Saturday, July 30, 2016

Critique des programmes politiques – Général Didier Tauzin – Rebâtir la France

Après la revue de son « constat », voyons ce que ce général nous propose pour soi-disant « rebâtir la France ». Mais restons un instant sur ce concept, qui en trois mots pose deux questions essentielles : qu’est-ce que la France et pourquoi (re)bâtir quoi que ce soit ?

La France est une illusion, la France n’existe pas. Ou plutôt, sa seule réalité est administrative et politique, elle n’est qu’un territoire sur lequel certains hommes exercent un pouvoir sur les autres. Elle ne devrait pas être l’objet d’un débat quelconque dans la bouche d’un individu qui se dirait inquiet de l’avenir de ses enfants, de ses semblables. Parler de la France, ce n’est pas parler de nous.

Quant à vouloir (re)bâtir, c’est en soi une formulation constructiviste et dirigiste typique. Ce n’est pas de bâtir quoi que ce soit dont nous avons besoin, l’état construit déjà bien trop de choses avec l’argent de nos impôts. Au contraire, il s’agit de déconstruire le monstre bureaucratique national.

Mais revenons à son texte. Il est plein de contradictions, hélas. Cela commence bien, avec un heureux « il faut refonder notre système politique que les partis se sont accaparé » ; puis : « cette rénovation de l’État et des administrations publiques doit être intégrale » ; mais qui trébuche aussitôt : « afin de restaurer l’autorité et le pouvoir exécutif autour des domaines régaliens ». Ce n’est pas d’autorité dont nous avons besoin, mais du retour au droit de chacun d’avoir sa propre autorité.

Je ne serais pas surpris que les minarchistes se réjouissent d’un tel appel à un recentrage sur le seul « régalien », et je me dois de reconnaître que ce serait en effet un progrès. Mais nous allons voir que la logique de ce candidat n’est pas aussi limpide, ni inspirée de la même compréhension de la liberté.

Je le cite intégralement, car ce sera plus simple, en mettant en exergue les contradictions : « Ainsi, l’intégralité des mesures prises durant le prochain quinquennat seront guidées par cinq principes intangibles : le bien commun, c’est-à-dire le bien de la société dans son ensemble ; la subsidiarité permettant aux citoyens d’agir au sein de société, et à chaque personne de remplir les tâches qui lui reviennent ; la responsabilité qui procède de la volonté que chaque citoyen travaille au bien commun ; la solidarité qui rappelle que tous les Français sont égaux en dignité et doivent être soutenus par la société ; enfin la liberté qui est l’apanage des peuples souverains et qui engendre nécessairement une multiplication des initiatives. » La liberté devrait surtout être l’objectif de l’action politique…

Saluons l’approche de ce général : Pour une fois, le cœur d’un programme politique se veut reposer sur un noyau restreint de principes qui ne relèvent pas d’un l’idéalisme béat. Pour autant, étudions ces cinq principes, car ils sont décevants. A commencer par le bien commun. Monsieur Tauzin, il n’y a pas de bien commun, votre formulation confond bien avec objectif, ou but. Avoir ensemble le but commun du bien de tous, cela se conçoit comme objectif social. Mais le bien commun, c’est marxiste.

La subsidiarité n’est pas un champ où l’individu peut faire ce qu’on attend de lui, mais au contraire, où il est libre de ses décisions et actions comme bon lui semble grâce à la garantie qu’aucune autorité arbitraire n’a de légitimité ou pouvoir sur lui. De même la responsabilité n’est pas affaire de volonté au sein d’un bien commun, mais de droit et devoir des individus les uns envers les autres. Il est dommage que ce qui semble une bonne volonté minarchiste soit gâchée par une telle confusion.

Le général finit par trois questions qu’il propose pour referendum – encore un concept collectiviste. De prime abord, les questions posées abordent de vrais sujets. Mais ce n’est pas d’un referendum plus ou moins plébiscitaire dont nous avons besoin, mais d’action libératrice. L’urgence n’est pas à la discussion de principes, mais à leur mise en œuvre par la dissolution rapide de l’appareil d’état sous ses trop nombreuses formes. Ce général semble chercher à se donner une allure de libérateur sinon de libéral, mais ses contradictions risqueraient bien de n’en faire qu’un illusionniste de plus. 

Sunday, July 24, 2016

Terrorisme : Et si les journalistes faisaient leur vrai boulot ?

Bertrand Lemennicier nous le rappelle dans son excellent article analysant le terrorisme, il faut malgré l’horreur et le nombre de victimes savoir remettre les choses à leur place : le terrorisme est une menace toute relative et secondaire quand on le remet en perspective des autres fléaux que nous subissons, à commencer par la foule de ceux qui résultent de l’action de l’état et des politiciens.

Loin de moi l’idée de banaliser la chose et de ne pas marquer respect et empathie envers les victimes et leurs proches, bien évidemment. Mais juste de rappeler que si les terroristes cherchent à nous faire peur, il y a une manière simple de régler la question : ne pas en parler, ne pas laisser la peur se diffuser. Après tout, le terrorisme n’existe que parce que nous en parlons. Alors, évitons le piège.

Il faut à ce titre s’interroger sur le rôle des médias « modernes » dans le phénomène, car ils sont de loin les plus coupables de cette complicité, au point je crois que cela pose question. Souvenons-nous, du temps de Zola et de son célèbre « J’accuse ! », les journalistes du quatrième pouvoir étaient bien plus dans la recherche de scandale et au service du citoyen. Certes, le Canard Enchaîné, qui a fêté son centenaire il y a trois semaines, créé donc en 1916, montre que les grands journaux n’étaient déjà plus très sévères envers le pouvoir en place, mais aussi que la volonté de critiquer restait vivace.

Mais aujourd’hui, où sont les journalistes qui cherchent et traitent des véritables sujets ? Au lieu de passer des heures et des heures à suivre les détails les plus insignifiants d’une enquête comme le ferait le porte-parole du gouvernement, ils seraient mieux inspirés de remettre en cause toutes les apparentes évidences de notre société déliquescente. On en a eu une illustration récemment avec la myriade de contre-sens donnés au choix des Britanniques pour le fameux Brexit. On cherche encore ces trop rares journalistes qui auront osé voir du positif en cette décision pourtant démocratique !

J’ai depuis des années cessé de lire les journaux. J’avais cessé de même de regarder les journaux télévisés, et j’avoue que depuis quelques mois, les circonstances m’avaient remis devant les écrans. 
Désormais c’est une chose décidée, les journalistes ne pourront plus compter sur mon audience.

Je vous invite non seulement à faire de même, mais aussi à leur faire la concurrence qu’ils méritent. Parlons sur le Net de ce qui compte vraiment, à savoir lutter contre le pouvoir et contre le mensonge.

C’est à mon sens de loin la meilleure manière pour chacun d’entre nous de lutter contre la terreur.

Saturday, July 23, 2016

Remplacer les législateurs par des robots ?

Faire des lois est un beau métier : on écrit à peu près ce qu’on veut, on est payé grassement pour ce faire, c’est ensuite voté par quelques corrompus et cela touche enfin la vie de millions de gens qui n’avaient rien demandé et qui pourtant vont et payer les premiers par l’argent volé via les impôts, et subir les conséquences concrètes des interdictions et obligations qui leur tombent ainsi sur la tête.

Comme si la myriade de textes inutiles et même nocifs qui font l’imbroglio législatif européen ne suffisait pas, voilà qu’il y a peu certains juristes de Bruxelles ont voulu faire du zèle en nous préparant un projet qui ferait des robots des « personnes électroniques ayant des droits et des devoirs ». Bigre.

Il y aurait de quoi faire des volumes entiers sur les implications et les errements qui sont liés à une telle idée, la difficulté sera de faire court. Juste pour illustrer : Qu’est-ce qu’un robot ? Qu’est-ce que le droit et à quoi sert-il ? Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Sont-ce là des sujets nouveaux ? Bien sûr, la réponse à cette dernière question est ‘non’, et j’avais d’ailleurs jeté les base de cette réflexion dans un article plus général sur droit et technologie, repris par l’Institut Turgot.

L’idée de base est simple, comme tout ce qui touche à la liberté : un robot est un produit d’une fabrication par l’homme et ce sont ces hommes qui l’ont conçus qui ont déterminé sa fonction et son comportement. Le robot qui serait pleinement indiscernable d’un humain n’est pas encore à l’ordre du jour et d’ailleurs n’est pas l’objet du texte juridique en question. Donc, aussi sophistiqué soit-il, le robot est un objet, un produit manufacturé, au même titre que la voiture autonome par exemple. Il est d’ailleurs intéressant que celle-ci ne soit pas vue comme un robot dont il faudrait considérer la personne électronique, ce qui montre la limite de la réflexion de ces – dangereux – rigolos.

Parler de droit pour un robot pose donc une première question gênante : si le robot acquiert des droits et devoirs, comment ceux-ci se substituent-ils à ceux de son concepteur et fabricant ? Autrement dit, poser le droit du robot, n’est-ce pas dédouaner le concepteur de ses obligations ? C’est bien ce que l’article laisse entendre : « il peut être difficile de remonter la chaîne de responsabilité jusqu’au constructeur si une décision d’un robot ‘intelligent’ est à l’origine d’un accident ». Pardon ? Ainsi, parce que ce serait difficile, on renoncerait ? Mais est-ce que la difficulté à chercher les coupables de Tchernobyl suffit à justifier qu’on aurait pu faire de la centrale un robot ?

Ahh, mais les parlementaires ont la solution, bien sûr. Les robots n’ayant pas les moyens de dédommager leurs victimes, on mettrait « en place un fonds qui serait alimenté par des taxes prélevées auprès des constructeurs et des utilisateurs ». Yabon les taxes, voilà la véritable motivation.

Mais nos juristes ne s’arrêtent pas là, hélas. Voilà qu’ils estiment que « Les robots vont aussi bouleverser le marché du travail en “effectuant de plus en plus tâches autrefois dévolues aux humains” ». Encore une fausse nouvelle, cela fait des siècles que l’innovation en général change la structure du tissu économique et du besoin de travail. On n’a pas attendu les robots pour connaître la solution. Mais suis-je bête, et le chômage ? Eh bien nos juristes osent préconiser de « demander aux employeurs de verser des cotisations sociales pour leurs “personnes électroniques” » !

La stupidité n’a pas de limite quand on se permet de tordre toute logique et bon sens. Les auteurs du texte imaginent pouvoir exiger des concepteurs de robots de signer une « charte éthique » qui parmi ses principes aurait « l’obligation de ne créer que des robots “bienfaisants” ». Il est affligeant de constater que des juristes aient une si faible compréhension du droit pour ne pas comprendre que le concept de bienfaisance est subjectif et non pas objective. Quant à réinventer l’éthique des robots, n’ont-ils donc même pas lu Isaac Asimov et ses lois de la robotique ?

Mais hélas, la réalité est bien plus sordide. Des gens comme Alain Bensoussan, avocats trop bien connu comme parmi ceux qui poussent ces idées dangereuses, ces gens donc n’ont qu’une seule motivation : donner dans la bienfaisance ? Non, je vous rassure. S’en mettre plein les poches hors de toute moralité et si possible grâce à l’argent des autres ? Oui, c’est évident. Et là, le robot tique.

Friday, July 22, 2016

Et panda ce temps-là… WTF ? Non, WWF….

Alors que l’actualité est au sport, au Brexit, au terrorisme et à l’état d’urgence à défaut d’état de droit, les écolos ne perdent pas le nord et occupent le terrain. Ainsi, certaines lignes du métro parisien voient leurs rames systématiquement décorées d’affiches propagandistes reprenant une illustration que le WWF avait conçue pour la COP21 – image ci-contre. Sur une reprise du célèbre tableau d’Eugène Delacroix, un panda guide un peuple un peu crédule vers… on ne sait trop quoi.

Sur ces affiches, en blanc, le slogan suivant : « Arrêter la dégradation de l’environnement et protéger notre planète ». Je vous propose de décortiquer ces mots, tant ils sont révélateurs des écologistes.



Passons sur « l’environnement », mot qui ne veut finalement rien dire, tout étant environnement, pour constater que si on nous appelle à « arrêter », c’est que la « dégradation » serait déjà un fait. Cela seul soulève bien des questions, voire des surprises. Qui a dégradé quoi ? Comment décide-t-on qu’un changement apporté à la nature est une dégradation ? Qui en décide ? Est-ce qu’écraser une fourmi sans le savoir en marchant dans la rue est une dégradation de l’environnement ? Qui a commencé, qui doit arrêter ? Et si on n’arrête pas, c’est si grave ? On sera puni ? Par qui SVP ?

La fin du slogan est de même un grand classique, qui rappelle le sketch de George Carlin, « Save the planet ». Cette fois, il ne s’agit plus de the environnement, qui finalement n’appartient à personne, mais bien de notre planète – tout entière, au passage. Cette fois donc, nous sommes bien tous concernés, si le doute subsistait. Et nous devrions donc protéger cette chère planète ; mais la protéger de qui au fait, si nous sommes tous victimes ? De nous-mêmes ? Des méchants ? Des autres ? De dieu peut-être ? Et d’ailleurs, comment s’est-elle protégée avant l’affiche du WWF ?

Enfin, l’image elle-même est grandiose. Elle fait clairement référence à la liberté guidant le peuple, mais cette fois, c’est le panda qui nous y mène, comme si le WWF était libérateur – mais de quoi ? – et comme si le panda savait mieux que nous ce qui est bon pour nous, ou quelle planète il nous faut.

En ces temps difficiles, qui montrent les limites du dirigisme sur d’autres formes des problèmes majeurs de l’humanité, il serait urgent que les écologistes cessent, « arrêtent », de nous culpabiliser pour une dégradation hautement discutable et qu’il comprennent que l’enjeu écologiste, majeur en effet, n’est pas dans la protection statique, mais dans l’arbitrage par chacun de nous entre protection et aménagement, entre exploitation et conservation, entre vie et mort de chaque homme, donc.


Sunday, July 17, 2016

Emotion ou colère ?

Le fou qui a tué à Nice au soir du 14 juillet a engendré une émotion un cran plus loin. Celle-ci est bien entendu justifiée, rien ne peut nous toucher plus que la mort imbécile et aveugle. Mais si nous restons dans l’émotion, que faudra-t-il donc qu’il se passe pour que nous en venions à la colère ?

Au moment où nous allions sortir de huit mois d’état d’urgence, on nous en remet un trimestre, comme si cet événement en montrait la pertinence. On nous explique, encore ce matin, que ce gouvernement aurait été celui qui a fait le plus contre le terrorisme. Belle performance en effet.

Pour ma part, ce que je vois, c’est qu’on ne nous a jamais autant filmés, observés, fichés, fouillés. Le pouvoir en Turquie vient d’échapper à un coup d’état et déjà certains se demandent s’il n’a pas été fomenté par l’équipe en place elle-même. Ce genre de questions s’est posé pour l’attentat du 11 septembre et sans tomber dans la paranoïa, on se doit de s’interroger sur les motivations réelles de ces mesures dites de sécurité. Au prix de son portefeuille de ministre, Haroun Tazieff demanda à qui profitaient les incendies de forêt. Il me semble que nous devons poser cette question, en plus grand.

L’émotion semble une saine et bonne chose. Il est normal de s’attrister de telles horreurs. L’émotion est aussi un peu comme le football, elle voile les difficultés en resserrant les liens entre les citoyens, du moins est-ce ainsi que les politiciens rebondissent sur l’événement. Bien sûr, les journalistes – ou faut-il les appeler la propagande ? – jouent de même de l’émotion qui fait vendre. Et pas un seul, ou si peu, ne poussera l’analyse un peu plus loin pour s’interroger sur cette inefficacité chronique du régalien qui pourtant sert à justifier ces institutions qui n’arrivent à rien face à la réalité du monde.

Espérons que ces élans de solidarité qu’on observe à chaque drame vont finir par lasser et par laisser se propager l’idée que finalement, c’est encore en se débrouillant seuls, les uns avec les autres, que notre sécurité est la mieux assurée. Le bébé de huit mois retrouvé à Nice n’a pas été sauvé par la police, qui ne l’a pas non plus retrouvé. L’état d’urgence n’a pas permis de protéger Nice. Pire, on sait à l’avance qu’il ne pourra jamais faire qu’une seule chose : nous ficher, sans nous protéger. A ceux qui en douteraient encore, je recommande d’aller revoir le film Minority Report et de s’interroger sur la possibilité quelconque qu’il pourrait y avoir à anticiper un crime.

Alors, à quand la saine colère ?

Thursday, July 7, 2016

Ramadan, Rocard et autres Religions

Vous pensez vivre dans un état laïc et séculier ? C’est en partie vrai. Il y a longtemps que la fin du carême ne fait plus les gros titres, par exemple. Et même si l’entretien des églises est encore trop souvent passé à la charge des municipalités au lieu du denier du peuple, il y a globalement de quoi être satisfait par l’absence des curés, rabbins et pasteurs de la scène médiatico-politique.

Je clarifie tout de suite mon propos. Bien évidemment, libre à chacun de croire en ce que bon lui semble et de respecter les rites de son choix, tant que cela ne vient pas affecter autrui. Cela ne m’interdit pas de penser que les religions reposent sur une dangereuse dualité. Il y a ainsi ce que chacun croit et pratique. Et il y a ce que les prêtres enseignent et surtout imposent. Comme pour toute forme de pouvoir, c’est l’endoctrinement et la manipulation des peuples qui fait question.

A cet égard, le fait que la fin du Ramadan ait pu être relayée par les chaînes d’information constitue un double recul. Celui d’une religion dans la vie quotidienne tout d’abord, mais de plus celui d’une religion qui se trouve être bien plus une forme d’institution politique que quelques rites poussiéreux bâtis autour d’une banale croyance. Mais ce n’est hélas pas la seule forme d’endoctrinement par les rites et autres cultes abâtardissants qui sévissent en ce moment. On pense au football, bien sûr.

L’été 2016 restera à ce titre certainement dans les mémoires comme celui où on aura parlé sport de bout en bout, à défaut de but en but ou de butte en blanc. C’est pratique voyez-vous, car pendant qu’on parle de ballon, on oublie les 50 milliards qui ne seront pas économisés, ou le Brexit si gênant.

Et voilà que Rocard ressort tout d’un coup. On pourrait se dire, bah, Rocard parti, hop, Ricard pastis. Mais ce n’est pas vraiment un sujet comique. Car on cherche à nous divertir, au sens premier c’est-à-dire à diriger nos pensées vers autre chose. Et en plus, on cherche à sacraliser un « sage » socialiste. On nous explique donc qu’il faut respecter ces hommes de la « gauche moderne » qui pourtant ont réfléchi à la meilleure manière de nous appauvrir et de nous exploiter tout en nous expliquant qu’ils venaient pour nous sauver du Mal, à savoir le capitalisme, le libéralisme et même le libre-échange.

Il faut comprendre pourquoi un libéral se doit de taper sur toutes les formes de religions, même s’il se doit aussi de respecter les croyances de chacun. Car un individu qui croit et un individu qui avance. Vivre, c’est se forger une compréhension du monde, c’est croire que le monde est comme ceci ou comme cela. Un homme ne peut pas vivre sans croire. Mais une religion, c’est d’abord un collectif qui veut imposer un dogme et une hiérarchie. C’est une forme de pouvoir et le pouvoir ne s’y trompe pas qui nous propose ses rites, ses sacrements pour nous amadouer. Liberté et religion ? Je n’y crois pas.

Tuesday, July 5, 2016

Critique des programmes politiques –Les Républicains – Logement

Après les challengers, abordons les Républicains, en retenant le premier thème de leur programme, à savoir le logement. C’est un sujet pertinent, même s’il y en a bien d’autres et que bien sûr on aurait pu espérer que ce ne soit pas un sujet du tout, réglé qu’il serait par la simple abrogation des lois.

En matière de liberté, les Républicains sont des petits coquins. Ils nous font croire qu’ils ont compris l’importance de la liberté et du libre marché, mais nous pondent des propositions tout aussi dirigistes que leurs petits copains socialistes, manière sans doute de manger aux deux râteliers. Voyons cela.

Nous avons donc une annonce inespérée : « Quand on va trop loin dans la protection du locataire, on décourage le bailleur ». Puis même, encore plus clair : « Il faut donc impérativement redonner de la liberté aux acteurs du logement, en passant d’une logique de méfiance à un principe de confiance. »

Mais presqu’aussitôt, premier dérapage : « Il faut modifier la gouvernance interministérielle pour donner au ministre du Logement le poids d’un ministère régalien ». Vraiment ? Ainsi, la liberté selon ces « ultra-libéraux » passerait-elle par plus de centralisation du contrôle du marché ? Très ironique.

Puis très vite vient le typique « nous devons nous fixer collectivement des objectifs forts ». Prenons donc les propositions dans l’ordre.

« 1 favoriser l’accès à la propriété, en aidant les primo-accédants » : On critique l’aide abusive des locataires, alors on rééquilibre en aidant les propriétaires, avec l’argent des autres, librement taxé.

« 2 relancer la construction de logements par la mise en place d’un plan Orsec de la construction et du logement » : Le fantasme keynésien de la relance frappe même à droite. Vite, construisons avec l’argent des autres, comme dirait Emmanuel Martin, même si on ne sait pas pour qui ni pourquoi.

« 3 baisser les coûts de production pour diminuer les prix de vente des logements » : Mention spéciale pour celle-ci, puisque voilà que nos Républicains se voient capables de baisser les coûts en claquant des doigts. Mais si, c’est facile, il suffit de fixer les prix et d’interdire les augmentations. Ah, la liberté.

« 4 refonder totalement la politique du logement social » : Liberté… de comprendre ce qu’on veut ?

« 5 instaurer une nouvelle relation de confiance entre le locataire et le propriétaire » : On peut loger… celle-ci à la même enseigne que la baisse des coûts, nous sommes dans le Grand Yaka bien ridicule.

« 6 simplifier et pérenniser les règles fiscales pour donner de la lisibilité » : Simplifier la fiscalité, c’était une bonne idée cette fois. Dommage qu’ils n’aient pas résisté à vouloir la pérenniser.

« 7 associer la politique du logement à l’effort de diminution de la dépense publique, en générant un surcroît d’activités, entraînant des recettes nouvelles » : Décidément, ils sont en forme les Républicains. On lance un plan Orsec, mais cela va réduire la dépense publique. Et comme on va dépenser moins en travaillant plus, cela permettra de renflouer les caisses. Géniale la liberté, non ?

Monday, July 4, 2016

Critique des programmes politiques –Front National – Défense

Après le PLD et Rebâtir le France, intéressons-nous une première fois au Front National, avec comme sujet la défense – parce qu’après les anciens combattants, sujet sans réel intérêt, c’est ce qui vient en premier sur leur site et programme – et de plus c’est un sujet important sous l’angle de la liberté.

Ce texte et ses propositions sont l’exemple même d’une vision négative du monde, qui serait fait de méchants, et d’un impérialisme post-colonial digne de la guerre froide, bien qu’elle ait largement contribué à la crise mondiale que nous subissons actuellement. Si ces idées étaient justes, je m’étonne que Suisse ou Norvège, pourtant si prospères et pacifiques, ne suivent pas la même route…

En premier lieu, quelle est la menace que voit le FN et donc ses objectifs pour la défense ? Il nous dit « défendre la liberté des nations », noter le pluriel. Mais pour la défendre de qui ? Ce n’est pas dit. Mais on le devine par deux sous-entendus : « dénoncer la participation [à] l’OTAN » et « [coopérer] avec certains partenaires européens, y compris la Russie ». Donc le Mal serait outre-Atlantique ?

S’il est certain que l’impérialisme américain est une menace mondiale, croit-on vraiment que c’est en tentant de se mesurer à sa puissance militaire qu’on nous protègera ? Cette menace d’ailleurs est-elle de nature militaire, économique ou plutôt politique ? Et si on apprenait juste à leur dire ‘non’ ?

Dès lors, les choix stratégiques ne se limitent pas à une simple défense, il faut à la fois dissuasion et indépendance pour être à hauteur du Grand Méchant. Ainsi le « concept de dissuasion nucléaire » constituerait « la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale ». Mais reposons cette question lancinante : pourquoi Anglais, Allemands ou Suisses ne se protègent-ils pas comme nous ?

Forcément, rien n’est assez beau et cher pour se défendre, alors même que nous sommes en crise et endettés – mais de cela, pas un mot. Programmes « ambitieux » au financement incertain fusent, dont un second porte-avions. Mais voyons, comment donc un porte-avions vient-il protéger l’Hexagone ? Il s’agit donc de « revenir à un effort de défense suffisant » qui atteindrait rien de moins que « 2% du PIB nécessaires » pour principalement protéger les DOM-TOM ? Ah mais non, car bien sûr, en bon keynésien, le FN nous affirme qu’un tel « effort sera bénéfique pour l’économie du pays ».

Les libéraux seront sensible à l’esclavagisme que porte une « Garde Nationale de 50.000 réservistes hommes et femmes » au lieu de passer à une armée privée ou le recours généralisé au volontariat.

Ce programme tourne encore plus au ridicule quand on nous explique qu’une puissante flotte de guerre est la seule réponse possible face à des « sources d’énergie [et] alimentation du futur » qui viendront de plus en plus des océans. Pas de doute, on parle bien de défense… Et les auteurs n’ont manifestement pas compris le concept de paix et prospérité par le libre-échange entre les peuples.


Gardons le meilleur pour la fin, je cite : « notre tradition de droit international nous [prédispose] à devenir une puissance de médiation dans le domaine maritime ». On mélange allègrement droit, défense, puissance et médiation ! Belle vision de la liberté, vraiment. Mais au moins, une chose est claire : rien ou presque dans ce programme de défense du FN ne vise la protection des citoyens.

Sunday, July 3, 2016

Critique des programmes politiques – Général Didier Tauzin - Constat

Ce personnage n’est probablement pas le plus connu ni celui qui a le plus de chances de finir à l’Elysée, mais la nouveauté de son discours, son positionnement à droite et le soutien qu’il reçoit de certains libéraux me conduisent à m’intéresser à ses dires. Je commencerai par son « constat ».

Dans l’ensemble, on retrouve peu de thèmes, mais ils sont indiscutablement pertinents, même si comme on pouvait s’y attendre, aucun ne couvre explicitement les institutions au sens large, signe d’une analyse de surface ou, de la part d’un général de division, d’un manque de culture libérale.

En économie, la récession, le chômage et la fiscalité « vexatoire » sont évoqués. Au passage, il utilise le terme de « PIB marchand » qui interpelle, car il laisse entrevoir un candidat qui perçoit le poids des 57% étatiques de cette métrique, sans pour autant en faire un point d’analyse digne de son constat politique. Concernant le chômage, aucune piste ni cause possible n’est indiquée. Point faible ?

Outre l’insécurité, objective, la « cohésion nationale » et autres valeurs collectivistes de la droite « nationale » ressortent comme fers de lance : « famille attaquée », « union nationale ». Sous l’angle libéral, c’est ce besoin de « cohésion » qui est dérangeant. On est loin de la promotion de l’individu.

Il porte un sain diagnostic sévère envers l’enseignement et un « ascenseur social » détruit, mais s’inquiète de la « défiance des parents envers l’éducation nationale », comme si celle-ci était sacrée.

Enfin, la politique est abordée. Pour le coup, sa vision de la démocratie finit de convaincre de son incompréhension des enjeux sociaux à l’heure d’Internet. Ainsi, il regrette « des taux d’abstention proches de 50% » sans plus de diagnostic. Il pense la démocratie comme devant faire « entendre les revendications du peuple », ce qui donne envie de le placer tout à gauche de l’échiquier.

Notre candidat termine en annonçant trois défis, qui feront sans doute la trame de son projet. En premier, le chômage, parfait. Il nous souffle le chaud : « briser tous les carcans qui retiennent les fabuleuses énergies » ; mais surtout le froid : « mener une politique économique volontariste ». N’a-t-il donc pas compris que la seule politique volontariste qui vaille consiste à cesser d’en avoir ? Ou alors, de démanteler, de « briser » les codes et les institutions avec – en effet – volontarisme ?

Finissons avec le second défi, il était prévisible. Il s’agirait de « présenter un projet à [la] population » et de « [mettre] en avant un socle culturel et un but commun ». Il est gentil notre général, mais il se croit encore dans les années 40 ou 50. Il n’a pas compris l’enjeu immense qu’il y a en France à faire confiance à l’individu et à déconstruire les barrières qui empêche les buts de chacun de s’exprimer.

Général Didier Tauzin - Constat : https://rebatirlafrance.fr/1-le-constat/ 

Critique des programmes politiques – Le PLD – Entreprise

Comme je l’avais en partie fait juste avant Libres !!, et alors que nous sommes à moins d’un an de la présidentielle, au moment où tous les programmes politiques se figent et se précisent, il me semble intéressant de mener une analyse de fond de ces textes, point par point, thème par thème. Car c’est une manière infaillible de révéler combien les partis en présence sont loin de nous mettre sur le chemin de la liberté. Tous les partis, sans exception. Suivez mon regard….

En priorité, je mettrai le zoom sur les partis supposés à droite. Tout simplement parce que ce sont ceux chez qui se trouve le prochain dictateur du pays et surtout parce que la gauche socialiste n’est pas et n’a jamais été libérale. Autrement dit, la question de sa libéralité ne se pose même pas.
Suivront les Républicains et le Front National, peut-être plus, mais je commencerai arbitrairement par le PLD, dont le premier thème publié sur son site web est : « Entreprise, activité et emploi ».

Le texte est assez court, il ne traite pas de toutes les facettes du sujet annoncé, mais reste fort heureusement globalement pertinent, nous sommes loin des harangues communistes idiotes. Trois phrases cependant démontrent que certains concepts de base sont – disons – mal choisis.

Parlant des politiciens, le PLD affirme ainsi que « Leur baguette magique, c’est le « volontarisme politique » qui justifie de vastes plans de relance, comme si la croissance se décrétait. » L’idée est juste, la prospérité ne se décrète pas, ce serait merveilleux sinon. Mais je parle de prospérité, pas de croissance. La notion de croissance est un non-sens économique car elle repose sur l'idée fausse que la richesse se mesurerait. Or la richesse est subjective et non quantifiable, chacun a sa définition, ses critères. Bien sûr, tout le monde veut plus d’argent, mais personne ne peut acheter le bonheur.

L’erreur suivante est une insulte à Frédéric Bastiat : « Notre déficit commercial ne cesse de se creuser, nos entreprises sont sous-capitalisées et n’investissent pas suffisamment. » Au moment où l’Institut Coppet publie 10 de ses articles redécouverts, parler de « déficit commercial » dénote une certaine crasse économique. Non seulement cela suppose prendre le pays pour une personne alors que le commerce n’a de réalité qu’au seul niveau des individus, mais c’est oublier que tout commerce est échange et que l’échange ne fonctionne que lorsque chaque partie considère y avoir intérêt. Dès lors, sauf quand une loi vient le déséquilibrer, le commerce n’est jamais déficitaire pour un pays.

Dernier faux pas, parlant des entrepreneurs, cette affirmation : « Leur seul handicap, c’est le fardeau de notre modèle social. » Le modèle social serait le seul handicap ? On croit rêver ! Le parti se disant libéral oublierait-il les taxes et impôts ? Les règlementations en tous genres ? Les monopoles qui faussent les prix par exemple de l’énergie ? La formation professionnelle ? La monnaie ?

On le voit, même un parti « libéral » qui pourtant se fait fort de l’être spécialement dans le domaine économique entache sa communication de nombreuses erreurs quant aux principes. Cela donne idée de ce que nous découvrirons en allant plus loin, surtout en analysant les autres offres politiques…


PLD : Entreprise, activité et emploi : http://www.partiliberaldemocrate.fr/entreprise-activite-et-emploi

Saturday, July 2, 2016

Un doigt de hauteur face au droit d’auteur

Je tombe ce matin sur un article s’inquiétant de l’avenir de Wikipedia alors qu’une « nouvelle loi création, architecture, patrimoine » « vient d’être adoptée par le Parlement français. » L’objet de ce texte serait de « protéger la propriété d’artistes et garantir la liberté de création » (lien ci-dessous).

Autrement dit, nous avons affaire à une dérive de plus du concept de droit à l’image, lié au copyright appliqué aux photographies. L’auteur de l’article en question croit avoir posé la bonne question sous cette forme : « Faut-il autoriser l’exploitation commerciale de photographies représentant une œuvre d’art présente dans l’espace public ? Un sujet épineux, tant les enjeux en présence sont nombreux et les intérêts divergents. » Ce n’est pas une question d’enjeux ni d’intérêts, mais de droit et de logique.

Revenons tout d’abord sur le droit d’auteur. Certains, dont les randiens, soutiennent par erreur le contraire, pourtant le sujet est clos chez les libéraux : le droit d’auteur, sous toute forme, est sans fondement et ne peut être évoqué au sein d’une société libre. La littérature abonde sur le sujet, on lira par exemple l’excellent Stephan Kinsella, qui en général développe deux idées simples :

a) Le droit de propriété n’existe et n’a de sens que pour les objets matériels. Son rôle est de donner une base juridique préventive aux conflits venant du souhait ou besoin d’utiliser les ressources. Cela ne peut s’appliquer aux idées et autres biens intangibles pour lesquels ces conflits sont sans réalité.

b) La copie des idées et œuvres de l’esprit est à la base de toute civilisation. Dans un monde de plein copyright, nos ancêtres n’auraient pas eu le droit de copier le premier homme qui prit une pierre pour casser une noix. La diffusion des savoirs est au cœur du développement de notre prospérité.

On comprend donc qu’en général, l’idée même de légiférer dans le domaine de l’intangible est à la fois absurde et réductrice de liberté et de prospérité, rien de moins. Et non, il n’y a pas d’exception. Ici cependant, le problème est plutôt de prendre le prétexte du copyright pour traiter un sujet plus subtil, mais tout aussi fallacieux, celui du droit à l’image. Simplement : il n’y a pas de droit à l’image.

Ce faux concept s’inspire du copyright : dans l’intangible, on applique un droit conçu pour le monde matériel. Pire, on prétend faire payer autrui pour toute copie, même involontaire ou fortuite, hors de tout contrat. C’est l’autre trait du droit d’auteur qui le bannit du champ de la liberté : il suppose un état coercitif jouant le rôle du collecteur de ces « droits » forcés sur le « contrefacteur » présumé.

Mais le droit d’image va plus loin dans l’erreur de logique, qu’on retrouve s’agissant de réputation. A qui appartient ma réputation, mon image ? A vous ou à moi ? La clé se trouve une fois qu’on se rend compte que la seule question qui compte repose sur l’action, car c’est à ce niveau qu’on peut… agir donc être jugé pour ses actes. Dès lors, cela devient : qui fait mon image ? Tout le monde, sauf moi.

L’auteur de l’article a raison de nous alerter. Une fois de plus, cette société impose un faux concept qui permettra aux hommes de l’état de pousser toujours plus loin les mauvaises raisons de nous exploiter, nous contraindre et nous taxer. Imaginez un monde où il ne sera plus possible de même regarder un homme politique sans qu’il puisse nous faire enfermer. C’est cela, le droit à l’image.

Le vote dès 16 ans, un sujet mineur ?

Une rumeur m’est passée aux oreilles qui serait favorable à un abaissement de l’âge du vote à 16 ans, comme il fut réduit de 21 à 18 ans à l’époque de Giscard-d’Estaing. Les libéraux devraient-ils s’en réjouir, ou bien est-ce au contraire une source supplémentaire d’inquiétude pour ce pays ?

Il faut tout d’abord revenir aux fondamentaux. Et quitte à déplaire à beaucoup, il faut rappeler que la question soulève celles de la majorité et du vote démocratique, qui ne sont pas des concepts libéraux en eux-mêmes. On trouvera un article complet sur la majorité écrit par Sarah Coudert dans Libres !! et je ne saurais trop y renvoyer le lecteur. En synthèse, elle nous dit un peu comme Don Rodrigue que la valeur n’attend pas le nombre des années, et comme Brassens que le temps ne fait rien à l’affaire.

Mais la vraie question n’est pas en premier celle de l’âge, mais plutôt celle de la manipulation que cache le concept de vote et de changement de la population consultée. Il y a deux manières de voir : soit on considère le peuple comme la source de sagesse et d’orientation de la politique du pouvoir, soit on ne cherche qu’à lui faire valider les décisions déjà prises par le pouvoir central en place.

Dans la première vision, celle que les démocrates hypocrites mettent en avant, celle qui faisait la démocratie d’Athènes, ce qui compte n’est pas l’âge mais la valeur et le bon sens des votants. Fort bien, voilà une vision plutôt noble du citoyen, où on considère que celui-ci est capable de déterminer son destin. C’est sans doute ce qui pousse la plupart des libéraux à croire en la démocratie moderne.

Mais justement, cette démocratie-là n’existe plus, du moins plus dans le monde politique. Certes, lorsqu’on vote au sein de l’assemblée générale des actionnaires d’une entreprise, c’est bien cette même démocratie noble qui se manifeste, une démocratie où le votant a une réelle responsabilité. Mais peut-on m’expliquer où dans la vie politique de ce pays comme d’autres on retrouverait même un semblant de cette responsabilité ? Il suffit de voir le manque de respect qui fuse de toutes parts à l’encontre des votants au ‘non’ du Brexit pour comprendre combien le politicien méprise le citoyen.

Ainsi donc, nous voilà dans le second cas de figure, celui où nous ne sommes bons qu’à dire oui. Dans cette optique, les politiciens doivent par tous les moyens réduire le risque d’avoir affaire à un vote négatif ou contestataire, autrement dit à des citoyens trop bien informés ou trop expérimentés. Il est clair à cet égard que l’électorat peut être découpé très approximativement en trois parties : les vieux ne sont plus tous dans le coup, voire séniles ; les jeunes sont pour beaucoup naïfs ou mal informés ; restent les « adultes » qui sont finalement les moins malléables. Oui, c’est simpliste. Et pourtant.

Car c’est bien le calcul que font les politiciens qui évoquent un âge réduit des votants, il ne faut pas s’y tromper. Ils ne cherchent qu’à accroître le nombre des jeunes sans grand savoir économique et politique qui pourront voter, car ils sont parmi ceux les plus susceptibles de valider la moindre des promesses clientélistes à venir. Mitterrand fut élu grâce aux jeunes, pourquoi ne pas recommencer ?

Les politiciens ne font jamais rien sans arrière-pensée. S’ils nous proposent une idée qui semble à notre avantage, c’est que leur intérêt se cache juste derrière. Et puis après tout, pourquoi ne pas abaisser la majorité à 10 ans tant qu’on y est ? Vite, faisons une pétition ou une manifestation !

Lamy : biais entre les peuples ?

Dans l’Opinion du 26 juin, en réaction au vote pour le Brexit – encore une – Pascal Lamy affirme que « L’Europe doit donner la preuve qu’on fait mieux ensemble que séparément ». S’agit-il d’une superbe démonstration de langue de bois ? Ou de stupidité sincère ? Je ne peux hélas qu’imaginer le pire des deux cas.

Décortiquons la phrase. Ensemble et séparément. Qu’on m’explique ce que cela signifie. De qui parle-t-on ? Des pays ? Des gens, des individus, des peuples ? Ou des politiciens ? En quoi le Brexit changerait-il quoi que ce soit à la réalité quotidienne du lien entre les individus qui se côtoient de chaque côté de la Manche ? En rien, bien sûr, les relations et les contrats n’ont changé en rien et ne changeront probablement pas dans leur objet. L’Europe n’est pas une Union, mais un artifice.

C’est de l’intox caractérisée que passer directement d’un vote populaire à ce genre de grande phrase sans lien avec la réalité. Pascal Lamy, comme le fait depuis Hollande, ose tenter de culpabiliser les électeurs britanniques, donnant ainsi de belles démonstrations de leur irrespect envers les peuples.

On fait mieux. Vraiment ? Mais qui est ce « on » et qui sait ou décide de ce qui est « mieux » ? Faire mieux, voilà un des grands fantasmes des économistes et politiciens grenouillant à Bruxelles. Comme si les entrepreneurs sur le terrain les attendaient pour choisir chaque jour ce qui est le mieux pour eux, pour leurs affaires et donc pour leurs clients et pour la société dans son … ensemble – tiens ?

Rappelons quelques bases d’économie : de même que le bonheur est un concept toujours personnel, la valeur et l’utilité des choses ne peuvent s’apprécier que par chacun de nous, à sa manière, selon ses goûts et préférences, sa situation et ses projets. Imaginer qu’on pourrait savoir à notre place ce qui est le mieux pour nous est une insulte faite à notre intelligence et à notre libre-arbitre.

Mais le « mieux » reste le « donner la preuve ». Donner la preuve ? Mais de quoi et surtout à qui ? Il y aurait donc une accusée, l’Europe semble-t-il, dont certains douteraient du « mieux » qu’elle peut apporter ? Tiens donc, le projet européen n’irait pas de soi, ou du moins sa réalité à ce jour ? Quel blasphème, vraiment, Monsieur Lamy ! Il est amusant de vous voir avouer tout seul que le plus grand projet socialiste du continent est si peu fondé dans ses principes et convainquant dans ses résultats que la « preuve » de sa pertinence ferait question à la moindre égratignure de vos plans marxisants.

Quand je pense que certains voient en Pascal Lamy un libéral, je reste perplexe. Il nous montre qu’il n’est guère qu’un autre beau parleur aux dents blanches mais à l’âme noire. Mais il est vrai que c’est aussi le cas de pas mal de pseudo-libéraux qui hantent les couloirs de la démocratie libérale…

Gay pride : état d’urgence ?

Voilà que ce week-end revient la « gay pride ». Certains vont au carnaval, où ils se déguisent et se dégrisent. Il faut croire que les « LGBT » ont besoin de leur carnaval à eux pour exister. Faiblesse ?

Deux choses me choquent cette année à l’annonce de cet événement. En premier lieu, on l’aura compris, le concept même de « gay pride ». Et sur ce point, je suis certain de me faire encore plein d’amis parmi les « libéraux » de ce beau pays. Car en tant que libertarien, je suis à la fois neutre et navré de ce qu’il faut bien nommer la dérive LGBT que nous connaissons depuis une génération.

Pour les novices, dont je fus, LGBT est un fourre-tout – c’est le cas de le dire – englobant lesbiennes, « gays », c’est-à-dire la version mâle, si j’ose dire, bisexuels et transsexuels. Comment puis-je oser parler de dérive alors que je me dis libéral ? Parce qu’il y a deux niveaux bien différents de lecture de ce phénomène qu’est la « libéralisation des mœurs » : le droit des uns et le droit des autres.

Le droit, c’est le fondement de la liberté. Il est absolument clair et évident, sans doute possible, que les LGBT de tous poils ont le droit et donc sont libres de leurs choix de vie et de sexualité. Il est à cet égard une excellente chose pour la société en général que la liberté ait pu faire ainsi son chemin.

Mais il y a un mais. Ce n’est pas forcément parce qu’on est libre de faire quelque chose qu’il est souhaitable de le faire. Et je me garde bien de dire « bien » ou « mal », pour préférer « souhaitable ». Ma liberté a ainsi un revers, celui d’autrui d’apprécier ou pas mes choix. Et c’est ce qui me gêne avec les prides de tous genres, avec les manifestations en général d’ailleurs : ce besoin, cette démarche qui tente d’imposer à autrui une « différence » dans ce domaine, comme si le sexe dépassait le droit – le sexe peut bien dépasser ce qu’il veut, mon argument n’en est pas moins des plus profonds…

Là où la chose devient vraiment cocasse, c’est quand on se rappelle que nous sommes paraît-il en état d’urgence, lequel réduit pour ne pas dit interdit les rassemblements de tous types. Mais pour le sexe, pour les LGBT du moins, on se doi(g)t de faire une exception… Manifester en faveur du Brexit est interdit, mais vous comprenez, on ne peut quand même pas paraître rétrograde aux yeux du monde au point d’interdire une « gay pride » sous le seul prétexte d’un état d’urgence, enfin voyons.

C’est le mal de toutes les démocraties, celui qui les perdra, heureusement. Les gens normaux et sains qui respectent autrui et vaquent à leurs occupations sans emmerder les autres ne font pas de bruit. Ils ne vont pas dans la rue pour imposer leur différence. Ils n’existent pas. On ne parle pas d’eux, on ne parle que des déviants et des antilibéraux qui ne respectent pas autrui. Aucun doute en effet, il y a de quoi être gai et fier. Au point de souhaiter de vite se libérer de cet état, de toute urgence.