Sunday, October 22, 2017

Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (1)

Hans-Hermann Hoppe a prononcé à l'automne 2017 lors de la conférence PFS 2017 un discours d’importance qui rappelle les bases de la théorie libertarienne, clarifie la position vis-à-vis de la droite "dure" Américaine (Alt-Right) et surtout donne un élan de stratégie pour le mouvement libertarien face à la poussée des antifas et social justice warriors.

J’en propose une transcription traduite en plusieurs parties. Voici les 11 premières minutes.

<Nous connaissons tous le sort des termes "libéral" et "libéralisme".
Il a été attribué à tant de gens différents et de positions différentes qu’il a perdu tout son sens et est devenu une étiquette vide non distinctive.
Et le même sort, je crains, menace désormais de plus en plus les termes "libertarien" et "libertarianisme" qui furent inventés pour retrouver en partie la précision conceptuelle perdue avec la fin des termes "libéral" et "libéralisme".

Cependant, l’histoire du libertarianisme moderne est très jeune.
Elle débuta en fait dans le séjour de Murray Rothbard et pris son expression quasi-canonique dans son livre "For a New Liberty" (Pour une nouvelle liberté, un manifeste libertarien), publié en 1973.
Mais le mouvement libertarien ne comptait initialement guère qu’une dizaine de personnes, entrant dans le séjour de Murray Rothbard.
Et du fait du jeune âge du libertarianisme, je garde espoir et ne suis pas prêt à abandonner le terme tel que défini et expliqué par Rothbard avec une clarté et une précision sans égales.
Tout cela alors qu’on ne compte pas les tentatives de soi-disant libertariens à brouiller les pistes et s’approprier le mot juste de libertarianisme pour quelque chose de totalement différent.

Le coeur théorique et irréfutable de la doctrine libertarienne est simple et sans détours et je l’ai déjà expliqué ici à maintes reprises.
S’il n’y avait aucune rareté en ce monde, les conflits entre humains, ou plus précisément les affrontements physiques, seraient impossibles.
Les conflits interpersonnels sont toujours des conflits relatifs à des choses rares. Je veux faire A avec une chose particulière et tu veux faire B avec cette même chose.
Et du fait de tels conflits, et parce que nous sommes capables de communiquer et de nous opposer des arguments, nous cherchons des normes de comportement dans le but d’éviter ces conflits.
Le but des normes est d’éviter les conflits.
Si nous ne cherchions pas à éviter les conflits, la recherche de normes de comportement serait sans logique.
Nous nous limiterions à nous battre et à survivre.

Mais en l’absence d’une harmonie parfaite des intérêts, les conflits relatifs aux ressources rares ne peuvent être évités qu’à condition de les attribuer comme propriété privée exclusive à quelque individu ou groupe d’individus précis.
Ce n’est qu’alors que je peux agir avec mes propres choses sans dépendance envers toi et tes propres choses, sans arriver à l’affrontement physique.
Mais qui possède quelle ressource comme propriété privée, ou non ?
En premier, chaque personne possède son corps physique qu’elle et elle seule contrôle directement.
Ensuite, quant aux ressources de seul contrôle indirect, elles doivent être acquises via notre corps, donné par la nature et ensuite approprié, le contrôle ou la propriété exclusif/ve est attribué à la personne qui s’est appropriée la ressource en premier, ou qui l’a acquise du propriétaire précédent via un échange volontaire et libre de conflit.
Car seul le premier à s’approprier la ressource et tous les propriétaires suivants lui étant connectés par une chaîne d’échanges volontaires peuvent l’acquérir et en obtenir le contrôle sans conflit c’est-à-dire pacifiquement.
Autrement, si le contrôle exclusif est attribué aux derniers arrivants, les conflits sont inévitables et à l’inverse de l’objet même des normes, rendus inévitables et permanents.

Certes, face à cet auditoire, il n’est pas besoin d’aller plus en détails, sauf pour ajouter ceci.
Si vous voulez vivre en paix avec d’autres et éviter tout affrontement physique, et quand de tels affrontements se produisent, vous cherchez à les résoudre pacifiquement, vous ne pouvez être qu’anarchiste ou l’avocat d’une société de loi privée, ou plus précisément vous devez être un ‘anarchiste de la propriété privée’, un anarcho-capitaliste ou comme je le disais un avocat d’une société de loi privée.

Et ainsi par implication - et sans beaucoup plus de vent - n’est pas libertarien - ou tout au plus un faux libertarien - quiconque affirme et promeut un ou plusieurs des points suivants :
- La nécessité d’un état - tout état - de propriété publique ou étatique et de taxes afin de vivre en paix.
- Ou qui affirme l’existence et la ‘justifiabilité’ de tout soi-disant droit de l’homme ou droits sociaux autres que le droit de propriété privée - tels que le droit des femmes, le droit des homos, le droit des minorités, le droit à la non-discrimination, le droit à l’immigration libre et sans restriction - qui est le droit de libre invasion - le droit à un revenu minimum garanti ou à un système de santé gratuit ou le droit à être débarrassé des discours et pensées déplaisants.

Les avocats de tout cela peuvent bien se dénommer comme ils le souhaitent, et nous libertariens pourrions bien coopérer avec eux tant qu’une telle coopération nous promet de nous rapprocher de notre but ultime, mais ils ne sont pas libertariens, ou au mieux de faux libertariens.

Ensuite une chose étonnante s’est produite sur le chemin du public.
Alors de Rothbard, et moi dans ses pas, ne fit jamais un pas hors de ces convictions centrales issue de la théorie, des non libertariens, avec en particulier des faux libertariens, c’est-à-dire des gens prétendant faussement être libertariens, et même des gens peut-être honnêtes mais tout au plus vus comme libertariens, tous nous ont vilipendés et choisis comme leurs bêtes noires et incarnations du mal.
Rothbard, le guide spirituel du libertarianisme moderne a par exemple été qualifié par cette foule soi-disant antifasciste de réactionnaire, de raciste, de sexiste, d’autoritaire, d’élitiste, de xénophobe, de fasciste et pour couronner le tout, de Juif Nazi auto-détesté.

Dès lors, quelle chose bizarre s’est donc passée ?
Voilà que tenter de répondre à cette question me conduit au sujet de ce discours, à savoir le lien entre libertarianisme et Alternative-Right, (Droite alternative) ou Alt-Right, laquelle a gagné une notoriété nationale (USA) et internationale après que Hilary Clinton, pendant la dernière campagne pour l’élection présidentielle, l’a identifiée comme une des sources d’inspiration du "panier des déplorables", une racine menant à Trump, laquelle (NdT l’Alt-Right) - je dois dire et insister - laquelle après la victoire électorale de Trump fut vive à rompre d’avec lui - du moins la plupart des gens ont rompu d’avec Trump, une fois qu’il fut clair qu’il n’est juste qu’un autre va-t-en-guerre de président.

Ainsi, le mouvement Alt-Right est principalement le successeur du mouvement paléo-conservateur qui connut son heure au début des années 90 avec l’éditorialiste et auteur à succès Patrick Buchanan comme représentant le plus connu.
Il tomba quelque peu en sommeil vers la fin des années 90 et a récemment - à la vue de l’immense et grandissant tort fait à l’Amérique et à sa réputation par les gouvernements successifs de Bush père, Clinton, Bush fils et Obama - il a réémergé plus vigoureux qu’avant sous la nouvelle étiquette de Alt-Right.

Beaucoup des phares associés à l’Alt-Right sont apparus ici lors de nos réunions au cours des années. Paul Gottfried, qui le premier conçu ce nom, Peter Brimelow, Richard Lynn, Jared Taylor, John Derbyshire, Steve Sailer, et Richard Spencer.
Parfois le nom de Sean Gabb - et le mien - y est aussi associé et évoqué en connexion avec l’Alt-Right.

Et mes travaux ont aussi été reliés au mouvement proche des néo-réactionnaires inspiré par Curtis Yarvin, que je connais aussi personnellement, et qui écrivit sous le pseudonyme de Mencius Moldbug sur son blog désormais en sommeil Unqualified Reservations.
En somme, ces relations personnelles et associations m’ont valu plusieurs mentions honorables par la ligue la plus insultante et infamante d’Amérique le SPLC, auquel mon cher ami Tom de Lorenzo se réfère toujours comme le Centre de Mensonge de la Pauvreté Soviétique.>>

A suivre...

Thursday, October 19, 2017

Une constitution ne « garantit » pas la liberté

La liberté, par définition même, est affaire de droit. Dire que ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui, c’est dire que je suis libre quand j’ai le droit assuré de pouvoir faire ce que je veux et peux avec ce que je possède, et que je respecte ce même droit pour autrui. La liberté, qui contient comme on le voit l’égalité, est le cœur de l’harmonie sociale et le socle de la pleine fraternité.

La liberté, et donc la vie sociale, repose donc simplement sur deux mots : le « droit », pourvu qu’il soit « assuré ». Au passage, il est désespérant de voir à quel point les politiciens sont talentueux à nous faire croire que les choses seraient en fait tellement plus compliquées que ce simple bon sens.

Ce droit très simple et palpable est ce qu’on appelle le « droit naturel ». Conséquence directe de l’existence des relations sociales, il est un préalable à l’organisation sociale de la liberté – ce qui est la question de « comment l’assurer ». La réponse officielle tient pourtant dans une « constitution ».

Ainsi, la constitution « garantirait » la liberté des citoyens – le verbe « garantir » n’est pas de moi, bien au contraire et c’est là tout mon sujet. Car il y a plusieurs contradictions profondes dans cette idée qui pourtant – mais est-ce un hasard ? – est à la base de toutes les « démocraties » de notre monde, avec les résultats, pardon, les échecs qu’on peut constater chaque jour que l’actualité fait.

Une constitution serait nécessaire pour définir, cadrer, limiter et séparer le et les pouvoirs, pouvoir qui servirait donc à assurer cette fameuse liberté en remettant les contrevenants dans le « droit » chemin. Le pouvoir de contraindre serait donc contraint par un document dont le pouvoir propre vient lui-même on ne sait trop d’où. Ah si, suis-je bête, nous le signons tous à notre majorité, non ? Le méchant pouvoir serait donc limité par ce qu’il doit lui-même consacrer. Circularité ridicule.

Plus sérieusement et plus concrètement, revenons sur le mot « assurer ». Une constitution part du principe que nous ne pourrions pas assurer notre liberté par nous-mêmes, qu’il faut quelque chose d’extérieur, voire de supérieur pour nous obliger à respecter ce qui fait pourtant l’objet même de toute vie sociale. Mais quand il s’agit de besoins encore plus primaires, comme celui de se nourrir, il me semble bien que nous nous débrouillons par nous-mêmes et cela avec un certain succès, non ?

Pas besoin d’un bout de papier sacralisé pour que le marché et le commerce nous trouvent toutes les solutions que sont les restaurants, les boulangers, bouchers et foule d’autres artisans ainsi que toute la chaîne logistique qui assure la fourniture des produits frais là où on les attend, sans que personne jamais n’ait légiféré ni qu’un gouvernement ait décidé d’un menu ni de notre alimentation. Alors si le marché fonctionne pour notre nourriture, pourquoi ne pourrait-il pas « assurer » notre liberté ?

Ces questions de la légitimité d’une constitution et de sa nécessité sont de vraies questions, et la vie de tous les jours montre combien les choix historiques ont abouti à des errements. Mais il y a une question plus essentielle encore quant à la nature de la liberté. Le pseudo-libéral Gaspard Koenig nous a mis sur a voie il y a quelques jours à peine, par une énigme : « La société a un rôle à jouer dans lequel l’État à sa place comme garant de la liberté, et non pas comme gardien de l’intérêt général. »

L’état n’a pas sa place envers la liberté, car l’état est l’inverse de la liberté, lui qui nous contraint sans nous laisser le droit de tenter de lui échapper. Ni lui ni sa constitution ne peut nous la garantir, car on ne garantit pas la liberté. On la prend, on la réalise, on la fait, on la vit. En réalité, la liberté est sa meilleure propre garantie, car seule la dynamique de marché qu’elle permet est de nature en retour à faire émerger l’organisation des services et produits qui permettent à chacun d’assurer… sa liberté.

Tuesday, October 17, 2017

Macron nous prend-il pour des enfants ?

Ainsi, selon les nouvelles du jour, Macron prétend se lancer dans la lutte contre la pauvreté des enfants. Quel bel élan de générosité, tous ceux passés avant lui n’y ont pas pensé, les idiots. Il est vrai que de voir tant d’enfants pour lesquels avenir et présent ne sont pas aussi roses que la croissance mondiale le laisse supposer est une chose bien triste, méritant l’énergie de notre jeune Président.

Un premier niveau de réflexion conduit cependant très vite à s’interroger sur ce que peut bien signifier concrètement la « pauvreté des enfants ». La pauvreté, comme la richesse, est une chose très difficile à définir et à matérialiser. J’ai l’habitude de dire qu’il y a toujours en un pays 50% de riches et 50% de pauvres, c’est la seule certitude. C’est encore plus vrai pour des enfants qui le plus souvent n’ont aucun revenu et sont en pleine acquisitions de ces compétences – de plus en plus maigres grâce à l’Education nationale – qui leur serviront justement pour prétendre à des revenus.

S’attaquer à leur pauvreté, dès lors, qu’est-ce que ça peut vouloir dire ? A très court terme, il peut prendre un hélicoptère pour leur jeter des billets, à eux ou à leurs parents. Ou les mettre sous la perfusion de quelque subside artificielle, une de plus, financée on ne sait trop comment – ou plutôt si, on le sait : avec un peu plus d’impôts qui contribueront eux à appauvrir d’autres enfants. Ou alors, il peut décider de leur donner un travail, à eux ou à leurs parents. Mais là encore, on va inventer des postes qui n’existent pas, ou on va obliger les entreprises à y mettre des parents incompétents, donc à appauvrir un peu plus ces entreprises-là, et donc nous tous en bout de chaîne. Effet inverse, donc.

La pauvreté des enfants ne peut se corriger qu’à long terme, donc, ce qui est peu compatible avec la nature volatile de l’agenda de tout politicien. Macron devrait ainsi au moins se demander ce qui a causé la pauvreté des enfants, alors que nous sommes dans un monde où le niveau de vie est censé croître continuellement et pour tous. N’importe quel économiste un peu sérieux, depuis Bastiat il y a 170 ans, saura y diagnostiquer la conséquence de l’interventionnisme économique maladif et puéril que pratique la classe politique aveugle depuis au moins la Seconde Guerre, tous partis confondus.

Car finalement, à y réfléchir juste un peu plus, éviter la pauvreté des nouvelles générations, leur assurer, et non pas leur construire, une société et un environnement socio-économique qui leur permettront de trouver leur voie et ainsi leur prospérité, économique et morale, n’est-ce pas là le rôle même, le rôle fondamental de tout gouvernement et élite qui se respectent ? Comment est-il possible que cet objectif en soit un, ce qui veut dire qu’il ne va pas de soi ? Et comment est-il possible qu’on l’exprime d’une manière laissant penser que la solution non plus ne va pas de soi ?

Cette décision de Macron est un excellent test, finalement. Soit elle est le reflet de la décadence intellectuelle et morale avancée où se trouve notre classe politique quant à son objet même. Soit il connaît la réponse et prétend la faire avancer, masquée sous un « noble » prétexte bien gauchisant. Vu que le sujet sort du chapeau tout d’un coup, il y a fort à parier que le second cas est improbable.

Wednesday, October 11, 2017

Quand nul n’est censé ignorer la loi, la liberté est ignorée

Nous connaissons tous ce précepte qui nous est inculqué pendant notre endoctrinement scolaire : nul n’est censé ignorer la loi, nous dit-on. Il s’agit d’un principe essentiel de l’échafaudage juridique du pays, puisqu’il permet à tout policier, bureaucrate ou autre officier de l’état de pouvoir s’appuyer sur nos nombreux « codes » et autres textes législatifs pour exiger notre obéissance et nos impôts.

Le choix du terme de « loi » a son importance. On ne dirait pas « nul n’est censé ignorer le droit », et on ne dirait pas non plus « nul n’est censé ignorer la législation ». La « loi » est essentiellement la même chose que l’ensemble de la « législation », mais avec deux nuances fortes. Elle embarque avec elle tout l’appareil des institutions et du fonctionnement de l’état : on ne peut prétendre ignorer qu’il faut obéir à un policier ou passer devant un notaire pour vendre un bien immobilier, par exemple. Plus psychologique, le concept de « loi » est plus abstrait et englobant, c’est un fourre-tout couvert d’une aura presque religieuse qui permet au précepte d’avoir bien plus de force envers le citoyen.

Pour le « droit », c’est très différent. Tout le monde sait plus ou moins consciemment ce qu’est son droit – et non « ses droits » : chacun sait qu’il ne doit ni voler, ni agresser, ni tuer et s’attend sans plus de question à ce qu’autrui fasse de même. C’est là la base éternelle de la justice humaine.

Au quotidien, chacun de nous – du moins les gens honnêtes – interagit avec les autres en respectant ce droit. Parfois, on échange, on monte des affaires, on fait des projets qui nous conduisent à passer des contrats avec d’autres, qui font de même pour leurs affaires. À tout moment donc, chacun de nous sait très bien à quoi il est engagé et donc quel est l’ensemble des obligations qu’il a prises et qui déterminent ce qu’il est « censé savoir » en matière de « droit » et de devoirs envers ce monde.

Mais alors, puisque nous savons toujours et à tout moment ce qui fait notre « loi » propre, et que peu ou prou nous connaissons les bases des règles générales de fonctionnement de ce pays, pourquoi ce besoin de nous asséner avec conviction ce précepte de connaissance de la « loi » ?

La réponse est évidente, hélas : parce que nous sommes dans un pays où une foule, des générations de députés et autres bureaucrates ont produit tant de textes qu’il est dans la pratique impossible de tous les connaître – et en plus, ils le font sans nous demander la permission ni nous en informer.

Et ce n’est pas là un phénomène accidentel, mais volontaire : il est très utile pour les hommes de l’état que la masse de la législation nous déborde : cela leur permet d’être sûr qu’aucun de nous n’est jamais sans tache et parfaitement en règle vis-à-vis de l’ensemble infini des lois en vigueur, ce qui permet d’être sûr de trouver une faille qui permette d’arrêter les récalcitrants ou rebelles.

Ainsi, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire à l’école, on peut être sûr que tout pays où « nul n’est censé ignorer la loi » est un pays où en réalité « nul n’est à l’abri de l’arbitraire de la loi ». Dans un pays libre, il n’y a pas de loi, mais il y a le droit et des contrats : nul n’a de mauvaise surprise.

Corruption : active ou passive ? Les deux vont toujours ensemble.

La corruption est depuis longtemps identifiée comme un des maux des sociétés et tout spécialement des démocraties contemporaines. On appelle à la « transparence », on chasse la corruption « active » et la corruption « passive » et les groupes de pression, ou « lobbies », ont fort mauvaise presse.

Le capitalisme de connivence, celui où la trop grande proximité des hommes d’affaires et du pouvoir politique et bureaucratique leur donne des privilèges de fait au détriment de l’ensemble du marché, ce capitalisme malsain est un des grands symboles de la corruption que combattent les libéraux.

Pourtant, des affaires complexes, telle la position privilégiée dont Monsanto bénéficie en matière de semences ou OGM, cachent sous une apparence d’abus de pouvoir une réalité plus subtile.

Wikipedia voit la corruption selon ses acteurs : « La corruption est la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa bienveillance. » Deux choses frappent dans cette définition.

On voit tout d’abord que la relation n’est pas équilibrée. Le dernier mot dit tout : « bienveillance ». Ce mot suppose une forme de pouvoir, celui de fermer les yeux ou d’informer, celui de ne pas user de son pouvoir, celui d’être agréable ou pas, selon l’humeur ou l’arbitraire. Sans ce pouvoir, cet « avantage » qui est l’objet de la négociation, voire de la séduction, n’en serait pas un. Sans pouvoir, il ne pourrait y avoir corruption, la situation serait une simple transaction, un échange commercial.

C’est d’ailleurs bien ce qui se passe in fine : la corruption n’est jamais qu’un acte commercial, où une personne en position de fournir une gratification statutaire l’échange contre une valeur en monnaie ou en nature. C’est la version sordide du marché, en version non libre, où il est fait littéralement commerce des produits du pouvoir. Mais comme dans le marché normal, tout cela n’est possible qu’à condition que les deux acteurs individuels tombent d’accord sur les termes de l’échange.

Il est donc inapproprié, et même trompeur, d’opposer corruption « passive » ou « active », puisque dans tous les cas de figure, le bureaucrate est tout autant acteur et actif de la fraude que peut l’être le bénéficiaire de sa « bienveillance ». Il est donc injuste de condamner ou de blâmer un seul des deux acteurs pour corruption, fût-elle « passive » ou « active », car cette distinction n’a pas de sens.

De plus, sous l’angle moral cette fois, les deux acteurs ne sont pas au même niveau. Car si le citoyen concerné vient commercer avec une somme dont rien ne permet de dire a priori qu’elle est d’origine malhonnête, il n’en est pas de même du bureaucrate. Dans son cas, les faveurs dont il fait commerce sont toujours les produits de taxes, inflation, arbitraire et autres abus de pouvoir de faible moralité.

Il est comique enfin de voir que la lutte anti-corruption, quand elle est authentique et sincère, est une lutte de la part du pouvoir politique en faveur du capitalisme pur et libéral, puisque celui-ci correspond au marché libre dont toute forme de pouvoir et de politique est absente – un marché où la corruption est impossible. Or le capitalisme pur et libéral est l’antithèse, le pire ennemi du pouvoir.

Pour revenir aux lobbies et groupes de pression, leur critique systématique prend évidemment une autre teinte une fois l’analyse précédente en tête. Le terme ne veut plus rien dire puisqu’il ne montre qu’un des deux côtés du scandale. On imagine ainsi souvent des groupes de diplômés allant à l’assaut des députés européens pour favoriser un texte de loi à venir au profit de l’entreprise ou du secteur d’activité qu’ils représentent. Et on aura raison, mais à condition de ne pas oublier les députés.

Et de même il ne faut pas oublier toutes ces communes où les associations sportives ou culturelles vantent leurs charmes aux conseillers municipaux dans l’espoir d’obtenir qui une salle qui une subvention, ou l’usage d’un terrain de sport. Les lobbies et groupes de pression sont partout où il y a pouvoir, mais ils ont toujours en face d’eux les bureaucrates qui les nourrissent et qu’ils nourrissent. Ils ne sont que la simple conséquence de la structure étatique de notre société. Si, pour atteindre un objectif qui devrait normalement n’être que d’ordre économique il faut passer par les méandres de la bureaucratie, est-ce la faute des acteurs économiques ou plutôt celle des bureaucrates ?

L’exemple a été pris de Monsanto, qui par son lobbying à Bruxelles se construirait ainsi un monopole. L’analyse précédente montre qu’aucune entreprise, aussi grosse soit-elle, ne peut seule se construire un monopole. C’est au bout du compte les élus et eux seuls qui portent la responsabilité d’avoir laissé rédiger et proposer, puis de voter des textes (lois, décret, directives ou autres) qui établissent le monopole en question. Aucune entreprise ne peut disposer d’un monopole sans une loi, votée.

A cette lumière, Monsanto tente sa chance et clairement cette démarche est le signe d’un manque de scrupules et d’une moralité peu recommandable. Certes. Mais il demeure que ce n’est jamais Monsanto qui établit les lois dont cette entreprise profite. Les dirigeants de Monsanto – ou de toute autre entreprise pratiquant le capitalisme de connivence – sont des gens de peu de scrupule, mais qui ne peuvent rien sans la « bienveillance » des « agents » en place leur octroyant ces monopoles.

Certains défendent les bureaucrates qui, souvent mal payés, finiraient par céder devant les offres alléchantes des « sales capitalistes ». Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas acceptable pour autant. Et c’est pour cette raison même que les libertariens considèrent que la meilleure façon – la seule en fait – de régler la question de la corruption, consiste à supprimer intégralement toute bureaucratie. Ce faisant, capitalistes scrupuleux ou pas, il n’y aura plus de tentation à acheter un privilège, puisqu’il n’y aura plus de privilège ou de bienveillance issue de taxes et autres abus de pouvoir à monnayer.

Citations

« Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue. » -- Lord Acton

« Plus l’État est corrompu, plus il y a de lois. » -- Tacite, Annalium, III.

« La pire des lois reste meilleure que la tyrannie bureaucratique. » -- Ludwig von Mises

« "Il y a un paradoxe : un pays peut être énormément étatisé sans être gouverné. La France est un pays sur-étatisé mais sous-gouverné. » -- Jean-François Revel

Tuesday, October 10, 2017

Le journalisme, quatrième pouvoir ?

En théorie, selon la légende, le journalisme serait le fameux « quatrième pouvoir », celui de notre information et donc la source de la vigilance indispensable envers les autres pouvoirs. C’est un rôle essentiel dans une société disposant de quelque liberté. Or la crise des médias fait rage depuis une vingtaine d’années, largement due à la concurrence du numérique et du web, mais pas uniquement. A ce titre, le phénomène de Facebook et des blogs personnels a également bouleversé le paysage et les conventions en matière de métiers et de marché de l’information. Sans compter bien d’autres nouveautés et facettes encore, comme les encyclopédies en ligne et la messagerie instantanée.

Ce phénomène du bouleversement des médias n’est pas en soi une attaque ou remise en cause du journalisme, ce n’est qu’une mise en concurrence des médias au sens littéral, au sens du support vecteur de l’information. Internet et le web viennent casser l’organisation historique des journaux locaux en rendant négligeable le coût d’accès à n’importe quel journal online à l’autre bout du monde. Mais il faut encore des journalistes pour créer le contenu des journaux en ligne – ou papier ?

On a donc une révolution en matière de concurrence. La mise en ligne des journaux fait que chacun a soudain un choix de lecture considérablement multiplié. Là où l’on pouvait choisir entre 5 à 10 quotidiens, on dispose soudain de centaines de titres pour peu qu’on parle 2 ou 3 langues. Ce faisant, les mauvais disparaissent, et c’est tant mieux. Mécaniquement, le nombre de journalistes suit la baisse du nombre de titres. Vient en plus la concurrence des blogueurs, des « nouveaux médias » et réseaux sociaux. Puis vient la seconde concurrence, celle du contenu, question plus fondamentale.

La qualité et la pertinence du contenu est déterminante, les blogs et autres nouveautés numériques ne changeant rien à ce critère. C’est là l’enjeu de la concurrence à l’échelle mondiale du marché de l’information. C’est d’une grande banalité : le journaliste n’est qu’un acteur économique comme les autres. On décide d’investir dans une lecture. Il faut donc qu’on y voit un intérêt. Et le journaliste ou blogueur doit répondre à cet intérêt. Et le quatrième pouvoir dans tout cela ?

Le terme de journaliste recouvre en fait des rôles, fonctions, activités, qualités très variées et très différentes, qui vont de la simple reprise d’annonce d’agence de presse à l’éditorialiste à la limite du philosophe en passant par l’animateur de shows médiatiques. Le blogueur dans cette réalité n’est qu’une nouvelle variante pour le lecteur. Le fait que l’un ait une carte de presse, soit passé par une école de journalisme et probablement pas l’autre ne change pas grand-chose à l’affaire. In fine, il transmet une information qui répond ou pas à une attente des lecteurs. Le lecteur ne juge qu’à travers le prisme de la qualité de la réponse à son attente, pas celui du statut – ou rarement. Son rôle réel, non idéalisé, n’est donc pas un contre-pouvoir, mais une source d’informations qualifiées.

Le journalisme, collectivement, peut plus probablement jouer ce rôle de quatrième pouvoir. Mais à condition d’être véritablement indépendant des autres pouvoirs, justement. Or aujourd’hui, en France mais aussi à bien des égards à l’étranger, le journalisme collectivement ne joue plus son rôle d’aiguillon du pouvoir, et depuis très longtemps. Depuis que les subventions le musellent. La mode est même à aiguillonner le capitalisme à la place – ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais le problème c’est d’oublier le reste. Il est ainsi frappant que la presse ne s’intéresse désormais plus à la liberté des Lumières et se trompe à ce point en matière d’égalité, pour être à « 94% de gauche » (Référence à un article paru dans Libres ! et à un sondage publié par Marianne, le 23/04/2001).

Le rôle du journalisme consiste donc à vendre de l’information à qui veut l’entendre. Point. Ce n’est pas de servir de manière institutionnelle ni de manière garantie de « quatrième pouvoir », qui serait l’aiguillon du pouvoir, justement. Il n’y a pas de rôle institutionnel du journalisme et c’est très bien – les gens peuvent et même doivent ainsi réfléchir par eux-mêmes. Libres des infos subventionnées.

En fait, ce contre-pouvoir supposé réside désormais dans la liberté et l’indépendance des autres « pouvoirs » qu’Internet et son marché libre de l’information offrent. Pourvu que ça dure.

Une crainte que beaucoup expriment tient à la garantie de compétence qui serait associée à la formation du « journaliste ». Vu le constat s’agissant du journaliste moyen, cette « garantie » semble loin d’aller de soi. Si en France il y a des écoles de journalisme, avec en point d’orgue l’orgueilleuse Science Po, ce n’est pas la règle partout et cela ne semble pas empêcher les pays du monde d’avoir des journalistes – plus ou moins – dignes de ce nom. La compétence dans ce domaine comme dans d’autres se voit au pied de l’ouvrage et se juge par ses pairs et surtout par le marché. Heureusement, il y a de nombreux autodidactes devenus de grands journalistes, la compétence suit divers chemins.

De plus, le cas de Science Po est proche de la caricature. Quand on voit combien de journalistes en France sont profondément incompétents en matière de sciences politiques et surtout d’économie, on en vient à douter de l’intérêt de les avoir faits passer par ce sanctuaire d’un modèle dépassé.

L’autre grande question, directement liées à la précédente, touche aux critères qui font la confiance accordée aux informations. En pleine période post-campagne Clinton-Trump, le sujet des fameuses « fake news » est un sujet brûlant, où même les réseaux sociaux contribuent au trouble. La réponse est assez simple en fait, et dépend peu du simple vecteur qu’est le journaliste : il n’y a aucun moyen systématique de distinguer les faux, sauf exceptions. Mais il est important au moins de savoir faire le lien entre la catégorie de l’information et l’attitude et la démarche à avoir envers sa vérification.

Par exemple, la majorité des « journalistes » sont formés à penser que tout le domaine de la théorie économique n’est pas une science et donc que tout y est relatif et largement fondé sur des opinions d’experts plus ou moins clairvoyants. Or il n’en est rien, la théorie économique autrichienne est tout ce qu’il y a de scientifique. Or les journalistes, mal formés, n’en soupçonnent même pas l’existence.

Et lorsqu’un journaliste est ainsi surpris à dire trop souvent des bêtises, il finit par perdre la confiance de ses lecteurs. Ce n’est pas plus compliqué. Ainsi, un journal porte une marque – Le Canard Enchaîné, par exemple. Cette marque est porteuse de confiance et chaque article de chacun de ses journalistes vient entretenir – ou ternir – cette image, chaque jour. La compétence fait tout.

Enfin, il convient de s’inquiéter de la pluralité et de l’indépendance des capitaux qui financent. Le risque n’est pas tant qu’un « journaliste » dise du bien de Microsoft, de Google ou de Total si ceux-ci le financent en partie. Ce serait de la publicité sous un autre nom, et le tricheur sera vite repéré. Par contre, celui qui flatte un Hollande, un Mélenchon voire un Lénine est un plus clair danger. Et c’est dans ce domaine de la collusion avec le politique que la question des finances est la plus aiguë.

Le problème financier du journalisme n’est pas son indépendance des capitaux privés, mais son indépendance des subventions étatiques qui ligotent sa critique du pouvoir politique. Or quand on regarde la part des subventions dans les revenus de la presse en France, on a vite compris qu’il n’est possible d’imaginer aucun média « mainstream » en capacité de critique du pouvoir. Quelle surprise.

Citations
« Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. » -- John Fitzgerald Kennedy

« Si l’on était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. ... l’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. » -- Milan Kundera

« En des temps de tromperie, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » -- Georges Orwell

« Dans la Pravda, il n’y a pas la vérité, dans les Izvestia, il n’y a pas les nouvelles. » -- Proverbe soviétique

« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » -- Coluche

Sunday, October 8, 2017

Intimité sur le Net : Protection des données personnelles ?

L’arrivée de l’informatique, puis celle d’Internet et l’explosion du web et des réseaux sociaux ont fait le renouveau de la question, éternelle, du risque d’abus, voire de violence, envers l’individu suite à l’accès de malveillants à des informations sensibles le concernant, ses « données personnelles ».

Or, si ce risque est réel et croissant avec la puissance de recherche des réseaux, il est souvent très mal compris et très mal exposé. Comme l’affaire Edward Snowden l’a récemment montré, le méchant n’est pas forcément celui qu’on pense, ou surtout, pas toujours celui qu’on nous présente.

Il n’y a qu’un nombre limité de pays qui disposent de lois en matière de « protection des données personnelles ». Les affaires connues (Snowden, Prism, fichiers policiers) montrent que ce n’est pas toujours, loin s’en faut, dans ces pays-là que la question semble la mieux réglée. Quelle surprise !

La plupart de ces textes commettent des erreurs profondes de conception, à plusieurs niveaux. En France, la loi s’obstine à tenter de caractériser une donnée sensible, alors que seule la personne concernée ou celle manipulant ses données peuvent en connaître toutes les facettes et les risques associés. Presque partout, on s’obstine à établir des moyens de protection, mais qui sont trop précis pour pouvoir suivre les évolutions technologiques ou géographiques. De plus, on rend inefficaces les techniques de protection les plus performantes – le chiffrement – sous de faux prétextes de raison d’état. Enfin, tous ces textes tendent à déresponsabiliser les entreprises et les administrations par un glissement de leur pleine responsabilité envers leurs clients vers une conformité envers des textes arbitraires et figés, alors que la sécurité n’a de sens que dans le cadre dynamique du service rendu.

Mais surtout, toutes ces lois inversent la logique. Elles se trompent de menace – et c’est flagrant en France. Car le risque ne vient jamais de l’abus que les sociétés commerciales peuvent faire de l’accès à nos données : je ne crains pas qu’un supermarché me propose des produits sur mesure, bien au contraire. Ni même qu’une entreprise pharmaceutique me propose un nouveau médicament adapté à ma maladie. Par contre, je n’aimerais pas que la police ait accès à mes données de localisation. Il ne faut jamais l’oublier, l’ennemi, le seul, c’est l’état. C’est de lui qu’il s’agit de protéger nos données.

Ainsi, en France, la CNIL est supposée veiller à la protection de mes données. Mais elle ne le peut pas, et en réalité ne le fait pas. Ses fondements sont triplement erronés. Elle tente de caractériser a priori ce qui ferait une donnée personnelle – téléphone, adresse IP, adresse postale, etc. Or seul l’individu, ou l’organisation exploitant ses données, peut savoir ce qui les caractérise. Ma fille a une maladie orpheline ; elle sait en réalité mieux que 99% des médecins quelles informations pourraient conduire à sa mise en danger éventuelle. Dans la santé, aucun juriste ne pourra jamais tout imaginer.

La CNIL tente d’exiger des mesures de protection, par exemple quant au pays où se trouvent les données. Qu’on m’explique, alors que nos données se trouvent tout simplement n’importe où, en quoi le pays apporte quoi que ce soit à la sécurité, vue d’un individu ? Se faire « voler » ses données serait moins pénible au soleil de France ? Non seulement cela ne protège en rien, mais cela accroît le risque d’immixtion par l’état local. Et comme toute mesure protectionniste, cela crée des surcoûts pénalisant les prestataires et en bout de chaîne la sécurité des clients, ou le coût. Moins on laisse la concurrence jouer, moins le marché est poussé à améliorer sa sécurité par la pression de la clientèle.

Surtout, la CNIL ne peut rien contre le politique, dont elle est le bras. On ne compte plus le nombre de fichiers plus que suspects mis en place par le pouvoir contre lesquels la CNIL n’a rien fait d’autre que fermer les yeux – parce qu’elle n’a pas le pouvoir ni l’indépendance pour s’opposer aux élus.

On rencontre bien des inquiétudes sur les réseaux de la part de gens qui apportent crédit aux lois et organisme étatiques, du moins à la tendance à la progressive mise sous tutelle légale du Net.

Un des premiers prétextes est relatif à la disparition de toute confidentialité sur le Net – surtout depuis l’ouverture généralisée des systèmes sur et via Internet. Or le Réseau n’a pas été « sécurisé », car cela n’a jamais été son rôle, son objet. Internet est un simple réseau de transport, très basique et élémentaire, et cela par volonté et par conception. C’est un réseau ouvert, ce qui précisément fait sa force, car cela a permis une interconnexion aisée et donc universelle des systèmes et applications. En contrepartie, c’est à leur niveau que doit se sécuriser la donnée, car c’est là que la sécurité a du sens.

Or la sécurité, donc la confidentialité ou l’anonymat, n’est pas un besoin homogène des données. Certaines données doivent être accessibles par tous, d’autres seulement par certains groupes et d’autres encore par leur seul propriétaire. C’est en réalité à chaque application et donc à chaque entreprise ou organisme concepteur ou responsable des données de prendre la responsabilité de configurer une sécurisation adaptée – et toutes les solutions technologiques existent pour cela.

Un des grands prétextes, dès son origine, à créer la CNIL et depuis à produire de la législation, porte sur la crainte que les entreprises risquent d’abuser de nos données personnelles. Cette idée est un mythe, du moins le risque est-il sans commune mesure avec le risque d’abus par les états – et on le voit bien à l’analyse de l’origine des grands mouvements « cybercriminels » de ces derniers mois. L’entreprise privée pourrait donc durablement abuser ses clients ? Quel est donc le danger concret ?

On peut imaginer que Carrefour triture la masse de données d’achat dont ils disposent à mon égard pour me proposer d’acheter certains produits. Et alors ? Je peux même imaginer qu’on utilise mon génome pour me proposer des médicaments. Mais de même, quel est le risque ? Que j’achète ce que je ne devrais pas ? Qu’ils le fassent savoir à tout le monde ? Quel intérêt pourraient-ils bien avoir ? Ah oui, celui, comme Apple, de faire plaisir ou d’obéir au gouvernement ou aux bureaucrates ? Certes, mais le danger est dans ce cas dans l’abus que fait le gouvernement, malgré les lois.

Le risque de « dérapage » de la part d’une entreprise, ou d’un de ses agents, existe bien sûr et il existera toujours – le risque zéro n’existe pas. Il est de ma responsabilité propre de m’en prémunir, par exemple via une assurance, ou en exigeant de ces entreprises qu’elles sécurisent mes données. Par contre, si la police me suspecte ou simplement cherche les conducteurs qui ont dépassé la limitation arbitraire de vitesse sur autoroute, il vaudrait mieux qu’elle n’ait pas accès aux données de routage de mon téléphone portable, par exemple. Ces questions portent un danger bien plus réel.

Autre grand domaine de crainte, le « Cloud Computing » et son flou suscitent beaucoup de questions notamment juridiques. Comme le phénomène du « Big Data », cette famille de nouveaux paradigmes implique une perte de la maîtrise traditionnelle sur le contrôle direct des données. On voit arriver ainsi très vite un monde où l’accès à des données à l’échelle du monde entier rendra potentiellement possible pour tout le monde de trouver tous les renseignements imaginables sur chacun de nous.

Mais il n’y a là aucun danger nouveau ni aucune réponse nouvelle à apporter. La meilleure manière de ne pas pouvoir trouver des données sensibles, c’est qu’elles ne soient pas sur le Net ou du moins si elles y sont, qu’elles soient protégées à la source. Par exemple, beaucoup s’inquiètent qu’il soit possible de trouver facilement leurs anciennes photos. Ou leurs méfaits. Ou leurs dires. Mais il ne fallait pas les publier, tout simplement. Une donnée se sécurise en amont, toujours. Après, trop tard.

Citations

« Si vous ne voulez pas que votre vie privée soit violée, ne soyez pas l’auteur de cette violation et ne devenez pas la victime d’une version modernisée de « l’Arroseur arrosé ». -- Roseline Letteron, Professeur de droit public, Université de Paris-Sorbonne

« Lorsque vous dites 'le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n'ai rien à cacher', cela ne fait aucune différence avec le fait de dire 'Je me moque du droit à la liberté d'expression parce que je n'ai rien à dire', ou 'de la liberté de la presse parce que je n'ai rien à écrire'. » -- Edward Snowden

« Aucun système de surveillance de masse ayant existé dans une société, dont on ait connaissance à ce jour, a échappé à des abus. » – Edward Snowden

« A conflict is only possible if goods are scarce. » (Un conflit n’est possible que lorsque les ressources sont rares.) – Hans Hermann Hoppe, The Ethics and Economics of Private Property

Saturday, October 7, 2017

Il y a toujours 50% de riches et 50% de pauvres

On nous rebat constamment les oreilles de trop de « riches » et surtout de trop de « pauvres ». Pourtant, personne ne se dit jamais « riche » et la plupart des gens se diront plutôt proches ou sympathiques des « pauvres ». Alors, qui est « riche » et combien comptons-nous de « riches » ?

Avez-vous remarqué qu’à part quelques personnalités qui d’ailleurs s’en défendent, il y a très peu de « riches » et que nous nous pensons tous comme les « pauvres » de quelqu’un ? Je suis certainement plus « pauvre » que feue Liliane Bettencourt, mais elle-même fut une misère comparée à un Bill Gates ou à un Jeff Bezos, le nouveau lauréat du très temporaire record de la fortune personnelle.

Certes, mais des vrais « pauvres », cela existe et ne peut être contesté, n’est-ce pas ? Il est vrai qu’on voit de nombreux SDFs dans le métro. Mais sont-ils plus ou moins « pauvres » que ces gens qui survivent au fin fond des forêts amazonienne ou de Nouvelle Guinée ? Ou dans les nombreux bidonvilles de ces pays au soleil où la misère serait moins pénible ? A voir le nombre de SDF munis d’un téléphone ou d’un animal de compagnie, la question, même si déplaisante, fait… question.

Il se pourrait donc bien qu’un « pauvre » chez nous ne soit pas si « pauvre » ailleurs ». Ou à une autre époque : pendant la Seconde Guerre, l’immense majorité des Français en ville ne mangeaient pas à leur faim. Comme hélas bientôt la majorité des Vénézuéliens – le pays des amis des « pauvres » ?

On nous parle de « riches » et de « pauvres », mais ni les uns ni les autres n’existent. Personne ne porte en clair sur son état civil le qualificatif de « riche » ou « pauvre ». On nous affirmera que le nombre de zéros du compte en banque reste quand même une mesure objective de la « richesse ». Sauf que ceux qui avancent cet argument se veulent souvent en même temps non matérialistes, et qu’il n’y a pourtant rien de plus matérialiste que de ne mesurer la « richesse » en euros ou dollars.

La « richesse » est dans les esprits, nous dira-t-on. Ou bien, la chanson nous dit qu’on n’est « riche que de ses amis ». Alors, ça veut dire que tous mes amis sont « riches » aussi, et les autres sont tous « pauvres » ? Même si les gens que je n’aime pas ou que je ne connais pas ont des amis eux aussi ?

Finalement, on le voit bien, la seule manière objective de compter qui est « riche » ou « pauvre », c’est par 50% : couper la population en deux parties égales : la moitié des plus « riches » d’un côté » et la moitié des plus « pauvres » de l’autre. Deux parties égalent en nombre, parfait ! Mais inégales en « richesse », mince. Comment faire ? 50%, oui, voilà ! Chacune des deux moitiés peut être encore coupée en deux. Et ces deux moitiés coupées encore, et encore. Décidément, la « richesse », c’est 50% évident et 50% compliqué. Il vaut mieux être « pauvre », peut-être, c’est bien plus simple.

Même Insoumis, les députés nuisent aux pauvres

Les dernières législatives ont vu entrer tout une vague de rigolos au sein de l’assemblée dite nationale, dont les quelques députés se revendiquant « Insoumis » sont probablement les plus remarquables par leur ubuesque. Tous mélenchonistes, ils se veulent venir en l’hémicycle pour défendre les pauvres, les travailleurs et en vrac tous ceux qui rougissent à la vue d’un « riche ».

Rappelons à quoi sert un député, en cette « république » : voter des lois. Dans cette démocratie, cette fonction, ce privilège législatif est probablement ce qui est vu comme le plus noble. Le député bénéficie d’ailleurs d’une immunité qui illustre bien à mon avis le pinacle où le système le pose.

Pourtant, il n’y a rien de plus immoral que de voter des lois, rien de plus liberticide. Une loi, c’est une contrainte conçue par une poignée d’incompétents, le plus souvent idéologues et dogmatiques, qui vise à imposer ledit dogme à une population qui n’en veut pas, puisqu’elle n’a pas déjà auparavant spontanément choisi d’en suivre la « vision ». Voter une loi consiste donc à se parer d’une légitimité d’apparat et factice pour imposer au citoyen ce dont il ne veut pas – sauf peut-être une minorité.

Il y a cependant une exception à ce raisonnement, qu’il faut souligner et rappeler tant elle est peu mise en œuvre dans les faits : le vote pour abrogation. Les rares fois où un député vote pour abroger une loi, il inverse la logique précédente et de ce fait libère un peu ses citoyens. Une figure célèbre de cette doctrine libérale est sans doute Ron Paul aux Etats-Unis, connu comme « Dr. No » parce que durant sa longue carrière à la Chambre des Représentants, il n’a voté que pour alléger la loi.

A cet égard, les « insoumis » sont spécialement avides de lois. S’ils avaient la majorité à la Chambre, ils auraient tôt fait de légiférer pour rigidifier qui le code du travail, qui la fiscalité, qui le système de santé et de « protection sociale », et bien d’autres domaines sans aucun doute. Mélenchon parle de notre bonheur et veut le faire au point où il nous soit insoutenable, comme dans l’œuvre d’Ira Levin.

Or ce que ces députés ne voient pas, ou ne veulent pas voir, c’est que plus il y a de lois, plus les coûts sociaux explosent. Pour mieux le voir, imaginons une petite entreprise, une de celles qui font le tissu social et qui sont à l’opposé des multinationales détestées par les insoumis. A chaque nouvelle loi, le patron est face à un dilemme. Ne pas se mettre en conformité et prendre le risque d’une amende ou pire d’une condamnation. Ou engager du temps et des frais pour se mettre en conformité. Dans les deux cas, c’est du temps et de l’argent perdus, donc de l’appauvrissement et donc une capacité moindre à payer et récompenser des salariés. Ou alors, ce sont des produits plus chers, ce qui pénalise in fine le « pauvre » bien plus que le « riche ». Le pauvre perd toujours au jeu du social.

La même chose est vraie de la multinationale, elle aussi doit dépenser pour sa conformité. Mais la grosse entreprise est mieux organisée, elle sait se défendre, et en proportion de son chiffre d’affaire, les surcoûts sont moins pénalisants. La loi renforce donc la multinationale, bien plus que la PME.

De plus, dans ce phénomène de renforcement des grosses entreprises par la loi, le gauchisme pousse l’employé hors de la PME, où la dimension humaine rend le dialogue social possible, vers de grosses machines où les processus de « ressources humaines » ressemblent plutôt à un dialogue de sourds.
Bien sûr, l’argument « insoumis » consistera à contester cette logique économique. Le salaud reste pour eux le patron qui refuse de prendre sur sa propre rémunération les coûts mis en avant. Logique imparable, il faudrait plus de petites entreprises, mais qui soient libérées de leurs salauds de patrons.

On comprend donc le paradoxe, pour ne pas dire la schizophrénie ou le mensonge que présentent les insoumis, tout comme l’immense majorité de tous les thuriféraires de la législation et des lois. Sous le prétexte de vouloir aider et sauver les pauvres et les démunis, ils votent des lois qui ne peuvent que réduire l’espace économique et social où les « faibles » pouvaient encore évoluer. De deux choses l’une. Soit les députés et les insoumis en particulier sont spécialement sots pour ne pas voir cette chaîne de conséquences ; soit leur intelligence qui les a mis en poste est cachée par une couche de malhonnêteté intellectuelle et morale qui justifie à elle seule de condamner la fonction législative.

Wednesday, October 4, 2017

Le risque peut-il être une raison pour légiférer ?

Le risque fait partie de la vie. Vivre, c’est prendre à chaque instant le risque de mourir. Il n’existe pas d’activité qui ne porte en elle un risque, de nature ou d’ampleur variables, à l’infini. Conduire est lié à l’accident, manger à l’intoxication, nager à la noyade, marcher peut conduire à du retard ou à de mauvaises rencontres. De plus, impalpable, le risque est une notion qui n’a de sens, d’estimation que strictement personnelle : un risque de mon point de vue peut ne pas en être un pour autrui, sans qu’il ait tort pour autant. Passer du risque au danger est affaire d’appréciation personnelle.

L’état-providence tire sa justification de la promesse de notre protection envers le ou les risques, là où l’état à l’origine n’est supposé traiter que du domaine dit régalien (police, justice et défense). L’assurance-maladie dit nous protéger de dépenses et soins hors de notre budget. Le permis de conduire promet de réduire les accidents de la route. Pourtant, cette protection et sa promesse sont-elles compatibles avec le droit naturel et une société libre où le risque est apprécié par l’individu ?

Avec l’explosion de l’état-providence s’est imposée une vision de l’état dont mission et légitimité seraient à intervenir au moindre risque, dans tout domaine. Cette vision est doublement erronée. Le seul rôle historique et philosophique de l’état, celui établi par les Lumières, est d’assurer le respect du « droit » – et encore, ce rôle est contestable et contesté dans son mode d’action et dans la réalité du « droit » lui-même. L’état n’a jamais été là pour assurer une protection dont définition, limites et surtout besoin ressenti ne sont jamais absolus, mais propres à chacun, le risque étant subjectif. Et le besoin de protection pouvant être sans limite, vue l’omniprésence du risque, l’argument protecteur permet à l’état, cette fois coercitif, d’intervenir de plus en plus dans tous les aspects de nos vies.

Le terme « risque » est une notion double, source de bien des confusions. Ludwig von Mises parlerait de « classes » et de « cas ». Le risque d’accidents d’une certaine « classe » se mesure en moyenne assez objectivement sur une population et une durée données. C’est là la base du calcul fait par les compagnies d’assurance, servant à établir leurs contrats de couverture. Mais chacun de nous estime son risque personnel en continu, inconsciemment, à sa manière, à partir de notre propre expérience. Ce « cas » vient de la perception que nous avons de notre capacité propre à y faire face. Chacun juge à sa manière et constamment son exposition au danger, l’évite, ou prend des mesures pour le réduire ou le différer, comme prendre une assurance – ou sinon décide d’affronter ce qui n’est alors plus vu comme un danger. Nos capacités étant différentes, ce risque-là est strictement individuel.

Par ailleurs, parce que toujours potentiel, le risque n’est pas en soi une atteinte à la propriété : il faut qu’il y ait acte effectif, tel un vol ou un incendie volontaire pour que du risque on passe à la violation de propriété. N’étant ni certain ni objectif, il ne peut donc pas être source de droit ni de justice, laquelle ne peut reposer que sur les actes. Il n’est donc jamais légitime de légiférer sur la base d’un risque : cela ouvrirait la voie vers la servitude – comme le fait hélas le (faux) principe de précaution. Il deviendrait possible d’arrêter n’importe quel citoyen n’ayant rien fait sur le seul prétexte qu’un tiers a calculé qu’il pourrait commette un acte considéré comme risqué par quelque obscur législateur.

On oppose parfois à cette vue l’exemple de la route, où notre propre conduite peut mettre les autres en danger, surtout si on n’impose aucune restriction – on pense bien sûr aux limitations de vitesse. Se faire arrêter ou se faire flasher n’étonne plus personne. C’est pourtant une violation flagrante du principe précédent : le citoyen se fait arrêter et condamner alors même qu’il n’a commis aucun acte qui viole le droit et la propriété d’autrui. Rouler vite n’est jamais une faute en soi, tant qu’aucun accident n’est causé. Sinon, pour être sûr d’éviter les accidents, il faut interdire toutes les voitures.

Cette peur sur la route est un effet du mélange de gens aux perceptions différentes du risque sur une même route, une forme de nivellement vers le bas. L’alternative libre ? Si sur une route vous trouvez le trafic trop rapide et qu’il vous fait peur, ne prenez pas cette route, tout simplement. Mais laissez les autres y circuler tranquilles. Votre perception du danger, votre peur vous est propre ; elle est respectable, mais comme celle des autres. Cela ne donne pas droit de légiférer ni de contraindre.

Cette vision très stricte du rapport au risque dans la société conduit bien des « gentils » croyant à leur monopole du cœur à opposer le besoin qu’auraient « pauvres » et « démunis » qui ne pourraient se protéger, faute de moyens. Mais se protéger de quoi ? Protéger de risques ou dangers éventuels, selon la situation du client et sa perception du besoin, c’est le métier des assurances bien sûr, mais plus largement celui du marché : un imperméable, un manteau, une barrière, une porte, une serrure, un fusil sont des protections, comme un contrat d’assurance. La question des pauvres, c’est d’abord : de les protéger de quoi ? Personne ne le sait mieux qu’eux-mêmes, personne ne peut donc légiférer.

Certains pourraient avancer que dans la pratique actuelle, la police, « la » fonctions régalienne, traite bien de la prévention de certains risques, surtout sur la route : alors pourquoi pas d’autres risques ? C’est mal comprendre le rôle que devrait jouer de la police. Dans la société libre, la police est d’abord dissuasive envers les fauteurs de trouble et se charge d’interpeller les rares malveillants flagrants. La police n’est pas là pour empêcher les gens de prendre des risques. Tout au plus, elle s’interpose pour veiller au respect des règles établies par le propriétaire des lieux. Le principe général de la société libre reste que les gens font ce qu’ils veulent tant qu’ils ne menacent ni n’attentent à autrui.

Enfin, une des critiques les plus marquées contre une telle vision de la société prend l’exemple du nucléaire comme technologie à risques tels qu’ils ne pourraient être pris en charge selon ce modèle. En effet, il y a toutes les raisons de penser que dans une société libre ou la responsabilité individuelle joue à fond, personne n’aurait jamais pris le risque de lancer une telle technologie que la fusion ou la fission nucléaire. Car en cas d’incident, les apprentis sorciers dans une société libre et responsable devraient rembourser les dégâts, tous les dégâts. Le nucléaire tel que nous le connaissons, avec ses Tchernobyl ou Fukushima est une superbe preuve de la supériorité de la liberté sur le secteur public, car quelle entreprise aurait pris le risque d’une technologie aussi dangereuse ? Du moins pas sans des précautions à la hauteur. Et on aurait probablement vu le sel de thorium émerger à la place.

Citations

« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir qu’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » -- Frédéric Bastiat

« La fonction des économistes est de nous informer du coût prévisible de telle ou telle décision. Le jeu des politiques est de faire supporter ce coût par telle ou telle catégorie de population. L’originalité de l'éthique libérale appliquée à l'économie est d’enseigner que nous ne sommes pas responsables des préférences des autres. Ce qui entraîne logiquement une conséquence et son corollaire : Il est légitime que chacun paye le coût des biens dont il jouit et ceux des dommages qu’il occasionne. Il n’est pas légitime que quelqu’un soit contraint de payer le coût de biens et de services dont il ne jouit pas ou de dommages qu’il n’a pas causés. » -- Christian Michel

« Les hommes ne sont pas des anges, et ils sèment souvent le trouble et le mal. C’est pour cette raison que la meilleure défense de la liberté est celle qui ne procure de monopole à personne. Dès lors qu’il y a monopole, ce ne sont pas des enfants de cœur qui émergent. » - Hans-Hermann Hoppe

Friday, September 29, 2017

Paradoxes du referendum en Catalogne

Les tensions entre gouvernement espagnol et militants catalans en faveur d’un referendum pouvant ouvrir la voie à l’autonomie, voire l’indépendance, font un événement important de notre époque. Cette situation concentre bien des paradoxes, voire incohérences, de la démocratie prétendument libérale moderne, ce qui mérite en soi un éclairage. Mais plus largement, elle augure sans doute des mouvements et bouleversements qui s’annoncent au sein d’une Europe arrivée en bout de liberté.

Alors que le Brexit semble se faire un peu oublier après la surprise, lui qui a lancé le signal d’alarme, la presse se garde bien de faire de trop gros titres sur la Catalogne. Il ne faudrait surtout pas donner l’idée de suivre le même chemin aux nombreuses régions – Corse, Bretagne, Basques – qui ont toujours manqué d’air dans un Hexagone toujours plus jacobin, méprisant et égalitariste.

Ce qui se passe est pourtant symbolique en matière de liberté et de viabilité du système politique « démocratique ». Une région disposant déjà d’une certaine autonomie envers l’Espagne souhaite organiser un referendum sur la question suivante : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous la forme d'une république ? » Mais le pouvoir central s’oppose pour des raisons de forme : un tel referendum serait inconstitutionnel, vu de l’Espagne. Ce serait donc illégal, alors que la vocation même d’un referendum consiste à établir la légitimité d’une décision par l’expression populaire, le vote direct de la population concernée. Le mécanisme démocratique serait donc illégal.

On touche là à un des paradoxes de la démocratie contemporaine. La démocratie, mise en avant comme le système politique moderne de la liberté, se révèle en réalité une tyrannie : celle de la majorité envers la minorité défaite. Ici, le pouvoir instauré par une majorité sur un grand territoire refuse à une minorité territoriale de mettre en œuvre le même mécanisme qui a porté ladite majorité au pouvoir. C’est un peu comme si « Bruxelles » refusait à la France d’organiser un vote sur sa sortie éventuelle de l’Europe – tiens, revoilà le Brexit. Mais comment, comment ? L’Europe enfin « unie » ne serait donc pas ce nirvana politique qui nous mènera tous à la liberté ? Non, certes non.

Car si le vote est le meilleur mécanisme de décision politique – ce qui n’est pas mon avis, mais suivons la logique démocratique – alors la seule manière de le rendre pertinent dans ses sujets et de limiter les minorités qu’il produit consiste à accepter de le voir appliqué en autonomie au niveau de petites localités. On ne peut pas imaginer un monde de 7 milliards d’humains demain où les seuls votes se feraient à l’échelle de la planète, sans prise en compte dynamique des spécificités locales.

L’avenir de la liberté, en Europe du moins, mais on voit le même phénomène se produire dans tous les pays vastes, l’avenir passe par une autonomie politique locale, qu’elle soit régionale ou autre. Au grand dam des pro-européens, l’Europe sera plus libre lorsque la Catalogne aura quitté l’Espagne et le Royaume-Uni aura quitté l’Union. Et l’Europe sera encore plus libre lorsque, entraînés dans la course, l’Ecosse, la Corse, voire la Bavière, auront claqué la porte. Les Balkans ont montré la voie. La liberté plus grande de pays plus petits vient de la possibilité plus grande d’agir sur son propre destin.

Alors, espérons que la Catalogne puisse mener son referendum ce week-end. Et que le vote soit en faveur du ‘Oui’. Attention, ce ne serait alors que le début d’un long processus, car cette sécession ne règlera pas toutes les questions. Elle sera forcément longue et contestée, comme le Brexit. Elle ne donnera pas naissance tout de suite à un régime idéal pour tous les Catalans. Peut-être même que ce premier régime sera lui-même renversé pour un autre – vas savoir. La liberté va pousser, longtemps.

Peu importe. Ce qui importe, c’est l’exemple et la dynamique lancée. La décentralisation du pouvoir politique en Europe est la conséquence logique, mécanique, de la décomposition morale des régimes démocratiques et de la révolution technologique, qui überise peu à peu les gouvernements. Et de se rendre compte que l’histoire de l’Europe est celle d’une foule de petits états, et qu’on y retourne.

Thursday, September 28, 2017

Le libre port d’arme est-il une solution ?

Le libre port d’arme, traditionnel dans bien des pays sans provoquer des bains de sang, fait de longue date polémique en France et dans de nombreux autres endroits. Beaucoup craignent que les armes en vente et en diffusion libres conduisent au risque d’être en permanence à la merci de son voisin. Cependant, et d’autres exemples affluent, il existe des collections d’armes, blanches ou à projectiles, pourtant rarement considérées dangereuses. Et à l’inverse, qu’est-ce qui ferait qu’un gendarme ou un policier serait moins dangereux qu’un simple honnête citoyen ? Posséder une arme ne fait pas de vous un criminel – il faut qu’il y ait crime. En matière d’armes, verrait-on deux poids, deux mesures ?

Remarquons que le mot « arme » ne peut pas être défini simplement, car un objet n’est jamais une arme en soi : c’est l’usage qu’on en a qui fait l’arme. Un caillou est-il une arme ? Pas en soi. Sauf si on le jette avec violence avec une fronde. Un tank est-il toujours une arme ? Non, beaucoup sont au musée et donc sans danger. Ma main est-elle une arme ? Non, et pourtant mon poing peut vite le devenir. C’est donc toujours l’usage et l’intention qui fait l’arme et non l’objet en soi. De plus, ceux qui s’opposent au port d’armes devraient tout simplement se couper les mains, car nos mains peuvent devenir des armes mortelles, comme on l’a vu. On saisit tout de suite les limites du concept.

Ainsi, pour les libertariens, le port d’arme doit être libre parce qu’il est impossible de savoir à l’avance ce qui fera une arme et surtout parce que c’est l’intention et l’usage qui font le danger. Le port d’arme est donc une restriction de liberté qui ne répond en rien au problème de l’agression.

Un argument contraire voudrait qu’en laissant les armes en vente libre, on augmente le risque de massacre par des « fous » ou autres individus dangereux. C’est là ne pas aller au bout de la logique. Les massacres médiatisés des USA sont le fait de personnes isolées qui savent les civils désarmés. Si au contraire les « fous » savaient que comme eux la plupart des gens sont armés, tous fous qu’ils sont, il y a toutes chances qu’ils soient alors dissuadés de sortir leurs armes et les tourner vers une foule qui, en légitime défense, aurait réglé leur compte bien avant qu’ils puissent faire un massacre.

Une variante de cet argument oppose qu’un pays trop armé a vite fait de devenir un pays du chaos, comme on le verrait avec bien des pays pauvres. La Suisse nous montre que c’est l’inverse qui est vrai. C’est un des pays au monde où les citoyens sont les plus armés et pourtant il est parmi les plus pacifiques de cette planète et n’a guère de rapports avec le chaos. Quant aux « pays pauvres », leur « chaos » est généralement le résultat d’armes peu nombreuses, restées dans les pires mains. Laisser les gens dans la misère est la bonne stratégie pour éviter toute forme de liberté et assurer… le chaos.

Enfin, les critiques n’ayant pas compris la logique d’une dissuasion populaire avancent que les gens armés menacent l’ordre en réduisant l’efficacité d’intervention de la police. Or c’est l’inverse en réalité, puisqu’il y a bien moins de raisons pour la police d’intervenir dans un environnement auto-dissuasif, où les malfaiteurs savent qu’ils ne sont probablement pas mieux armés que leurs victimes potentielles. Ensuite, cela rétablit l’équilibre des forces et rend vide de sens tout « état d’urgence » : la police ne peut plus devenir un instrument de coercition – en tous cas, moins facilement.
Le libre port d’arme, traditionnel dans bien des pays sans provoquer des bains de sang, fait de longue date polémique en France et dans de nombreux autres endroits. Beaucoup craignent que les armes en vente et en diffusion libres conduisent au risque d’être en permanence à la merci de son voisin. Cependant, et d’autres exemples affluent, il existe des collections d’armes, blanches ou à projectiles, pourtant rarement considérées dangereuses. Et à l’inverse, qu’est-ce qui ferait qu’un gendarme ou un policier serait moins dangereux qu’un simple honnête citoyen ? Posséder une arme ne fait pas de vous un criminel – il faut qu’il y ait crime. En matière d’armes, verrait-on deux poids, deux mesures ?

Remarquons que le mot « arme » ne peut pas être défini simplement, car un objet n’est jamais une arme en soi : c’est l’usage qu’on en a qui fait l’arme. Un caillou est-il une arme ? Pas en soi. Sauf si on le jette avec violence avec une fronde. Un tank est-il toujours une arme ? Non, beaucoup sont au musée et donc sans danger. Ma main est-elle une arme ? Non, et pourtant mon poing peut vite le devenir. C’est donc toujours l’usage et l’intention qui fait l’arme et non l’objet en soi. De plus, ceux qui s’opposent au port d’armes devraient tout simplement se couper les mains, car nos mains peuvent devenir des armes mortelles, comme on l’a vu. On saisit tout de suite les limites du concept.

Ainsi, pour les libertariens, le port d’arme doit être libre parce qu’il est impossible de savoir à l’avance ce qui fera une arme et surtout parce que c’est l’intention et l’usage qui font le danger. Le port d’arme est donc une restriction de liberté qui ne répond en rien au problème de l’agression.

Un argument contraire voudrait qu’en laissant les armes en vente libre, on augmente le risque de massacre par des « fous » ou autres individus dangereux. C’est là ne pas aller au bout de la logique. Les massacres médiatisés des USA sont le fait de personnes isolées qui savent les civils désarmés. Si au contraire les « fous » savaient que comme eux la plupart des gens sont armés, tous fous qu’ils sont, il y a toutes chances qu’ils soient alors dissuadés de sortir leurs armes et les tourner vers une foule qui, en légitime défense, aurait réglé leur compte bien avant qu’ils puissent faire un massacre.

Une variante de cet argument oppose qu’un pays trop armé a vite fait de devenir un pays du chaos, comme on le verrait avec bien des pays pauvres. La Suisse nous montre que c’est l’inverse qui est vrai. C’est un des pays au monde où les citoyens sont les plus armés et pourtant il est parmi les plus pacifiques de cette planète et n’a guère de rapports avec le chaos. Quant aux « pays pauvres », leur « chaos » est généralement le résultat d’armes peu nombreuses, restées dans les pires mains. Laisser les gens dans la misère est la bonne stratégie pour éviter toute forme de liberté et assurer… le chaos.

Enfin, les critiques n’ayant pas compris la logique d’une dissuasion populaire avancent que les gens armés menacent l’ordre en réduisant l’efficacité d’intervention de la police. Or c’est l’inverse en réalité, puisqu’il y a bien moins de raisons pour la police d’intervenir dans un environnement auto-dissuasif, où les malfaiteurs savent qu’ils ne sont probablement pas mieux armés que leurs victimes potentielles. Ensuite, cela rétablit l’équilibre des forces et rend vide de sens tout « état d’urgence » : la police ne peut plus devenir un instrument de coercition – en tous cas, moins facilement.

Citations

« Aucun pays n’est plus paisible et n’offre une meilleure police que ceux où la nation est armée » -- Comité de Rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, 1789

« Il n’existe aucun moyen de se protéger contre les armes nucléaires […] et donc, les hommes de l’Etat sont en fait incapables de remplir aucune fonction de sécurité internationale aussi longtemps que ces armes existent. » -- Murray N. Rothbard

« La paix ne peut être sauvegardée par la force. Elle ne peut être atteinte que par la compréhension. » -- Albert Einstein

Wednesday, September 27, 2017

Capitalisme de connivence contre Capitalisme processus économique

Libéralisme et capitalisme sont souvent confondus, ou se côtoient, ou sont pris l’un pour l’autre. Le « laissez-faire » est souvent vu comme un symbole du capitalisme plus qu’un symbole de liberté.

Tout d’abord, « capitalisme » est lui-même un terme ambigu. Les libéraux vénèrent l’entrepreneur, or en même temps, bien des entreprises entretiennent des relations plus que contestables avec l’état, venant ternir cette pureté supposée. Alors, peut-on être libéral sans être pour le capitalisme ?

Il convient de rappeler que le capitalisme est à la base un concept purement technique. Selon Sylvère Tajan, dans « Libres ! », « le terme de capitalisme désigne avant tout un mécanisme économique fondamental, à l’origine de l’augmentation de la quantité de richesse produite : c’est par le renoncement à la jouissance immédiate de la richesse qu’il a produite que l’homme va accumuler des biens à des fins productives (le capital). Grâce à ce capital productif, et à l’effort qu’il a fourni pour le constituer, la productivité de son travail augmente : il produit plus et mieux. »

Avant d’être politique, le capitalisme est donc un pur mécanisme économique. Même s’il est au cœur de tout processus de production, et à ce titre s’il explique l’immense bond de prospérité connu par l’humanité ses cinq derniers siècles, il n’est pas directement rattaché au libéralisme stricto sensus : le capitalisme fait son œuvre même au sein des pays communistes ou sociaux-démocrates. Il demeure pourtant attaché au libéralisme dans les faits, puisque tout au long du processus entrepreneurial se pose la question du rôle ou plutôt de l’influence de la liberté sur les choix. Le choix d’accumuler du capital est-il libre ? Le choix de la manière de capitaliser – épargne ou équipement – est-il libre ?

Bien sûr, le mot « capitalisme » est souvent employé dans la langue populaire pour pointer du doigt les multinationales et le détournement de l’entreprise par les oligarchies et les effets néfastes qui en résulteraient, tels la misère du monde et des scandales écologiques. Mal défini, ce n’est pas dans ce sens que les libertariens – et spécialement les anarcho-capitalistes – se réfèrent au « capitalisme ».

Beaucoup opposeront que le « capitalisme » permet à trop de gens de s’enrichir tels des criminels. Cette lecture n’est pas celle du capitalisme vu comme processus économique, mais celle du système politique qui l’environne. Cette vision du terme amalgame un processus économique neutre avec un système politique, et c’est pour éviter cette confusion que les libertariens en limitent le sens au seul processus économique. Cette distinction met ainsi dos à dos le « capitalisme entrepreneurial » et le « capitalisme de connivence », le premier restant le compagnon naturel du libéralisme alors que le second, qui qualifie un environnement où immixtion étatique et oligarchie sont partout, constitue un obstacle à la liberté qui est la cible des critiques de tout libéral qui se respecte.

En Chine comme en Russie, ou même au Venezuela, il reste possible de faire fonctionner le mécanisme capitaliste, pour peu qu’il soit possible de capitaliser quelque chose. Ce n’est pas le capitalisme qui détermine le régime politique, mais il s’adapte à tout régime, et c’est d’ailleurs là sa grande force. Car même dans les pires conditions politiques et de liberté, le progrès induit par le processus capitaliste poursuit sa route, quoique plus ou moins vite et avec plus ou moins de justice.

Pour bien des opposants, le capitalisme serait bassement matérialiste et ne s’intéresserait qu’à la quantité et au profit. Cette assimilation avec les « capitalistes » nous fait sortir du seul mécanisme de financement de la production. Simple processus sans intention, demander au capitalisme d’intégrer un jugement de valeur ou même d’avoir une orientation idéologique est totalement hors de propos.

Etre capitaliste pour produire ceci ou cela, en quantités ternes et sans saveur, ou à l’inverse comme un artisan qui ne produit que des pièces uniques, cela relève du choix de chaque entrepreneur. Ce n’est donc plus « le » capitalisme à proprement parler, mais la manière qu’a chacun de l’interpréter. Ne voir dans le capitaliste qu’un matérialiste est à ce titre une erreur grossière, car on ne produit pas pour produire mais pour vendre, et pour vendre il faut rencontrer les motivations du consommateur.

Le capitalisme n’est pas pour autant parfait. Au contraire, il devient le miroir des travers non-libéraux de la société qui le fait fonctionner. Le capitalisme prend alors une connotation plus politique pour devenir « capitalisme de connivence ». Ce faux capitalisme est celui que critique le libéral, celui où la concurrence est remplacée par les monopoles, celui où les affaires se font entre amis, celui où pour espérer faire fortune ce n’est pas le mérite qui prime, mais la proximité avec le pouvoir en place.

Le capitalisme de connivence n’est alors que l’expression économique des défauts de la société qui le met en œuvre. Ainsi, s’il y a des abus et des scandales, ce n’est jamais le capitalisme-processus le fautif, mais la faute en revient à l’organisation sociale et au capitalisme-connivence rendu possible. Il faut toujours chercher la faute du côté du pouvoir, elle n’est jamais purement « capitaliste ».

A titre d’exemple, on opposera que la grande distribution, en « imposant sa loi », montre combien le « capitalisme » peut être injuste. Mais ce n’est pas exact. Regardez ce qui se passe en la matière dans les autres pays et vous constaterez que cette « domination » en effet déséquilibrée connue en France n’existe pas partout, ce qui devrait être le cas si cet argument était un fait objectif universel.

Il ne faut pas oublier qu’en France, l’implantation des grandes surfaces est soumise à de nombreux textes plus ou moins artificiels, dont le plus connu est la loi Galland. Ces textes forcent une politique qui rend très difficile l’accès des petites enseignes à la construction de magasins et réduit le marché à quelques grandes marques qui se partagent un monopole de fait. Si le marché de la distribution était libre, et donc si le capitalisme pur avait cours, il y aurait des magasins de toutes tailles, souvent plus petits d’ailleurs, partout ou presque, ouverts tous les jours et des dizaines de marques.

D’autres critiques portent sur le marché de la téléphonie mobile qui montrerait que la concurrence ne garantit rien, alors qu’elle est selon les libéraux une des caractéristiques du « capitalisme ». Au contraire, l’arrivée de Free comme empêcheur de tourner en ronds du trio d’origine a bien montré qu’avant lui, les trois opérateurs ne se faisaient pas une véritable concurrence, convaincus qu’ils étaient que le marché leur était réservé. Or un marché n’est jamais réservé de manière naturelle, c’est l’état seul qui peut venir, par la loi et le monopole, biaiser les règles et fermer ou réduire l’accès au marché. Ainsi, l’existence d’une licence obligatoire pour offrir de la téléphonie est un acte étatique contraire à la morale de la vraie justice sociale et qui exprime les connivences du secteur.

Enfin, le pire « capitalisme » de nos jours serait celui de Monsanto, connu pour imposer ses OGM au marché au point de s’être forgé une réelle position dominante. Or une entreprise ne peut jamais rien imposer seule à un consommateur. Dans des conditions normales de liberté, celui-ci peut toujours dire non et aller à la concurrence ou nulle part. Pour que Monsanto, ou toute autre entreprise – on pense à Microsoft – puisse se trouver en position de diktat, il faut que la concurrence ait été rendue impossible par la loi ou le pouvoir politique. Il n’est par exemple pas juste que le politique interdise aux paysans de réutiliser leurs propres graines comme semence. C’est ce genre de stupidités qui crée les monopoles et qui manifeste un faux capitalisme, celui de la connivence et de l’état voyou.

Citations

« Le vice inhérent au capitalisme est le partage inégal des richesses, la vertu inhérente au socialisme est le partage égal de la misère. » -- Winston Churchill

« Le capitalisme a suscité les progrès de la production, mais aussi ceux de la connaissance, et ce n’est pas un hasard. » -- Albert Einstein

« Le système de production capitaliste est une démocratie économique dans laquelle chaque sou donne un droit de vote. Les consommateurs constituent le peuple souverain. » -- Ludwig von Mises

« L’État-providence est une pornographie de la générosité, car il nous force à accomplir les gestes, même si nous n’éprouvons pas le sentiment. Le capitaliste connaît la valeur de la générosité, car il connaît la valeur de la propriété. » -- Christian Michel

Sunday, September 24, 2017

Une politique étrangère ? Pourquoi faire ?

La question de la défense, et au-delà de la politique étrangère, est un des sujets polémiques souvent avancé par certains pour contester la vision libérale et la qualifier d’utopisme. Le sujet est vaste, ce texte se veut très synthétique et mérite des compléments de lecture, mais les bases sont simples.

Une des grandes fiertés des étatistes est de croire pouvoir opposer aux libertariens que la société libre ne propose pas de « véritable solution » à la question de la défense, c’est-à-dire à la capacité à réagir, voire à repousser l’agression d’un état étranger. La chose est loin d’être si binaire, car le sujet ne l’est pas, et in fine la réponse s’avère souvent pleine de surprises pour nos interlocuteurs.

Tout d’abord, il est pitoyable que la guerre ou l’agression puisse être un argument pro-étatiste ou contre-libéral, car cela demeure un argument contraire à la logique même de notre civilisation. Si l’état est celui qui mène les guerres et donc qui en est la cause, on ne peut pas se servir de la guerre comme argument pour contester une société libérée de l’état. Ce serait comme contester l’exigence de sortie de l’état du marché du travail pour régler la question du chômage, phénomène étatique.

Quand bien même, la réalité demain sera en effet, pour un territoire pleinement libre, de choisir comment anticiper la possible agression par un état externe. La question se pose déjà de nos jours pour les pays, comme la Suisse, qui sont neutres et doivent néanmoins ne pas rester sans défense.

Il y a plusieurs principes qui peuvent être combinés pour constituer une défense à la fois efficace et pourtant conforme aux principes libéraux. Certains sont développés ci-après – mais l’imagination et l’innovation de la liberté en trouvera bien d’autres, à n’en pas douter. Ils ont tous en commun de chercher à prendre l’état et la force à contre-pied en confiant la défense non pas au collectif mais aux individus, en ne faisant aucune différence entre les états agresseurs et en jouant sur les intérêts individuels qui ne manquent jamais d’entrer en jeu, même pendant une guerre.

Le modèle social libéral repose sur de petits territoires, à l’image d’un Monaco ou Andorre. Or, nous dit-on, un petit pays n’aura jamais la puissance d’un grand état et ne pourra s’opposer durablement. Or, une des stratégies les plus efficaces, mise en pratique depuis longtemps par des pays faussement « fragiles », tels la Suisse et Israël, tient à maintenir leur forte attractivité. Cela consiste à faire en sorte d’attirer à soi les meilleurs talents et les grands intérêts privés, tels des ingénieurs prometteurs, ou des hommes d’affaires confirmés qui amènent du capital, des moyens, ainsi que de l’influence.

L’attractivité peut aussi prendre une dimension morale ou fiscale, donnant des arguments efficaces pour les grandes fortunes d’aujourd’hui et de demain. Cela permet de démultiplier des « armes » contre lesquelles un état classique et bedonnant, mal organisé et inefficace, aura fort à faire. Cela permet aussi d’attirer le capital personnel des chefs des états potentiellement agresseurs, qui dès lors ont tout intérêt à ne pas détruire leurs biens par une guerre irréfléchie.

Certains esprits chagrins nous imaginent parfois préférer nous borner à constater la misère ou les conflits dans le monde plutôt que d’accepter qu’on y intervienne, comme au Mali par exemple. L’idée de départ est simple, elle consiste à revenir aux principes libéraux : si je respecte l’intimité de mon voisin, dont je ne vois et ne sais jamais qu’une mince partie de la vie, je peux légitimement lui exiger en retour de respecter la mienne. A l’inverse, si je me mêle de ce qui ne me regarde pas, il ne faut pas m’étonner de subir des retours de bâton, des représailles : « Interventionism strikes back ».

Il est par contre tout à fait envisageable, parfois souhaitable, d’intervenir, ou plutôt d’agir de manière douce et pacifique, typiquement par la charité – celle que les ONG sont censées incarner – certes pas toujours dignement. S’il est sain de vouloir aider les peuples à sortir de la misère ou de l’oppression, il ne peut être porteur de liberté que d’imaginer le faire par une forme quelconque d’action militaire.
Enfin, toujours dans cette ligne, n’oublions pas qu’un état reste un état. Prétendre qu’il est « bien » de souhaiter remplacer par l’intervention et la force un régime par un autre qui serait « meilleur » revient à se bercer d’illusion sur la nature même du régime « salvateur ». La Suisse ne bouge jamais.

Dans cet esprit, on nous oppose souvent que si les Etats-Unis n’étaient pas intervenus en Europe, nous serions aujourd’hui encore sous la botte nazie. Cela est peut-être vrai, ou peut-être faux. On peut trouver bien des arguments en faveur d’un scénario d’effondrement du nazisme sans aide américaine. Mais peu importe. Ce qui compte, c’est que l’état nazi et l’état-providence tel que celui que nous subissons actuellement, tout comme les Etats-Unis d’ailleurs, ne présentent aucune véritable différence de principe, et pas autant de différences pratiques qu’on veut bien le faire croire. Un pays en « état d’urgence » depuis deux ans, où s’afficher libéral est une « provocation » et qui abandonne ses citoyens au moindre ouragan est-il si différent d’un état noir, mais né dans les urnes ?

Une des meilleures stratégies libérales tient dans la neutralité résistante envers toute forme d’état. Elle consiste à ne faire aucune différence entre un état en place et un état agresseur – ni même sauveur d’ailleurs. Un état reste un état et la résistance envers l’un ou l’autre n’a aucune raison de changer. Pas de nationalisme ni de chauvinisme, on ne préfère pas l’état en place parce qu’il l’est, pas plus qu’on n’accueille l’état envahisseur, fut-il un « sauveur » ou « démocratique ».

La question du financement de la défense est avancée par certains comme argument suprême de la nature étatique de la défense, supposant sans alternative impôts et corps constitués. Or cette vue repose sur un modèle biaisé de défense, et la Suisse démontre depuis des lustres l’efficacité de son contre-exemple. Dans un état libre, ce sont les individus qui s’arment et qui s’organisent pour s’auto-défendre. Ce qui signifie que le financement est tout autant décentralisé que l’armement lui-même.

C’est bien plus efficace que toutes les armées – et les polices aussi d’ailleurs – que nous pouvons connaître, car toute la population est impliquée, armée et motivée pour se défendre – pas pour défendre la vague abstraction d’une nation ou d’un état sans réalité. La dissuasion par la perspective d’une guérilla potentiellement sans merci est bien plus forte que celle de la confrontation à une armée conventionnelle. La liberté étant individualiste, elle ne peut être que fortement décentralisée.

Enfin, avec l’actualité et l’islamisme, la défense étatique et ses troufions dans les rues serait le seul moyen de régler définitivement la folie soudaine de certains terroristes. Vraiment ? Autre erreur de stratégie qui oublie l’individu et la force des intérêts individuels. Probablement le plus fort argument et le plus efficace en matière d’une défense privée et individuelle tient dans la promotion du libre commerce. En effet, la meilleure façon de réduire le risque d’agression consiste à s’être rendu économiquement utile voire indispensable. Les généraux s’en prennent rarement à ceux qui détiennent leur or, ni à ceux qui leur doivent, pas plus qu’à ceux qui tiennent la famine du pays entre leurs mains. L’islamisme irrationnel ferait exception par fanatisme ? Demandez-vous à qui il profite.

Citations

« Je demande qui sont les miliciens ? Ils se composent désormais de tout le peuple, sauf quelques agents publics. » -- George Mason, Address to the Virginia Ratifying Convention (1788)

« La guerre ne détermine pas qui vit juste – mais juste qui vit. » -- Bertrand Russell (1872 - 1970)

« Il n'existe aucun moyen de se protéger contre les armes nucléaires (la seule protection actuelle résidant dans la menace de la destruction mutuelle assurée) et donc, les hommes de l’Etat sont en fait incapables de remplir aucune fonction de sécurité internationale aussi longtemps que ces armes existent. » -- Murray N. Rothbard, Des Relations entre Etats, in Ethique de la Liberté

Saturday, September 16, 2017

La richesse ne peut être redistribuée

Redistribuer la richesse est un des grands crédos des discours politiques de notre temps. Il ne serait pas « bien » d’être « riche » et de ce fait, au lieu de s’occuper de la police et de notre sécurité comme il est censé le faire, l’état aurait comme nouvelle mission de « redistribuer » cette richesse.

Or cette expression associe deux mots qui sont doublement contradictoires, et c’est un signe des temps que personne ou presque ne fasse remarquer le double oxymore pour contester ce dogme.

Le premier angle est d’ordre moral. Il rappelle que la « richesse » peut venir d’activités diverses, à commencer le plus souvent par des activités parfaitement honnêtes et justes. Tout « riche » n’est pas forcément un malhonnête ou un voleur et à l’inverse, il y a au moins autant si ce n’est plus de « pauvres » que de « riches » qui ont un vol sur la conscience – à commencer par les hommes de l’état, qui sont des receleurs des impôts pris de force à autrui. De plus, redistribuer la richesse, c’est soit redistribuer le produit d’un vol, si on suit la logique social-démocrate, soit un vol imposé à ceux qui ont honnêtement gagné leur fortune. Dans les deux cas, redistribuer est un acte injuste, immoral.

Mais il y a un oxymore plus subtil, cette fois en lien avec la notion même de richesse. Le raisonnement précédent suppose une richesse comme un concept absolu, objectif. Un riche est riche, cela se constate factuellement sur son compte en banque. Rappelons que cette vision des choses, ce souhait de redistribution, nous vient de la « gauche », laquelle reproche allègrement à la « droite », et aux libéraux qu’elle lui associe, d’être par trop matérialiste et obnubilée par l’argent.

Or ne mesurer la richesse que par le compte en banque, quoi de plus matérialiste s’il vous plaît ? Classer les gens entre riches et pauvres, c’est précisément oublier tous ces critères du bonheur que la « gauche » souhaite pourtant imposer au capitalisme et libéralisme qu’elle critique pour cette erreur.

Car la richesse n’est pas absolue, mais relative – on dit qu’elle est subjective, parce que c’est l’individu, chacun de nous, qui seul peut juger ce qui le comble ou pas. Certains sont motivés dans leur vie à chercher à amasser des fortunes, d’autres à créer des toiles, d’autres encore trouvent plus ou moins leur équilibre entre compte en banque, confort et le coût en travail que cela suppose. Cette recherche d’un équilibre personnel conduit chacun à interagir, à échanger avec les autres par le travail, des produits ou des services, en fonction de ce qu’il espère obtenir pour aller vers sa richesse.

La richesse est donc une dynamique, ce n’est pas juste deux classes figées. La richesse au niveau de la collectivité est la manifestation de ce que chacun de nous a choisi de faire, d’acheter, d’abandonner ou de construire. Si on met de côté la malhonnêteté, évoquée plus haut, la distribution de la richesse est donc le reflet à un moment donné de l’aspiration combinée de chacun de nous à son bonheur propre. Parler de sa redistribution, c’est à la fois prétendre savoir mieux que nous ce qui peut faire notre bonheur et ne pas voir que toute redistribution ne peut que détruire la richesse. La destruction résulte de la négation de la subjectivité de la richesse. Tu es riche, ou pauvre parce que moi, état, je l’ai décidé. Redistribuer, c’est imposer une vision matérialiste sous un prétexte anti-matérialiste.

Monday, September 11, 2017

La démocratie n’est-elle pas l’arbre qui cache la forêt de la liberté ?

La démocratie remonte à la Grèce antique, où elle se pratiquait pour et par une « élite ». Elle a beaucoup évolué depuis pour devenir un genre politique vu comme « idéal » dans la plupart des pays actuels, avec la réputation d’être la « moins mauvaise » des organisations sociales pour « régler » les questions de la justice et de l’égalité face au droit. Pourtant, la démocratie moderne n’est pas dépourvue de dysfonctionnements sociaux et économiques, car les problèmes particuliers se voient gérés dans un cadre général, bien plus coûteux et dans lequel l’égalité est confondue avec légalité.

Churchill a osé dire : « La démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’histoire ». Comment se fait-il alors que nous soyons encore en démocratie ? Pourquoi n’avons-nous pas analysé cette remarque, qui laisse le futur ouvert, afin de dépasser cette démocratie si problématique ? Probablement parce que beaucoup pensent simplement que la démocratie est un synonyme de liberté, et là est bien leur erreur.

On peut voir les libertariens à la fois comme profondément démocrates et anti-démocrates. Ce paradoxe apparent exprime souvent une confusion quant à la nature de la démocratie face aux exigences de la liberté. Il est évident que les libertariens souhaitent un peuple qui tienne les rennes de sa propre destinée. Est-ce pour autant que les libertariens sont pour l’une ou l’autre des multiples formes de démocratie représentative ? La réponse est cette fois clairement négative, car cette démocratie-là suppose un pouvoir politique parfaitement incompatible avec la liberté.

La démocratie moderne porte en elle deux défauts majeurs face à la liberté. Le principal tient au mécanisme du vote, binaire et sans nuance, qui force d’abord l’individu à choisir entre un nombre limité d’options ou de personnes qu’il n’a en général pas proposées, puis le force à accepter le choix fait par une majorité à laquelle il n’appartient pas forcément, même quand ce choix est radicalement à l’opposé de ce qu’il considère son intérêt propre ou au détriment de sa propriété légitime. On dit que la démocratie constitue ainsi une forme de tyrannie de la majorité envers les minorités.

Le second défaut est plus spécifique des démocraties représentatives. L’idée de voter pour un député ou autre « représentant » ne paraît pas forcément choquante, la vraie vie est pleine de ces situations où l’on délègue un « pouvoir » à un tiers qui a notre confiance. Sauf que le « député », outre d’être choisi par la majorité et non par l’individu, n’a aucun contrat avec le citoyen votant qui l’engagerait à respecter l’intérêt de ses électeurs. Le quotidien de la vie politique regorge d’exemples de « représentants » de tous bords qui, une fois élus, agissent plus dans leur intérêt particulier au lieu de « représenter » ces électeurs naïfs qui ont cru pouvoir faire confiance à un politicien.

La démocratie directe, on pense à la Suisse, est souvent moins contestée par les libéraux. Pourtant, elle demeure un vote, forme de contrainte envers la minorité. Il reste néanmoins une forme de démocratie libérale qu’on oublie souvent : celle qui prend corps à chaque instant sur le marché libre, où le choix de chacun s’exprime pour « voter » pour tel ou tel produit ou service, et ceci sans jamais ni subir ni imposer le « vote » d’autrui pour un produit concurrent. Ce vote est libéral parce qu’il sort du champ du pouvoir et de la politique. La démocratie du win-win est la seule vraie démocratie.

Ainsi, la démocratie n’a rien du mécanisme indispensable au maintien de la liberté que beaucoup mettent en avant. Pour preuve, il y a de par le monde de nombreuses démocraties authentiques qui n’offrent aucune liberté – Cuba et la Corée du Nord viennent à l’esprit. On contestera le caractère « authentique », sans doute. Pour vite se rendre compte que dans bien des pays, la démocratie a été dévoyée de son objectif pour la limiter à ce mécanisme de vote – prétexte – avec laquelle elle se confond. La liberté ne passe donc pas par la démocratie, mais par la réduction du pouvoir politique.

Certes, la démocratie est un concept issu des Lumières, il n’y aurait dès lors pas d’alternative et sa légitimité serait pour toujours établie. Dire si les auteurs des Lumières surent faire la distinction entre fonction décisionnelle et mécanisme de prise de décision (le vote) dépasse le cadre de ce texte. A l’époque, il n’est pas sûr que la pensée économique ait laissé imaginer que le marché libre puisse se substituer systématiquement au vote et au pouvoir, comme le propose les libertariens. Toujours est-il que désormais, la compréhension du droit et du marché libre permet de dire qu’il existe une alternative au vote qui permet une réelle « démocratie opérationnelle », où toutes les décisions, en particulier les fonctions régaliennes, sont confiées au libre marché, où chaque libre transaction exprime un « vote » personnel qui assure la sécurité et le choix de chacun sans jamais nuire à autrui.

Citations
« Tant mieux si la démocratie est en crise. La démocratie est un système immoral. La préoccupation principale des libertariens doit être de réduire le rôle de l’État et d’éliminer les raisons de prendre des décisions collectives, non d’aider la clique de parasites étatiques à consolider son pouvoir sous prétexte de mieux refléter la volonté collective. » -- Martin Masse, in « La Démocratie contre la Liberté »

« Ce qui importe n’est pas la nature du gouvernement, mais les limites de son pouvoir. Un empereur de droit divin, qui respecte la sécurité des personnes et des biens et leurs initiatives, assure mieux la paix et la justice qu’une majorité élue, raciste et rapace. » -- Christian Michel, in « Pourquoi je ne suis pas démocrate »

« La plus triste des vies est celle d’un aspirant politique en démocratie. Son échec est ignominieux et son succès est honteux. » -- Henry Louis Mencken

Pour aller plus loin, le livre de Frank Karsten « Dépasser la démocratie » passe en revue une série de treize mythes dont la démocratie souffre. Il montre, point par point, combien démocratie et Liberté sont incompatibles et conteste cette relation évidente qu’on nous sert régulièrement en pré-pensé. Voir http://francais.beyonddemocracy.net/