui-même. Sans être un spécialiste, il me semble qu’il y a deux grandes conceptions de dieu en ce monde monothéiste : un dieu anthropomorphe et créateur conscient et volontaire de tout ; et un dieu tout aussi universel, mais sans guère autre objet que de matérialiser la dernière limite du savoir.

Le premier dieu, celui des catholiques, est aussi celui du destin, de ce « qui est écrit », celui qu’on implore et qu’on prie, bref, celui qui tient notre chance, voire notre libre arbitre entre ses mains. Comment un tel dieu et toute pensée qu’il inspirerait pourraient-ils être libéraux, alors que par essence nous sommes ses enfants dont il peut faire ce que bon lui semble ? Je crains que le plus sophistiqué des arguments philosophiques n’arrive à me convaincre de sa cohérence face à cela.

Reste la religion qui serait basée sur un dieu sans autre vocation que de tirer révérence au fur et à mesure que nous n’avons plus besoin de marquer les limites de notre connaissance. Je veux bien admettre que certaines pensées inspirées par un tel être puissent nous parler de liberté. Mais je doute que ce soit cette optique que défende ce Noé ou tant d’autres peu cohérents.

Monday, November 2, 2015

Parler de la gauche comme Mélanchon parle de la droite – Le courage des mots durs

La marque de fabrique de Jean-Luc Mélanchon, outre le discours communiste ignoble, est sans doute dans le ton, dans la véhémence des propos. Quand beaucoup d’hommes politiques qui vivent de vestes retournées veillent à modérer leur verbe en toute circonstance, l’homme qui un jour est parti de gauche – pour n’arriver nulle part ? – pour arriver à sa tête, est connu pour sa haine de la droite.

Et même si les derniers chiffres avant les régionales ne lui accordent que 6% des intentions de vote, sa stratégie connaît un certain succès – du moins doit-on bien constater que la presse lui accorde infiniment plus d’attention qu’elle ne le fait pour les libéraux, même les plus bobos d’entre eux.

Il faut dire que nous sommes dans un pays où il est de bon ton d’être de gauche alors qu’il est honteux d’être de droite, césure fruit du martèlement des esprits depuis plus de cinquante ans. Au point donc où un politique peut sans vergogne se dire ouvertement communiste et mépriser tout ce qui s’en éloigne sans que personne n’ait jamais l’audace de lui refermer le clapet.

Pourtant, on le sait bien, pour être ouvertement de gauche, il faut être idiot, ignorant ou intellectuellement malhonnête, il n’y a pas d’autre option. En effet, être de gauche suppose d’une manière ou d’une autre la primauté de la propriété publique, donc de l’impôt, donc du vol et de toutes les formes d’injustice sociale qui en découlent. Mais ce n’est pas le vrai sujet ici.

On excuse les deux premiers groupes, heureusement les plus nombreux sans doute. Mais notre cher Jean-Luc ne saurait en faire parti(e). A son niveau, il ment au peuple et le sait très bien. Mais cela ne l’empêche pas d’oser insulter et menacer tous ceux qui ne partageraient pas ses « convictions ».

Alors face à un tel individu, menteur professionnel et porteur de références politiques et sociales dont tout le XXe siècle est témoin des conséquences et leurs multiples scarifications, comment pouvons-nous rester impassibles, nous libéraux seuls porteurs des valeurs vraiment humanistes ?

Il me semble que nous devrions retourner la stratégie de communication de ce fâcheux personnage à notre avantage. Si lui n’a pas peur du mensonge, pourquoi aurions-nous peur de la vérité ? Pourquoi ne pas le démasquer ouvertement pour le fieffé menteur qu’il est et le moquer et mépriser comme il se plaît à nous mépriser ? Pourquoi ne pas ouvertement parler de lui comme il parle de nous ?

La liberté mérite sans doute qu’on ose des mots durs envers tous ceux qui se masquent en son nom.