Monday, December 18, 2017

Subvention étatique des associations – Analyse critique – 3 : Par ministère – 1/3

Ce texte est la seconde partie de l’analyse globale par ministère dans le cadre de la critique du « Jaune » budgétaire rapportant des subventions étatiques au profit des associations en 2015.

Commençons par le camembert ci-dessous qui donne les parts relatives des 17 budgets ministériels au sein des deux milliards dépensés en 2015. On voit immédiatement trois ministères qui se taillent la part des lions, tous les trois étant largement au-delà des 400 millions annuels : l’agriculture, la culture et le « travail ». A tous trois, ils font 65% soit presque les deux tiers de l’ensemble des dépenses. Si on baisse la barre à 150 millions, on leur ajoute alors deux autres mastodontes que sont l’éducation et les sports, le pourcentage total passant alors à 82%. Les cinq thèmes de ces 82% sont très évocateurs, et l’orientation très politique d’un tel budget global ne fait guère de doute.

Il est intéressant de constater qu’à l’inverse, les ministères strictement régaliens (Intérieur, Justice et Défense), grands sujets d’attention pour tout œil libéral, ne représentent au total que 61,7 millions et 3% de la masse. Cet écart énorme entre régalien et non-régalien n’est d’ailleurs pas une réelle surprise, car on le retrouve en tendance dans la structure des budgets ministériels : tout le monde sait bien, cela revient régulièrement faire les unes, que justice et défense sont « mal financées », par exemple – à supposer bien sûr qu’il faille les financer, mais supposons.

Il reste 15%, ou quelque 299 millions, pour les 9 ministères restant, soit 33,3 millions chacun en moyenne. A noter que pas moins de 5% (92 millions) concernent le fonctionnement de l’état (Décentralisation, Finances et « Services de Premier ministre »), dont on peut se demander comment cela vient justifier des subventions associatives. Dans les 10% restant, 4% (78 millions) sont motivés au titre de l’écologie et du « développement durable », qui font disons une « belle percée », cohérente avec le bruit qui est fait depuis des années dans ce domaine très discutable.


Voyons maintenant comment les programmes et budgets se répartissent selon les ministères. Pour chacun, on va suivre la même trame, celle d’une série de nuages de points répartissant les programmes du ministère par montant budgétaire croisé avec le nombre d’associations subventionnées. Chacun des 17 ministères a son graphique, sauf 4 qui n’ont que 1 ou 2 programmes et qui de ce fait ont été regroupés sur le même graphique, pour éviter 4 graphiques quasiment vides sur lesquels il n’y aurait pratiquement rien à dire.

Surprise, les affaires étrangères arrivent à dépenser quelques 30,5 millions auprès de 526 associations alors qu’on pourrait imaginer que les associations de notre territoire ont relativement peu de lien avec la diplomatie nationale, forcément à l’étranger. Pourtant, le programme P209 absorbe pas moins de 24 millions pour « Solidarité à l’égard des pays en développement » – ah, le beau mot que voilà, la solidarité financée par l’impôt involontaire des citoyens.

Le Jaune nous apprend que « Dans le cadre de sa politique de développement et de solidarité internationale, le MAEDI (*) valorise le partenariat avec les ONG françaises et met en oeuvre l’objectif d’accroissement de l’aide transitant par les ONG. Les subventions versées en 2015 à partir du programme 209 ont permis de financer des actions en matière de solidarité internationale, d’aide d’urgence, de missions de volontaires, d’appui en matière de gouvernance et de protection des droits humains, de santé et de protection des femmes et des enfants, ainsi qu’au titre de la coopération décentralisée. » (*) Ministères des Affaires Etrangères et du reste, pour mémoire.

On passera sur l’aspect aberrant d’un programme sur la Conférence ‘Paris Climat’ vu le budget limité : 117 000 euros – un emploi fictif ? Par contre, les « Français à l’étranger » n’ont droit qu’à 337 917 euros pour venir leur marquer « solidarité », ce qui fait pour les 1 710 945 expatriés environ 20 centimes de soutien pour le moins « actif » !


Viennent ensuite, selon ordre alphabétique, les affaires « sociales », la santé et le « droit des femmes ». Un coup d’œil au « Jaune » informe que le ministère n’a pas cru nécessaire d’y partager avec le peuple le détail de sa politique de financement des associations, on n’y trouve que la liste brute des subventions, obligatoire. Service public n’empêche pas cette fois le service minimum ; on va donc tenter d’imaginer l’inimaginable.

Toujours est-il que ce ministère s’est doté de quatre programmes très différents à la fois dans leurs thèmes, leurs budgets et leur diffusion. Le ministère distribue 23,4 millions dont 59% sont alloués au programme P304 : « Inclusion sociale, protection des personnes et économie sociale et solidaire », qui ne touche que 272 associations seulement. Outre que le sujet de l’économie « sociale et solidaire » est une grande tartufferie – car l’économie étant le produit de l’action libre des hommes, tous les hommes, elle est par essence toujours sociale et solidaire – la portée de ce programme est très étroite – moins de 1% des associations financées – alors que son ambition semble universelle.

Dans la même veine, l’égalité entre les hommes et les femmes (P137) qui semble aussi une cause universelle ne dispose pourtant que de 5,5 millions, soit moins de la moitié de P304 pour 161 associations. Pauvres femmes.

On pourrait dire la même chose sur P157 et les handicapés, mais il semble plus intéressant de considérer P124 dont le libellé semble des plus « social » et pourtant complètement à gauche (pour le moins) et en bas du graphique. Avec 518 790 euros pour 22 associations, on sent qu’on a affaire là à un programme ambitieux qui manifestement pourtant n’a pas dû réussir à charmer les bureaucrates du ministères face aux autres thèmes, plus « tendances ».


Le prochain dans l’ordre alphabétique est l’agriculture. Avec 432 millions, 21% du budget, 8 programmes et 1 284 associations servies, il est le troisième plus gros ministère subventionneur en 2015. Et le graphique est sans équivoque : le P143 « Enseignement technique agricole » est de loin le plus glouton, en budget (338 millions) et en associations dépendantes (568). Mais voyons d’abord ce que le ministère dit motiver sa politique de subvention :

« Les subventions attribuées en 2015 par le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt couvrent l'ensemble de ses missions, dont, principalement : - l'économie et le développement durable des entreprises agricoles et forestières : actions en faveur du développement local et des dynamiques territoriales ; - de recherche et d'innovation pour l'adaptation au changement climatique, l'amélioration de la compétitivité de la filière et l'introduction de nouveaux produits adaptés aux marchés de la construction et de l'ameublement ; - la sécurité et la qualité sanitaires de l'alimentation : actions de normalisation, d'amélioration de la traçabilité, de veille sanitaire et de promotion d'une alimentation de qualité ; - l'enseignement technique et supérieur : subventions aux établissements d’enseignement agricole privés et aux organismes de formation d’enseignants. Ces subventions couvrent aussi : - la recherche appliquée et l'innovation en agriculture : subventions de programmes annuels et d'actions sélectionnées par appel à projets ; - l'action sociale du ministère : subventions à l'ASMA et aux différentes associations de gestion de restaurants inter-administratifs ; aux Académies d'agriculture de France et vétérinaire de France ; aux organisations syndicales, à l'association des membres du mérite agricole, au Réseau d'Information Comptable Agricole. »

Ce texte est un chef d’œuvre de langue de bois. Il se contente de reprendre les « missions » du ministère, sans jamais donner le moindre argument ayant pu servir à l’arbitrage des subventions, à commencer par P143, et sans discuter du rôle relatif et de la légitimité des subventions au sein de l’ensemble des actions du ministère. On passera à la fin sur le financement de privilèges (« restaurants inter-administratifs », « Académies d'agriculture de France », « vétérinaire de France », « organisations syndicales », « association des membres du mérite agricole ») et sur les arguments à la mode mais dont on n’est dupes, telle « l'adaptation au changement climatique ». Surtout quand on constate que face à ce « défi » du « réchauffement », le P149 « Forêt » ne bénéficie que de 718 700 euros.


Derniers ministères de cette première série (les autres seront abordés dans les prochains articles) on a regroupé quatre ministères qui n’ont que un ou deux programmes de montants relativement limités. Il s’agit de : « Décentralisation et fonction publique », « Économie, industrie et numérique », « Outre-mer », « Ville, jeunesse et sports ».

La décentralisation est le plus économe – on l’en félicite – qui ne dépense que 206 699 euros (0,01% de l’ensemble des subventions) via P148. L’économie numérique dispose de 34,8 millions pour deux programmes (P134 et P192) – en toute logique, si ses sujets étaient vraiment une priorité gouvernementale, il faudrait au moins aligner ce budget avec les plus gros pour le décupler : autrement dit, c’est un indice de non cohérence ou de désintérêt du sujet. L’Outre-mer avec ses 2,09 millions n’est pas non plus une grosse priorité, surtout l’emploi (P138) qui dispose de 85 500 euros pour 15 associations (5 700 par association, soit même pas de quoi financer un emploi fictif local).

Enfin et par contre, le ministère de la « Ville, jeunesse et sports » profite de 153 millions, ce qui en fait le cinquième plus gros en budget. On voit ses deux programmes sur la droite du graphique, ils se détachent nettement. On ne saurait approuver le principe d’une subvention qu’elle quelle soit, mais au moins peut-on convenir que ces finances sont a priori cohérentes avec leur objet, touchent beaucoup de monde et ne sont pas diluées sur une foule de programmes. On verra dans l’analyse plus fine des programmes que tout n’est pas pour autant sans poser question.


Sunday, December 17, 2017

Dis-moi quel est ton patrimoine, et je te dirai…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

L’actualité est faite d’une longue suite de « sujets du moment ». C’est une technique bien ancrée dans les mœurs journalistiques qui permet de parler de choses sans grande importance alors que dans l’arrière boutique, les élus et bureaucrates se partagent tranquillement le butin de nos impôts et taxes. Mais pour une fois, voilà un sujet de fond qui fait la une : la politique est-elle morale et peut-elle être moralisée ? Avec ses corollaires : la Société peut-elle fonctionner économiquement sans les effets et les manifestations d’une vie politique au-dessus de tout soupçon ?

Par nature, je ferais volontiers valser tous ces malandrins, car mon analyse est que le patrimoine des élus est la face visible d’un iceberg fort malsain. De prime abord, exiger des élus qu’ils rendent public leur patrimoine peut sembler pour quiconque d’honnête et sensible à la protection de la propriété privée rien de moins qu’un viol. Alors que le voyeurisme s’empare de tous et que le bateau coule, cette précipitation à divulguer recèle en vérité une partie immergée bien plus pernicieuse pour tous.

Car les élus – tous les élus – ne sont pas des gens tout à fait comme les autres. Ils sont supposés être nos représentants pour garantir nos droits naturels et imprescriptibles. Ce sont eux qui nous doivent des comptes – et non les citoyens envers eux. Il fut un temps où être un élu était un honneur, car le rôle supposait le bénévolat. Mais désormais, en ce pays socialiste, tout élu reçoit des revenus qui le font vivre et qui proviennent directement de nos impôts : ce que les élus gagnent vient de ce qui nous a été ponctionné. Rappelons que pour qui ose faire métier de la politique, tels notre président et l’essentiel de l’hémicycle, tout ou presque de leur patrimoine provient de la fiscalité. Ils nous doivent d’autant plus de comptes que leur richesse traduit la voracité de chacun d’eux envers nous.

Rien que ce conflit d’intérêt rend impossible la moralisation de la politique. Ce n’est pourtant pas tout. Le politique pourrait se contenter de vivre sur notre dos sans rien dire, pénard, droit dans ses bottes. Mais ces gens là sont en plus en mal d’existence, il leur faut compenser l’abus de pouvoir par l’illusion de l’utilité, puisque leur travail n’en est pas un. De là viennent leurs continuelles ingérences dans la vie économique et privée. Ils n’ont de cesse de modifier les textes avec un unique objectif : spolier tant et plus le citoyen honnête. On commence alors à toucher la véritable immoralité de la vie politique. Se payant sur nos impôts, ils viennent en plus chercher leur légitimité impossible en se mêlant de sujets économiques auxquels ils ne comprennent rien et où leur ingérence ne peut que conduire à une perte globale de productivité et de moralité pour engendrer chaos et décadence.

Et les affaires de montrer un autre aspect de cette tromperie collective : la corruption généralisée. Clarifions tout de suite le propos. Il s’agit de cette corruption insidieuse issue du clientélisme et de l’électoralisme. L’homme politique promet avec l’argent des autres la réalisation de projets tous forcément inutiles et nuisibles, puisque imposés. Il transforme le système d’état en système mafieux via la force pour voler les citoyens honnêtes. L’élu biaise et abuse de son pouvoir pour offrir des privilèges, aidé par le bureaucrate, qui lui aussi y trouve son intérêt dans la même spoliation. Payés par nos impôts, ils trouvent en plus le moyen de tricher et de manipuler ! Affirmons haut et fort que la corruption n’est possible que parce que l’abus de pouvoir est possible. La moralité politique est inenvisageable tant que la corruption en promesses de distribution d’impôts sera possible.

Ainsi la question de la moralité a-t-elle des ramifications profondes dans la structure sociale actuelle. Or que voit-on dans le débat public en la matière ? Rien ou presque, les journalistes comme d’habitude osent à peine soulever le voile de la « démocrassie ». Chut voyons, gardons le silence…

Saturday, December 16, 2017

La société civile contre l’état

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

L’étouffement progressif de la société civile est une tragédie nationale et constitue la cause profonde du manque de compétitivité de notre pays. A l’heure où l’on appelle au « patriotisme économique » pour redresser la « nation », il n’est peut-être pas inutile de rappeler aux « sans jugeotes » qui ont pris le pouvoir qu’il n’y a pas de « nation » sans société civile, c’est-à-dire sans société hors de l’État.

Comme l’explique Wikipédia, la société civile est « le domaine de la vie sociale civile organisée qui est volontaire, largement autosuffisant et autonome de l’État ». C’est la force vive de la société, la vie.

Quand la dépense publique représente déjà 57% de la dépense nationale, où plus d’un euro sur deux est donc dépensé selon des principes et des décisions prises par les oligarques de l’état obèse et irresponsable, ne serait-il pas « patriotique » de parler des efforts que ces derniers devraient faire eux-mêmes pour permettre le redressement de l’état en difficulté ? Mais le voient-il, seulement ?

Où est, en effet, le patriotisme économique de notre gouvernement et de la foule de fonctionnaires qui augmentent les impôts sans avant tout chercher à baisser la dépense publique ? Quand l’état impose plus sans dépenser moins c’est encore et toujours à la société civile, notamment par ses classes moyennes et ses PME, de subir l’effort qu’il est imposé de produire pour rembourser la dette.

L’augmentation incroyable d’impôts en tout genre qui tombent sur les français étouffe la société civile et montre que la propriété privée, en France, n’est plus devenue qu’un prétexte à se voir payer plus de taxes. Qu’il est loin le moment où les fondateurs de la république inscrivaient la propriété individuelle comme un droit de l’homme naturel et imprescriptible. Il est temps de s’en souvenir.

Cette substitution démesurée et surtout immorale de l’appropriation publique à la propriété privée et individuelle est le résultat d’un long processus. Et sa longue durée, sur trois générations voire plus, a permis au pouvoir de diffuser son venin sans que le souvenir des jours meilleurs joue dans la tête des jeunes générations le rôle d’antidote. Ainsi depuis près de 40 ans, nos « hauts administrateurs » ont utilisé le surendettement arbitraire pour produire des « miracles sociaux » et ont peu à peu réussi à faire voir comme légitime l’évincement de l’action et la volonté civile par l’intervention et la volonté de ceux qui dirigent la sphère publique (soi-disant au nom de la société dans son ensemble).

On aurait bien aimé entendre parler de « patriotisme économique » quand cette « élite » puissante de hauts fonctionnaires décida de surendetter l’état et, par là même, les nouvelles générations – mais surtout pas eux-mêmes ni leurs enfants. Pourtant, cette dette, ils en ont décidé, ils en signent chaque jour les « obligations » sur les marchés : pourquoi serait-ce à nous de la rembourser ?

Si notre nation s’est fondée, avec la Révolution française, grâce à la primauté du Tiers état, la société civile d’alors, ce n’est pas pour l’oublier aujourd’hui. L’éviction progressive de la société civile est une tragédie nationale et constitue une des causes profondes du manque de compétitivité de notre pays.

Seul le rétablissement des libertés civiles fondamentales, dont le droit de ne pas voir sa propriété toujours un peu plus spoliée au nom de la volonté particulière d’une caste ultra protégée, permettra à l’initiative, l’ingénuité et la responsabilité individuelle des Français de s’exprimer à nouveau de façon créative et productive. La prospérité du pays, de tous et de nos enfants, dépend de nous, surtout pas « d’eux ». Mais cette prospérité suppose notre réveil à cette réalité de notre spoliation.

Nos élites bureaucratiques nous tiennent en fait un discours du type « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ; et surtout soyez patriote... » Les élites qui envoyèrent les Français au casse-pipe de la Première guerre mondiale avaient le même genre de moralité... Vous comptez partir aux tranchées ?

Subvention étatique des associations – Analyse critique – 2 : Survol des programmes

Ce texte est la première suite à l’introduction critique au « Jaune » budgétaire rapportant des subventions étatiques au profit des associations en 2015. Après une vue d’ensemble des montants et des ministères, cette fois il s’agit d’introduire la notion de « programme » et de voir comment les 2 milliards se ventilent sur les 82 programmes.

L’état et ses ministères entendent bien sûr gérer au mieux les sommes colossales accordées aux associations. Pour ce faire, voyez-vous, le concept de « programme » a été inventé. Chaque ministère crée et finance un ou plusieurs programmes. Chaque programme est motivé et associé à un « objectif », un domaine d’intérêt relevant du ministère. Le financement d’une association au titre d’un programme signifie que le ministère considère que ladite association a des activités – du moins celles qui font l’objet du financement – qui sont cohérente avec la finalité du programme. Notons au passage qu’une même association peut recevoir des subsides de plusieurs programmes.

Les 17 ministères ont ainsi créé pas moins de 82 programmes, nous le verrons plus en détails ci-dessous. Le nombre de programmes par ministère est variable, allant de 1 à 11, record détenu par l’écologie et ce cher « développement durable ». A l’inverse, le programme unique de la « décentralisation » met en évidence combien ce ministère est proche du terrain et des milieux associatifs, paradoxe de prime abord pour qui prétend « décentraliser ».


Les 82 programmes sont très hétérogènes selon bien des critères, à commencer par les montants de leurs budgets et le nombre total d’associations que chacun contribue à financer. Le graphique ci-dessous met ces deux critères sur la même figure – en bleu un histogramme des budgets, qui vont jusqu’à frôler les 350 millions, et en jaune or la courbe du nombre d’associations bénéficiaires, dépassant une fois les 6 000 sur un total général de 26 970 en 2015.

On l’analysera plus tard, mais déjà on se rend compte que sur la droite on trouve un plus grande densité de programmes soit dépensiers soit arrosant très largement – ou les deux – et il se trouve que c’est en lien avec deux ministères particuliers qui chacun à sa façon pose question quant au besoin de telles explosions de dépenses.


Sans approfondir, on voit que la grande majorité des programmes ne touche au mieux que mille associations, le plus souvent quelques centaines. En effet, seuls cinq programmes dépassent les 1 000 et deux autres les frôlent. Et d’autre part, tout juste dix programmes disposent de plus de 50 millions, la grande majorité étant en dessous des 25.
Les mêmes chiffres sont repris sur le nuage de points qui suit, mais on y voit mieux les tendances conjointes. Très grossièrement, on constate sept programmes qui sortent très nettement d’une masse coincée entre 1 500 cibles et 75 millions distribués. Ces sept programmes feront l’objet d’analyse plus approfondie vu à quel point ils se distinguent par leur fausse « générosité ». Et donc à l’inverse, 75 programmes sont dans le coin inférieur gauche. Les deux graphiques qui suivent font un zoom en deux temps sur ce coin de gauche, pour mieux cerner cette réalité.


Un premier zoom sur les programmes de moins de 1 400 cibles et de moins de 50 millions de budget montre une tendance similaire, quasi fractale, avec une poignée de cinq gourmands et 67 autres à 25 millions et moins et 700 associations concernées au grand maximum. Il se confirme que les programmes sont pour le plus grand nombre plutôt très petits dans leur impact et leur ambition. Mai zoomons un dernier cran pour mieux se rendre compte.


Cette dernière vue confirme le caractère « relativement fractal » de l’ensemble des programmes qui continue de se concentrer sur le coin inférieur gauche – on y trouve encore seize programmes à moins de 50 cibles et 1 million de budget. En fait, et P308 par exemple est visible et a été mis en gras, il y a même 2 programmes dont le budget est respectivement de 1200 et 1500 euros, pour une seule association dans les deux cas. On l’étudiera plus en détail, mais la principale conclusion de ce graphique consiste à se demander non seulement si des budgets aussi ridicules ont un sens quelconque – même si du point de vue libéral c’est une excellente chose – mais aussi s’il est bien raisonnable mettre en place le concept et la gestion de « programmes » pour distribuer des sommes aussi faibles.


Friday, December 15, 2017

Et si... le prélèvement à la source était la source d’illusions ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Face au ras le bol fiscal, le gouvernement annonce une prétendue remise à plat de la fiscalité, agitant le prélèvement à la source comme acte majeur de la réforme. La belle illusion que voilà : faire passer un outil fiscal comme moyen de réduction des taxes et impôts ! Le lapin blanc est sorti du chapeau !

Nos politiciens pensent-ils nous faire prendre donc sans fin des vessies pour des lanternes ? Les français sont pris pour des gogos avec l’annonce de prélèvements constants, comme lors de la réforme sur la taxe professionnelle, dont les dindons de la farce furent les petits entrepreneurs, artisans, commerçants et professions libérales, les élus locaux voulant toujours dépenser autant. Ce n’est pas comment prélever qui importe, mais combien. Tu parles d’une réforme pire qu’inutile.

« Prélever à la source » consiste en réalité à masquer au contribuable ce qu’il paye. C’est la technique de l’escroc : ses victimes doivent voir l’escroquerie le plus tard possible. En cas d’acte illégal, la victime peut arriver à le faire cesser. Mais lorsque l’escroc est celui qui dispose de la violence légale, l’illégal devient vite légal sans être légitime pour la victime qui subit l’escroquerie. N’hésitons pas à dire que nos gouvernants se comportent donc comme de réels délinquants.

Or l’état est par nature boulimique : il veut satisfaire son appétit d’ogre. Sa nourriture, c’est l’argent des citoyens. Mercantiliste, plus il grossit, plus son comportement de parasite se développe, et plus la pauvre source se tarit. Affamé insatiable, il ne réfléchit plus : le court terme prime sur tout, il dévore. Les causes aux malheurs du peuple sont limpides : le succès du magicien politique est éphémère, les prochaines promesses électorales en masquent la gabegie et la fuite en avant.

Prenons l’exemple d’un revenu mensuel net de 1000 euros avec un impôt annuel soit de 1 200 euros – 100 euros mensuel – payés au mal-nommé « trésor public » (gouffre public serait plus approprié). Certes, avec le prélèvement à la source, le revenu touché ne sera plus que de 900 euros mais le citoyen n’aura plus de chèque à faire au trésor. Le gouvernement vous épargnera cette douleur.

Mais cela donne plus de latitude à ce dernier pour piocher impunément dans vos revenus, surtout quand il se trompe. Cela vous interdit aussi de profiter de tout votre salaire au moins pendant quelque temps. Le prélèvement à la source, c’est renforcer l’opacité fiscale en déresponsabilisant le citoyen face au paiement de l’impôt. C’est pouvoir augmenter l’impôt sans résistance. Plus le citoyen est ignorant des embrouilles, mieux le pouvoir se porte. Il va pouvoir faire ce qu’il veut de vos sous.

Ce camouflage prend une proportion démesurée lorsqu’il est envisagé de fusionner l’impôt sur le revenu avec la CSG. Progressif, le premier concerne les revenus du foyer selon de nombreuses subtilités. Il finance l’état. La seconde, cotisation proportionnelle au salaire, est destinée à la sécurité sociale. Ultime tentative désespérée pour sauver la sécu en voie d’extinction ? Ouf, ce micmac fiscal, s’il venait à être enclenché, serait contraire au droit européen. Mais il n’est pas mort pour autant…

La réforme fiscale est certes nécessaire. Mais à condition de repenser la légitimité de l’impôt et le périmètre de l’état. Pour être consentie – exigence de la DDHC – ce qui est l’inverse de ce qui se prépare, la fiscalité doit être compréhensible par chacun, simple et stable. Les dépenses publiques sont le cœur qu’il faut viser. Les citoyens n’ont pas à subir la charge fiscale d’élus ineptes. La véritable réforme fiscale sera celle où leur pouvoir d’achat est enfin intégralement rendu aux honnêtes gens.

Thursday, December 14, 2017

La Poste : un service de + en + timbré !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Avec des militants anticapitalismes en leur sein, il faut s’attendre à tout venant des directions des administrations ou entreprises publiques. Ainsi la Poste vient de révéler que : « Le prix du timbre pourrait augmenter de 24% en 5 ans ». La raison ? « La Poste viserait ainsi à compenser la baisse du nombre de lettres envoyées ». Grâce à Internet et aux emails, les échanges de courrier ou de documents, dématérialisés, sont plus rares. Mais ce n’est pas elle qui s’adapte, mais nous par le prix !

Tout chef d’entreprise aimerait pouvoir raisonner ainsi : « Tiens, j’ai une baisse de mes commandes ; hop, il me suffit d’augmenter le prix de mes produits ou services. » Tout citoyen normalement constitué sait que s’il agissait ainsi, notre chef d’entreprise verrait inéluctablement ses clients se tourner vers les concurrents plus compétitifs. Ah, cette vilaine concurrence qui donne aux clients égoïstes des prix toujours plus bas. Ah, ce vilain marché qui oblige l’entreprise publique à rester compétitive et à innover pour répondre au besoin des citoyens et exerce la pression sur les revenus.

Il est effectivement facile d’augmenter les prix quand on dispose d’un monopole : mais comment savoir le juste prix, le juste niveau du service si la concurrence n’est là pour corriger les errements des (ir)responsables ? Ne serait-ce pas plutôt « grâce » au marché que nous pouvons éviter les pires dérives ? N’est-ce pas « grâce » aux prix de plus en plus bas que tout consommateur peut s’offrir les produits et prestations adaptés à son besoin en fonction de ses priorités d’achat ? N’est-ce « grâce » à la multiplication de l’offre que le nombre de producteurs s’accroît et donc le potentiel d’emplois ? Seul un marché libre est en mesure d’offrir de telles perspectives, jamais un monopole de l’état.

D’ailleurs, partout où l’état intervient, l’augmentation des prix est visible, car il n’en a jamais assez. Incapable d’innover, comme la Poste, l’état, c’est la raréfaction de l’offre, et donc la réduction des vrais emplois. C’est le cercle vicieux où est tombé la France en donnant un pouvoir abusif à des bureaucrates croyant pouvoir faire fi des lois économiques. Issus du sérail administratif, ils ignorent ce la prise de risques sur le marché, mais donnent à longueur de journée des leçons sans rapport avec une économie saine. Et ils augmentent le timbre car ils ne savent pas faire d’économies.

Ainsi, la quasi-totalité de leurs décisions économiques conduisent à détruire les emplois. A grands coups de réglementations liberticides, les décisions ministérielles enfoncent un peu plus le pays dans le déclin. Les dépenses quotidiennes liées à des emplois administratifs inutiles dans la fonction publique ne peuvent plus être couvertes par les prélèvements. C’est le règne de la dépense forcée qui n’en finit plus. Il est amusant de constater que ceux qui n’ont de cesse de dénoncer le marché comme une jungle nous démontrent que trop de réglementation conduit à l’arbitraire économique.

L’état dit avoir besoin de plus d’argent pour ses dépenses, et hop, sa seule et unique solution, c’est de ponctionner sans vergogne un peu plus les citoyens. Ça ne vous rappelle rien ? Quand le roi dépensait plus que de raison ? Et hop, il s’offrait soit une descente dans les villages pour spolier les pauvres serfs, soit une petite guerre pour voler d’autres peuples ! Belle civilisation que voilà.

Pour la Poste, il parait que le successeur du responsable actuel, qui a confirmé son départ, pourrait faire d'autres choix stratégiques. Au moins souhaitons-lui d’être un peu plus réaliste sur l’activité de son entreprise pour l’adapter au marché avant que ce ne soit le marché qui ne l’y oblige.

Wednesday, December 13, 2017

Et si… l’éco-taxe révélait l’éco-nnivence ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Sans l’économie libre, ceux qui dirigent état et collectivités locales ne disposeraient d’aucun revenu, revenus que le politicien n’a jamais su asseoir que sur la coercition de la société. Le financement de l’état n’est ainsi pas assis sur une règle consentie, mais sur une obligation via la multitude d’impôts et taxes, tous authentiques « vols légalisés ». L’homme est transformé en machine à payer des sommes arbitraires contre son libre choix. Est-ce là vivre dans une société humaine, apaisée et épanouie ?

L’utilisation de la force contre les gens honnêtes est contraire aux principes des droits de l’homme et du citoyen (liberté, propriété, sécurité et résistance à l’oppression). Le rôle de la force publique n’est que d’assurer le droit en n’utilisant cette force que contre ceux qui violent le droit et non contre le citoyen honnête. La politique devrait se limiter à définir les limites des institutions pour éviter l’abus de pouvoir. Or l’état, ou plutôt le système politique, s’est arrogé un droit d’intervention en instituant une « économie forcée » à la place du laissez-faire naturel. Comment respecter et avoir confiance en un système où celui qui doit protéger devient le premier agresseur : créateur de lois liberticides, spoliateur de biens, source d’insécurité des citoyens et des entreprises, et oppresseur fiscal ?

La fiscalité est volontairement incompréhensible : la complexité et l’opacité offrent à ceux qui les entretiennent de grasses ressources, sans aucun mérite et dans la discrétion. Depuis la Seconde guerre mondiale, elle satisfait un système bureaucratique archaïque qui broie la société et qui favorise un modèle économique bâtit sur le « capitalisme de connivence » : il se nourrit à travers subventions, niches fiscales, endettement public, inflation et monnaie de singe en faisant main basse sur l’argent du marché libre. La manière dont la très grande majorité des politiques s’expriment d’ailleurs sur la mise en place ou l’augmentation d’une taxe ou d’un impôt en dit long : elle (il) « rapportera à l’état » ! Le grand perdant, c’est l’homme, le citoyen, qui pourtant sert de prétexte !

L’éco-taxe est l’exemple parfait de ce que j’évoque : une société privée, « Ecomouv’ », a été mise en place pour répondre aux demandes de l’état, pas à celle des citoyens, qui n’ont rien demandé. Elle est contrôlée majoritairement (70%) par une société italienne, le reste du capital étant détenu par des sociétés dont la connivence sur les marchés d’état français est manifeste, au profit de privés privilégiés : Thales possède 11% du capital d’Ecomouv’, SNCF 10%, SFR 6% et Steria 3%.

Le long fleuve tranquille que les politiciens ont tissé au fil des ans arrive à l’embouchure où l’eau douce devient saumâtre mais n’est pas encore salée. Salée, l’addition qui se profile va l’être. Elle sera le résultat de cette fiscalité pléthorique et instable qui confisque progressivement l’argent de l’économie libre au profit de l’économie forcée – on sait depuis combien ce projet a dérapé…

Seul le libre choix détermine si un bien ou un service s’échange à un prix vraiment consenti entre l’acheteur et le vendeur. Le don volontaire est aussi un libre choix. Mais le vol étant un acte non consenti, le voleur est punissable : le droit doit le sanctionner. Mais c’est le voleur qui fait les lois.

Ainsi « l’état interventionniste » crée l’injustice : il punit les honnêtes citoyens par taxation ou imposition en les contraignant à payer des services qui n’ont rien de légitime. C’est de la violence permanente. Et la violence finit par conduire à plus de violence encore.

Tuesday, December 12, 2017

Hôtels de département et de région

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Chaque fois qu’à Toulouse on longe la Garonne vers Empalot ou le Canal du Midi vers les Minimes, on peut admirer les chefs d’œuvre d’architecture administrative que sont les hôtels de département et de région. Surtout le bâtiment du conseil général dont les deux menhirs – obélisques ? – à l’entrée évoque la grandiloquence d’un Karnak dont le pharaon aurait plus d’ambition que de moyens…  De plus, ces deux ensembles n’en finissent pas de se voir agrandir. Il faut croire que la population qui les occupent connaît une démographie galopante. Avec l’argent des autres, il est facile de s’agrandir.

Bien des « économistes » nous diront que ces travaux de construction et d’agrandissement sont une source importante de croissance et de revenus pour les entrepreneurs locaux. C’est oublier que les fonds qui ont servi à payer ces entreprises ont au préalable été prélevés sur la population qui aurait pu en faire autre chose de plus utile. La croissance n’a donc pas été créée, elle a en fait été usurpée.

Les deux « hôtels » sont habités de fonctionnaires dont le nombre croît en gros avec la surface de bureaux. Il y a peut-être quelques contractuels ou stagiaires, mais ils restent payés avec nos impôts. Là encore, de prime abord on pourrait croire qu’il a croissance par création d’emplois, et c’est d’ailleurs ce qu’exprime le calcul du PIB de nos jours, puisqu’il intègre la « production » publique.

Mais en réalité il n’en est rien, bien au contraire. Par statut aucun fonctionnaire n’a jamais produit la moindre valeur et n’en produira jamais. Les cris que cette affirmation provoquera n’y changeront rien. Pour qu’il y ait valeur et donc richesse, il faudrait d’abord qu’il y ait commerce volontaire. On n’attache en effet de valeur qu’à ce qu’on est prêt à payer. Donc que chaque fonctionnaire produise des produits ou services qui soient spontanément demandés par les consommateurs. Qu’on me cite un seul service de ces collectivités pour lequel M.Dupont serait prêt à payer, spontanément.

On m’opposera que la région comme le conseil général produisent en réalité de nombreux produits et services et sont donc une forte source de richesse collective. Pour appuyer ces dires, leurs sites web vantent leur action dans les domaines du transport, de la culture, l’aménagement du territoire, l’enseignement, la formation et l’écologie. Mais quels services se cachent derrière la propagande ?

Des subventions, des « droits sociaux », des services publics. Les subventions perturbent l’économie, les « droits » perturbent la méritocratie, les deux redistribuent des sommes prélevées sur la richesse justement acquise. Les services publics sont les seuls candidats à une éventuelle valeur, mais qu’en est-il vraiment ? Prenons le cas simple des transports en commun. Seriez-vous prêt à payer le prix de ce qu’ils coûtent vraiment ? Si votre réponse est « non », alors il n’y a ni valeur ni source de richesse.

Mais revenons aux bâtisses. Elles occupent de vastes terrains en plein Toulouse, des terrains qui pourraient rapporter beaucoup sur le marché de l’immobilier. A l’heure de dettes nationale comme locales dignes des plus belles cavaleries financières, il pourrait être astucieux de revendre et libérer ces terrains pour aller vers des espaces moins nobles mais moins dispendieux pour la collectivité.

Rappelons qu’avant la décentralisation voulue par Gaston Deferre en 1982, il n’existait pas de région Midi-Pyrénées et que le conseil général de Haute-Garonne avait un champ d’action bien plus réduit. Cela n’avait pas semble-t-il empêché Toulouse d’être déjà une ville – bien plus – prospère. Depuis 30 ans, au moins la « décentralisation » aura-t-elle permis aux pharaons locaux d’exprimer leurs egos.

Et si… on séparait politique et économie ? (2/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Avez-vous noté que l’homme politique s’est pris d’affection pour le miséreux ? Mais, ouf, avant de se pencher sur le sort de la misère du monde, il a bien pris soin de se mettre lui-même à l’abri : il se sent si indispensable que « politicien » est devenu un métier. Via la pseudo légalité, l’homme de pouvoir ne ressent aucune once de culpabilité à taper dans la caisse des fruits du travail des autres. Ainsi est née la religion d’état au concept singulier : le vol des plus « riches » que soi est devenu « l’égal ». Peu importe si les pauvres restent pauvres, tout est prétexte à intervenir pour appauvrir les plus riches.

Cette forme de croyance et ses variantes s’appellent « socialisme ». N’entrons pas dans ce débat clos depuis 1922, lorsque Ludwig von Mises démontra de manière brillante dans son immense ouvrage « Le Socialisme » qu’aucune forme de cette idéologie ne peut réussir durablement, faute de liberté.

A l’aune du centenaire de la FED, aucune des expériences socialistes (nationaliste, internationaliste, communiste, gaulliste, social-démocrate, etc.), qui toutes supposent les hommes politiques capables d’intervenir valablement dans l’économie, n’a résisté à l’épreuve du temps. Avant que cela ne tourne au vinaigre, il y a urgence de tirer la conclusion que Ludwig von Mises avait dégagée : se libérer de la croyance que l’homme politique ferait le bonheur de tous. Car en réalité, il fait le malheur de chacun.

Le miséreux, c’est celui qui a des difficultés à participer aux échanges humains, qui a du mal à valoriser sa propre personne au sein de la société humaine. Ou que le système rejette. Peu importe les causes. Et le constater ne doit pas servir de fausse justification au vol fiscal ni à l’inflation législative. La générosité, le don et les associations caritatives sont en mesure de venir à son aide.

Brider les échanges économiques de tous pour cause de la misère de certains, c’est refuser de voir que beaucoup sortent de la misère grâce au libre-échange. Penser que la prospérité vient de l’action politique, c’est nier la liberté de l’action humaine et nier sa puissance imaginative. La situation économique française prouve que nous sommes dans le déni : jamais l’état français n’a autant spolié les citoyens, et pourtant la misère progresse. Parce que prendre « pour le pauvre », c’est prendre.

Heureusement, le pouvoir politique a une limite naturelle. Elle s’exprime clairement à l’article 2 des Droits de l’homme et du citoyen. La solution est connue : regarder la réalité en face ! Le problème tient au dévoiement latent de la démocratie : l’électoralisme. La voie prise repose sur le vice, sans la vertu : s’accrocher aux vestiges de l’illusoire modèle français et préconiser la « démondialisation » au détriment du peuple. En clair, découpler la France du reste du monde, à l’instar de l’ensemble de la classe politique française qui préfère une misère persistante en dépendance, par calcul électoraliste.

Ce qu’on s’imagine, c’est que l’état doit être redistributeur. Mais en fait, il n’est que destructeur de richesse. C’est la corruption intellectuelle du système. Rien à voir avec l’intérêt dit « général » d’une société épanouie faite d’individus libres et responsables. Le meilleur des gouvernements sera celui qui ne gouvernera pas et dont l’objectif sera la séparation de l’économique et du politique, stricto sensu, comme avaient été séparés la religion et l’état. La politique ne se borne qu’à garantir le droit d’être des citoyens au sein de la société pacifiée, lesquels agissent par des échanges légitimes. Ça n’empêche pas les inégalités ? Tant mieux ! car l’inégalité est la source de toute richesse.

Monday, December 11, 2017

Subvention étatique des associations – Analyse critique – 1 : Principe et Répartition générale

Au titre de la « preuve » de sa « performance », Bercy publie désormais un « jaune budgétaire » qui fait état, mot bien choisi, de l’ensemble de subventions versées par les ministères à la foule des associations de tous ordres qui sont en situation plus ou moins avancée de dépendance financière.

Ce « Jaune » est pour le moins volumineux, puisqu’il est publié en 3 volumes austères et très factuels faisant respectivement 552, 761 et 1187 pages. Les deux premiers donnent le détail des montants versés par ministère à chaque association alors que le dernier fait le bilan pour chaque association.

Ce Jaune est extrêmement riche – autant que ces subventions nous appauvrissent – et mérite des analyses nombreuses. Il commence par nous informer que 17 ministères ont consacré la bagatelle de 2 057 430 760 euros pour financer 26 970 associations via quelques 82 « programmes » thématiques.

Nous reviendrons sur tout cela en détails. Pour le moment observons que parmi les 17 ministères, les trois seuls régaliens (Justice, Défense et Intérieur) ne représentent que 61,656 millions, soit 3% de la masse de ces dépenses. Autrement dit, 97% des sommes sont mobilisées sur des argumentaires qui ne sont même pas dans le domaine que beaucoup considèrent comme le cœur légitime de l’état.

Ces 17 ministères sont donc loin de dépenser de manière uniforme, et le graphique ci-dessous illustre la grande disparité des politiques de subvention entre eux, selon deux axes : en abscisses on trouve les montants globaux dépensés par ministère alors qu’en ordonnées figurent le nombre d’associations profitant de la manne ainsi versée. N’oublions pas de plus que ces chiffres et ce graphique ne rendent aucunement compte des sommes attribuées par les collectivités locales  on reste livides...


On y observe cinq zones qui jouent comme aux quatre coins de manière très marquée. On a vu les régaliens, ils sont avec les neuf autres les moins dépensiers dans le coin inférieur gauche. On constate que celui qui sort un peu du lot et tente d’exploser sa dépense est sans surprise le ministère de l’écologie et du « durable » des larbins. Ce sont toujours les choses les moins utiles mais qui font l’objet du plus de baratin et de propagande qui font les trous budgétaires, les « rouges » et « noirs » budgétaires. Et en effet, les cinq autres ministères qui se sont comme libérés et s’envolent vers les limites du schéma sont tous des domaines sans la moindre justification – autres que politiciennes.

Le plus timide, et c’est surprenant, est l’éducation et la recherche. On apprend ainsi que 200 millions viennent s’ajouter aux milliards jetés dans les abysses du fonctionnement de l’éducation nationale.

Plus proche de l’imaginaire commun, les 150 millions ventilés sur plus de 9 000 associations au titre de la jeunesse et du sport. Somme rondelette dont on pourrait imaginer qu’elles devraient provenir pour la plus large part des collectivités qui sont les plus proches de ces activités de la population.

En haut à droite, on constate que 450 millions tombent dans l’escarcelle de 11 mille entités au titre de la « culture », concept mou et flou qui permet de perfuser et de corrompre une foule avec en moyenne 41 mille euros par an, soit 3 400 par mois, de quoi faire le salaire d’une armée d’incultes.

Enfin, dans le coin du bas à droite, c’est-à-dire les sommes les plus importantes consacrées au plus petit nombre d’entités, 1 500 et 2 000 en gros, « l’agriculture » et le « travail », avec 285 mille et 230 mille euros en moyenne annuelle, donnent largement de quoi court-circuiter le marché et poser les bases de trafics en tous genres. La France est décidément le pays des délires jacobins en tous genres.

Voici donc un premier, rapide coup d’œil sur le scandale des subventions associatives. A suivre tout une série d’analyses plus ciblées et spécifiques sur les nombreux scandales qui s’y cachent…

Sunday, December 10, 2017

Et si… on séparait politique et économie ? (1/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Par quoi sont guidés nos hommes politiques ? Dans une chronique économique, que peut bien faire une question sur les hommes politiques ? S’il y avait une séparation effective entre économie et politique, je ne poserais pas cette question. Mais la question s’impose parce que la politique a sombré dans le mercantilisme et a un impact funeste sur la vie quotidienne de chacun.

L’échange est à la base de toutes les relations entre individus. Certes, il n’y a pas que des échanges économiques entre humains. Il demeure, naturellement pacifique, l’échange relève du domaine privé, et même sans qu’on en ait conscience, tout échange est un contrat de droit privé. La « loi » ne doit intervenir que lorsque l’échange – ou ses conditions – viole ce contrat, c’est-à-dire qu’un conflit survient où la propriété de l’un ou de l’autre a été abusée. Dès lors, c’est à la justice de s’organiser pour régler tout abus, y compris de pouvoir. Là intervient le politique : sur la séparation des pouvoirs.

Ainsi le politique n’a aucune raison d’intervenir dans les décisions d’échange. Rien ne justifie qu‘il prétende à une quelconque justice dans le domaine économique. Il en est même tout simplement incapable. Croire qu’on doit et qu’on peut égaliser par la loi les relations économiques est un non-sens contraire à la vie en société d’individus libres. C’est nier la souveraineté individuelle. Pire pour des socialistes « humains », c’est ne pas voir la richesse issue des différences entre les hommes.

Car il faut le dire et le marteler : l’homme politique n’est guidé que par son intérêt personnel, celui du pouvoir sur les autres, pouvoir qu’il exerce par la spoliation, matérialisée par impôts et taxes, en plus de l’arbitraire. C’est hélas la réalité, mais c’est en complète contradiction avec l’objectif dont ils masquent leur action et avec l’idéal qu’ils mettent en avant, celui du bonheur des citoyens.

D’abord le pouvoir. Comment peut-on prétendre vouloir assurer l’égalité des hommes devant le droit en détenant soi-même un pouvoir sur les autres ? En fait, l’homme politique détourne le droit : il place le droit « positif » (la législation) au-dessus du droit naturel qui fait la société depuis toujours.

L’homme politique est arrivé à peu à peu bafouer le droit naturel (droit d’être) en imposant des faux droits, artificiels, que sont les « droits à avoir » (droit au RSA, droit à un statut). Cela matérialise leur promesse arbitraire mais conduit à la catastrophe car on supprime peu à peu tout consentement individuel. Or il est immoral et injuste de priver les hommes des fruits de leur travail sans leur accord, comme le fait l’impôt. De plus, cet échange « forcé » n’est autre qu’un vol à titre économique. Même organisé par une pseudo majorité face à la minorité, cela n’est ni juste ni pacifique ni ne peut l’être.

Les droits d’être sont une notion humaniste, valable en tout lieu et toute époque. Et ce sont eux qui fondent les principes économiques. Ils sont universels et naturels, ils sont imprescriptibles. Mais l’abus de pouvoir les méprise, et même la démocratie ne suffit pas à limiter l’abus de pouvoir.

A l’inverse, les droits d’avoir n’ont de base que matérialiste et une incompréhension de la société et de nos valeurs. Ils sont variables avec les époques et les territoires où ils sont censés s’appliquer, preuve de leur injustice. Arbitraires et clientélistes, seul l’abus de pouvoir peut les mettre en place.

Une société épanouie, faite d’individus libres et responsables, a-t-elle place pour des droits d’avoir qui bafouent les droits d’être ? Comment les hommes politiques justifient-ils à cette lumière leur interventionnisme ? Nous y répondrons dans une seconde partie à venir prochainement.

La chasse aux riches nous appauvrit, tous

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Pour le commun des mortels, l’impôt serait un mal nécessaire. C’est ce qu’on nous apprend à l’école, du moins. La perversité des impôts et taxes, et de la dépense publique, est ainsi loin d’être reconnue largement. Et comme c’est la saison des taxes et que le gouvernement envisage de taxer jusqu’à la bière, laissez-moi vous expliquer en termes simples ce que tout le monde devrait pouvoir reconnaître.

Imaginons qu’une fois par semaine, 10 amis se retrouvent au bar et que l’addition totale se monte à 100 euros, soit 10 euros par personne. Nos dix amis décident de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire du calcul de l’impôt sur le revenu, qui donnerait ceci : les 4 premiers (les plus « pauvres ») ne paient rien. Le cinquième paye 1 euro, le sixième 3 euros, le septième 7 euros, le huitième 12 euros, le neuvième 18 euros, et le plus « riche » reçoit le « privilège » de payer 59 euros.

Les dix hommes semblent assez contents de leur arrangement et de se retrouver chaque semaine pour boire leurs bières. Jusqu’au jour où le tenancier décide de leur faire une remise de fidélité pour les inciter à venir plus souvent : « Comme vous êtes de bons clients, dit-il, je vous fais une remise de 20 euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais l’ensemble de vos bières que 80 euros. »

Le groupe décide de continuer à payer la nouvelle somme selon leurs taxes. Les quatre premiers continueront à boire gratuitement. Mais comment les six qui payent vont-ils diviser les 20 euros de remise de façon « équitable » ? Un rapide calcul nous donne : 20 euros divisés par 6 font 3,33 euros. S’ils soustraient cette somme de leur partage, alors le 5ème et le 6ème devraient être payés pour boire leur bière. Voilà un problème de « redistribution équitable » digne de Bercy – c’est fait exprès.

Le tenancier de la brasserie suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de chacun d’un pourcentage du même ordre. Il fait donc les calculs, et propose : le 5ème homme, comme les quatre premiers, ne paye plus rien. Le 6ème, 2 euros au lieu de 3 (moins 33%), le 7ème, 5 euros au lieu de 7 (moins 28%), le 8ème, 9 euros au lieu de 12 (moins 25%), le 9ème, 14 euros au lieu de 18 (moins 22%), et le 10ème, 50 euros au lieu de 59 euros (moins 16%).

Chacun des six « payants » paiera moins qu’avant, les 4 premiers continuant à boire gratuitement, rejoints par le 5ème. Mais, une fois hors du bar, chacun compare son économie : « J’ai seulement eu 1 euro sur les 20 euros de remise », dit le 6ème et en désignant le 10ème, « lui, il a eu 9 euros ». « Ouais ! » dit le 5ème, « j’ai seulement économisé 1 euro ». « C’est vrai ! » s’exclame le 7ème, « pourquoi aurait-il 9 euros à payer en moins et moi que 2 ? » Car en effet, le plus riche a eu la plus « grosse réduction ». « Attendez une minute », crie le 1er homme, « nous quatre n’avons eu aucune réduction du tout. Le système exploite les pauvres ! »

Bientôt, les 9 hommes cernent le 10ème « riche » et l’insultent. Le jour suivant, ce même 10ème homme ne vint pas prendre ses bières. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais, quand vint la note, ils n’eurent pas assez pour payer, pas même la moitié de l’addition…

Et cela, chers lecteurs, est le strict reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent en effet le plus de bénéfices d’une réduction de taxe. Taxez les plus encore, accusez-les d’être riches, et ils pourraient bien aller boire à l’étranger... et les autres se voir bien mal en point.

Pour ceux qui ont compris, aucune explication n’est nécessaire. Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible… Quant à ceux qui ne veulent pas comprendre, je les salue…

Friday, December 8, 2017

Et si... le pacte de responsabilité n’était qu’un chapeau magique ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Ce qui est extraordinaire avec les politiciens qui s’accrochent au pouvoir (soyons lucides, ils s’y accrochent du fait de leurs fonctions de bénévoles aux grasses indemnités généreusement prélevées sur le bon peuple), c’est leur faculté à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, mais sans les Lumières. Ainsi, le nouvel mot magique sorti du chapeau du jeu politique est le « pacte de responsabilité ». On se demande si avant ce pacte, lesdits politiciens étaient ou pas responsables.

Surtout, n’imaginez pas qu’ils n’ont pas réfléchi. Non, lisez plutôt : « L’allègement des charges des entreprises de 10 milliards d'euros, si elle est ciblée sur les bas salaires, permettrait de créer entre 220.000 et 300.000 emplois sur cinq ans, résulte-t-il de « simulations macroéconomiques tests » réalisées à la demande du Haut conseil au financement de la protection sociale. »

« Entre 220.000 et 300.000 emplois sur 5 ans » ? Ce n’est pas moins de 60 000 emplois par an en moyenne, soit 5 000 par mois ! Comparons au chômage des deux dernières années : +177 800 en 2013, après +283 800 en 2012, soit 461 600 chômeurs en plus. On peut se demander pourquoi le « Haut Conseil du financement de la protection sociale » n’avait pas réalisé en 2011 de telles « simulations ». C’est vraiment nous prendre pour des imbéciles, car le mal est bien plus profond.

Croyez-vous encore à toutes ces pseudo-prédictions ? Je respecte votre liberté d’imaginer que ceux qui sont responsables de la catastrophe actuelle peuvent améliorer la situation grâce aux belles courbes issues de leurs tableurs. Mais tout ceci relève de l’incantation : faites brûler des cierges, l’effet sera exactement le même. Nous payons tous ces individus dans les ministères pour nous vendre du vent. Plus ils nous vendent du vent, plus nous souhaitons que ce vent souffle fort !

Mais pourquoi n’ont-ils pas été plus loin dans leurs simulations, par exemple en incluant un allègement de charges sur les hauts salaires ? Ont-ils peur de créer un ouragan sur la création d’emplois ? 10 milliards ? Mais pourquoi pas 60 milliards comme le réclame le MEDEF ? Sur les 600 milliards de la protection sociale, c’est vraiment jouer petit jeu !

Ce qui serait vraiment « responsable », c’est que chaque salarié puisse recevoir la totalité des fruits de son travail, choisir et payer par lui-même ses organismes de protection sociale pour la santé, la retraite ou le chômage. Un vrai choc psychologique de simplicité par la responsabilité individuelle permettrait de retrouver compétitivité et emplois en peu de temps. Surtout pour les « pauvres ».

Mais tous ces ronds de cuir dans les ministères, que deviendront-ils ? Ne vous en faites pas pour eux, si leur talent de pseudo-économistes est si merveilleux, ils sauront créer sans mal les emplois dans le privé qu’ils tracent avec leurs courbes, tout en soulageant nettement vos impôts et taxes.

Le vrai pacte de responsabilité, c’est celui où le politique réduit de manière significative la dépense publique, toujours nuisible à l’emploi. Cette dépense est essentiellement composée du revenu et des retraites d’une fonction publique pléthorique, sans contrainte de résultat et parasitique.

Or l’unique solution responsable est de recréer de la valeur ajoutée dans le secteur privé. C’est le domaine de l’enfer de la concurrence ? Oui, et alors ? Soit vous préférez continuer à attendre la faillite collective en pensant que vous serez moins touché que votre voisin, soit vous devenez seul responsable de votre vie. Il n’y a pas d’autre alternative, surtout pas une qui passe par les politiciens.

L’Humain contre le Laissez-Faire

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

L’affaire Maurice Taylor (Titan) contre Montebourg a fait grand bruit cette semaine. Parmi les grands thèmes qui ont matérialisé l’affrontement entre soutiens et opposants au patron de Titan, on note un grand classique de la rhétorique gauchiste, cette idée voulant que le capitalisme ne se soucierait pas assez de l’humain et que seuls les gens de gauche posséderaient cette grandeur, cette empathie suffisante pour remettre l’humanité au cœur des affaires et de l’économie, sauvagement froides.

Selon cette thèse, le capitalisme et son rejeton le laissez-faire ne seraient qu’une machine à brasser de l’argent sans âme et à écraser les pauvres travailleurs et prolétaires, leur sainteté les syndicats et élus de gauche œuvrant chaque jour pour combattre ce mal et remettre l’homme à sa juste place.

Pourtant, contrairement à la vulgate et aux légendes de tous poils, contrairement au discours en vogue dans l’opinion, colporté par l’école comme par les médias, aucun système socio-économique ne peut être plus « humain » que le laissez-faire. Il suffit de comprendre ce qu’il signifie pour s’en rendre compte. Comment un système où l’homme laisse faire l’homme pourrait-il être inhumain ?

Ce que beaucoup de critiques « pro-humain » du capitalisme de laissez-faire ne comprennent pas, c’est qu’une économie de libre marché constitue l’expression la plus pure de l’humanité collective. Dans une économie de libre marché, c’est-à-dire une société spontanée naturelle, tous les échanges entre individus sont des échanges volontaires, et ainsi créateurs de richesse. Les échanges qui ne seraient pas volontaires ne peuvent être donc être que contraints, ce qui est contraire avec le concept du libre marché. Donc un marché libre est humainement créateur de richesse.

Peut-être faut-il rappeler que la richesse n’est jamais une chose absolue, elle n’est que dans la tête de chacun de nous. Je sais ce qui me fait riche, et ce n’est pas les mêmes choses que vous. Dès lors, la richesse, ou plutôt l’enrichissement se manifeste quand on échange, abandonnant à l’autre un objet de faible valeur pour soi pour en gagner un de plus grande valeur. Richesse suppose échange. Dit autrement, s’enrichir ne peut se faire que mutuellement et spontanément dans une société libre. Où est donc la trace d’inhumanité dans une telle société ? Le laissez-faire est profondément humain.

Il existe bien sûr de nombreux cas d’échanges non volontaires dans la vraie vie. Le plus fréquent reste celui où une bureaucratie a le pouvoir de nous imposer, de nous dérober une taxe. Car il faut toujours le rappeler, taxer ou imposer ne sont que des formes déguisées de vol. Et c’est là où le raisonnement socialisant dérape. Sous un prétexte humanitaire plus ou moins alambiqué, au titre d’un objectif de solidarité de façade, le socialisme n’hésite pas à prendre à Pierre pour donner à Paul – en prenant bien sûr au passage largement de quoi s’engraisser soi-même. Double duperie et perte.

Et c’est parce que le vol est camouflé sous des couches de fausse solidarité qu’on a fini, sournois, par convaincre une grande partie du peuple, par ailleurs peu instruit, que le socialisme est le symbole d’une société humaine. Pourtant, rien n’est plus faux et les libéraux n’ont de cesse de le dénoncer.

Parmi les symboles honnis du capitalisme, on compte le profit, symbole de l’exploitation du riche aux dépens des pauvres. Pourtant là encore, rien n’est plus faux, rien n’est moins la preuve d’une incompréhension profonde du fonctionnement social naturel. Car le profit est toujours partagé. A chaque libre échange, les deux parties gagnent un peu. Chacun profite. Echange après échange, le profit cumulé par un entrepreneur est donc la marque d’autant de profit accumulé par ses clients.

Dans une société libre, celle du véritable laissez-faire, le profit est donc un bon indicateur du niveau de service rendu par un individu ou une entreprise aux autres citoyens. Comment faire plus humain que cela ? Bien sûr, la société réelle que nous subissons n’est en aucun cas cet idéal. Mais ce qui l’en éloigne c’est justement que les bureaucrates et autres gouvernants interfèrent pour faire du libre échange et du laissez-faire des légendes. C’est donc l’étatisme socialiste qui ôte son humanité au capitalisme et non l’inverse. Dès qu’on lève le voile de la propagande, l’empereur redevient nu.

Wednesday, December 6, 2017

Et si... le monopole monétaire conduisait à la violence ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Pouvoir imposer ses prix est pour celui qui fournit un produit ou un service une formidable occasion de vivre de rentes, et ce donc au détriment de ses clients, dont le choix n’est plus libre. Mais pouvoir imposer ses prix et disposer du privilège exclusif de la vente de ses produits suppose toujours que la concurrence doit avoir été rayée par la loi. Voilà le beau rêve de bien des producteurs : le monopole. Et rappelons-le pour ceux qui en douteraient encore : il n’y a pas de monopole sur le marché libre.

Par nature, l’échange économique libre est pacifique, car choisi. Lorsque vous décidez d’un achat, aucun commerçant ne vous force à choisir son produit, contrairement au système politique qui vous impose ses services et ses impôts. Tout monopole est donc à voir comme une violence à l’encontre de l’humanité, car la finalité est plus de tricher que de d’affronter le marché en réponse à un besoin.

Pourquoi alors la monnaie devrait-elle faire l’objet d’un monopole, donc par la loi ? Constatons ainsi qu’avoir laissé le monopole de création monétaire aux mains d’une institution monopoliste (état ou banque centrale) a entraîné et entraîne encore une inflation qui n’est que violence faite aux bas de laine. Constatons que l’être humain n’a plus la possibilité du choix de sa monnaie. (*) Constatons qu’il doit spéculer sur d’autres produits pour protéger ses économies des déséquilibres monétaires et économiques qui en découlent. Enfin constatons que le monopole monétaire ne sert que les institutions et ceux qui ont compris comment en profiter, mais jamais les peuples, qui paient le prix.

La concurrence oblige à la performance et sert l’intérêt du petit peuple. Protéger les peuples par la concurrence monétaire est nécessaire pour obliger les fournisseurs de monnaie à être performants, mais encore faudrait-il que la concurrence monétaire soit instaurée. C’est même plus exigeant que cela : la concurrence monétaire pousse à sortir de la logique d’émetteur de monnaie à celle de monnaie émergeant du marché par le choix spontané et combiné des foules d’acteurs du marché.

Les citoyens sont soumis à la contrainte du paiement des impôts et taxes à l’institution monopoliste qu’est l’état. Les hommes de l’état, pour justifier tous ces prélèvements, prétendent que leur travail est effectué dans un soi-disant intérêt général. Mais eux, agissent-ils de manière désintéressée ?

En effet, constatez que la finalité des hommes d’état n’est pas votre bonheur (avez-vous besoin de l’état pour vivre ?) mais bien de vous faire payer. Même si vous êtes un travailleur honnête, refuser de vous faire piller vous fera taxer de fraudeur fiscal ! Le terme « imposer » est un signe de violence. Quiconque affirme agir dans l’intérêt général prétend détenir un monopole qui ne pourra s’exprimer que dans la violence, l’histoire sécrète de nombreux exemples qui finissent dans un bain de sang.

Le monopole monétaire a un but plus sordide encore : notre appauvrissement planifié. L’état n’a en aucun cas intérêt à ce que ses citoyens s’enrichissent tous de trop. La pleine prospérité de la masse donnerait à chacun de nous, ou du moins à une forte minorité motivée, les moyens de s’opposer, voire de se révolter et de pousser à l’indépendance. Pour assurer ses revenus, l’état doit assurer notre dépendance, qui passe pour beaucoup par une relative pauvreté. C’est là qu’intervient l’autre face de la monnaie et de l’inflation, qui en plus d’enrichir l’état nous interdisent la libre prospérité.

La raison humaine ne peut admettre durablement le monopole sous quelque forme que ce soit. A contrario, la concurrence assumée permet le libre choix de contracter ou nom avec celui qui fournit un produit ou un service : la monnaie, outil social essentiel, est elle aussi du domaine du libre choix.

(*) Cet article fut écrit à un moment où le BitCoin était connu mais restait largement hypothétique et les valeurs qu’il atteint à ce jour (11 000 € ou plus) n’avaient rien de vraisemblables. Pour autant, le statut de monnaie réelle, courante et universelle est encore loin d’être atteint pour ce type de technologies en plein essor et qui fait bien du bruit, mais qui n’est pas encore arrivé dans les poches.

Tuesday, December 5, 2017

Immobilier : une bonne remise à Duflot !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Vous venez d’hériter d’un capital, disons 300 000 euros (ahhh, les comptes en Suisse…). Comment placer cet argent ? L’immobilier peut sembler une bonne idée et ce d’autant que le gouvernement promet de réduire vos impôts de 18% du montant de l’investissement sur 9 ans. Ça tombe bien, 300 000 euros, c’est le maximum autorisé pour en bénéficier. Parce il y a de telles autorisations…

Génial. Vous allez bénéficier d’une réduction de 54 000 € soit 6 000 € /an ! Mais premier hic : si vous ne payez pas autant d’impôt, cet avantage fiscal n’est évidemment pas si net pour vous. Tant pis si vous n’êtes pas riche : la réduction fiscale, c’est un privilège destiné aux riches. Un riche à plus de 6 000 € d’impôts par an ne payera ainsi son investissement que 246 000 €, alors que le « pauvre » chanceux devra, lui, le payer plein pot : 300 000 € ! Les privilèges du fait du roi n’ont pas été abolis !

Continuons avec les riches, puisque les oligarques en décident ainsi. L’investissement s’accompagne de conditions. Le logement doit être « BBC ». Ne vous inquiétez pas, pas besoin de vous mettre à la télé anglaise. Non, il s’agit d’un « label » énergétique où pour économiser un peu d’énergie, on paie l’isolation au prix fort. Une manière comme une autre pour notre état glouton de récupérer bien vite l’économie fiscale qui vous avait été proposée : n’oublions pas qu’il engloutit aujourd’hui pas moins de 57% du PIB en impôts et taxes. Pour 100 euros produits, hors fraude dite « fiscale », 57 reviennent à l’état ! Il faut bien aller les chercher partout. Quant à l’économie d’énergie, ce n’est pas vous qui en profiterez, ni un membre de votre famille (le dispositif vous l’interdit), mais votre locataire inconnu.

A ce stade, restons avec les riches qui aiment le risque. En effet, inutile d’obtenir des garanties de votre locataire, demandez-lui juste s’il aura un jour l’intention – consciente ou pas – de ne plus payer le loyer en raison de la faiblesse de ses ressources. S’il vous répond positivement, acceptez-le : la condition de location est réservée aux seuls locataires avec des ressources plafonnées. Mince.

Et pour finir, constatons que ce dispositif concerne les seuls riches parfaitement altruistes, ceux qui ne s’intéressent pas au prix du marché et aiment jeter l’argent par les fenêtres. En effet, ne cherchez pas à calculer la rentabilité de votre investissement, vu que le loyer est plafonné à 20% en dessous du marché ! Bon ça y est, vous êtes dans cette catégorie concernée par cet article 199 Novovicies du CGI (Si, si, c’est le bon numéro !) pour profiter de cette « réduction linéaire et égale » ! Je vous devine bien moqueurs, ou tristes, en lisant ce dernier terme. La bonne affaire que vous avez faite là !

Car la mise en location d’un appartement ainsi acquis engendre sa perte immédiate de valeur, de l’ordre de 20%, due à la perte de disponibilité et au risque de maintien dans le lieu d’un locataire défaillant. Votre capital initial de 300 000 euros est réduit de 60 000 euros, ce qui est plus que l’avantage escompté sur 9 ans. Avec l’inflation, votre perte est donc immédiate, puisque hélas l’argent actuel vaut plus que l’argent futur. Sans oublier la bulle immobilière qui éclatera bientôt.

Ce n’est pas tout. La valeur du capital restant dépend de son rendement. Avec une réduction du loyer de 20%, vous dévaluez la valeur initiale du capital du même pourcentage. Votre capital est donc réduit à 192 000 euros (80% de 240 000). L’épargnant tenté par ce dispositif perd immédiatement 36% du capital, soit 108 000 euros, le double de l’avantage fiscal. En cas de revente, ayez bien du courage pour retrouver le capital initial vues l’imposition sur les plus-values et la CSG associée.

Ça y est, les rentiers sont soumis au même régime que les entrepreneurs : la destruction de leur capital. Marx triomphe. Nous sommes bien en république française populaire socialiste ! Comment disait-il déjà ? Ah oui : « Fuyez, pauvres fous ! »

La majorité sexuelle adolescente

Ainsi la majorité représentée par une majorité à l’Assemblée issue d’une minorité d’électeurs aurait osé passer une loi fixant à un nombre adolescent l’âge à partir duquel une enfant serait considérée comme assez mûre pour être consentante en cas de ce qu’il est d’usage de qualifier de « viol ».

Je n’ai pas envie d’entrer dans le débat du chiffre, est-ce 13 ou 15 ou plus encore, c’est une fausse question et c’est la première erreur grossière et obscène d’un texte qualifié de loi. Première erreur donc, nous sommes tous différents, tous des individus qui contrairement à l’immense majorité des animaux, ne connaissons pas tous le même rythme, le même temps pour passer dans la case adulte. L’ignorer comme le font une fois de plus les « législateurs », comme ils l’avaient fait pour cet âge stupide de la majorité fixée à 18 ans alors qu’il fut de 21 relève du même déni de notre individualité.

Seconde obscénité, évidente, c’est de tenter de déculpabiliser les agresseurs, en rendant possible un viol qui n’en serait plus un parce qu’une mineure pourrait être déclarée consentante sur le seul motif d’un âge légal indifférent à l’horreur, aux individus et aux circonstances précises. Je me demande quel esprit dépravé a pu seulement avoir une telle idée de déshumanisation. Nausée de gauche.

Mais tout cela n’est finalement qu’un détail, un peu comme ces « détails de l’histoire », un cran de plus dans la déchéance lente et continuelle que nous subissons depuis 40 ans avec cette tendance à baisser tous les âges de responsabilité, à commencer par celui de la majorité, premier faux pas.

C’est à mon sens une variante du rôle de décérébration de l’éducation nationale, le même objectif de produire ou de placer les jeunes « citoyens » dans l’ignorance et la candeur naïve par inexpérience, afin qu’ils ne puissent s’opposer, réagir, comprendre, se différencier, réfléchir, s’affirmer, se révolter.

Comment peut-on imaginer qu’une gamine qui subit soudain l’horreur mais à laquelle toutes les autorités expliquent qu’à 14 ans elle a l’âge de raison puisse ne pas remettre en cause son instinct qui lui crie le dégoût pour finir par intégrer un profond déni d’elle-même jusqu’à la fin de ses jours ?

L’état, le gouvernement, les députés, peu importe quelles ordures, n’a aucun droit ni légitimité à fixer arbitrairement un chiffre quelconque comme seuil juridique de majorité ou de « consentance ». Seuls l’individu et ses parents peuvent décider du moment où il ou elle prend son envol dans la société. Et personne pas même « l’état » n’est en droit ni n’a de légitimité à réduire la culpabilité du violeur et à faire des victimes des invalides psychologiques, comme il a fait des jeunes électeurs les premiers vecteurs inconscients de la mise en place de la démocratie démagogique socialisante.

Monday, December 4, 2017

Et si... L’état était LE problème ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Pourquoi la société va-t-elle si mal ? Chacun y va de son explication de telle crise ou tel événement social. Chacun a sa solution plus ou moins arbitraire ou radicale. Notre condition d’être humain dans la société limite analyses et explications. Sans faire la Mme Irma, essayons d’y voir plus clair.

Tout être humain est à la fois une personne physique et morale. La personne physique (homme) est soumise à l’état de nature alors que la personne morale (citoyen) participe à l’état social où les humains sont en relations. L’état de nature tient à l’existence de lois universelles, telle la gravité. L’état social est le produit de règles de vie fondamentales qui s’expriment par les droits naturels et imprescriptibles de l’homme et du citoyen, ainsi que par les lois économiques de l’action humaine.

Remarquons que le droit naturel (j’ai droit à la vie, possède mon corps et son produit) est intrinsèque à l’existence même de l’homme et qu’il s’applique uniformément en tous lieux et en tout temps. Il est immuable. A contrario, les règles de vie liées aux relations sociales, dites « droit positif », sont le fruit opportuniste des évolutions du pouvoir, de la morale et des modes qui règnent dans la société.

Les besoins de la personne morale doivent respecter la personne physique. Si notre personne morale ne respecte pas notre personne physique, la personne humaine que nous sommes aura vite fait de disparaître. Par extrapolation, le droit positif se doit de toujours respecter le droit naturel si nous ne voulons pas que la société se dégrade. Logiquement l’état de nature s’impose toujours à l’état social. Ne pas le comprendre, comme dans la société actuelle, c’est s’exposer à en subir les conséquences.

Car contrairement à ce qu’il aimerait, aucun gouvernant, y compris le pire dictateur, ne peut avoir d’influence sur les lois naturelles. Et parmi celles-ci, on compte l’économie. J’imagine déjà certains lecteurs réagir : « non, non, l’économie n’a rien d’une science, elle ne connaît pas de « lois », au contraire de la physique. » A ces récalcitrants, je demande de me trouver un produit ou service qui serait absolument gratuit ou de me prêter du capital qu’ils n’aient d’abord épargné – sauf à voler.

Ces exemples sont simples, mais caractéristiques. L’économie est un phénomène du fonctionnement social et tant que les hommes vivront ensemble et chercheront leur bonheur en divisant le travail, les lois de l’économie s’exprimeront et s’imposeront à tous. Rien ne changera cette réalité même si le nombre d’auteurs qui le conteste est grand : aucun politicien n’accepte que son pouvoir soit vain.

Ainsi, même sans le savoir, tous les humains suivent ou subissent les lois de l’économie. Dans le cas contraire, invariablement, celle-ci reprend ses droits d’une manière ou d’une autre, non sans avoir laissé de la misère en guise de traces. N’allons donc chercher aucun bouc-émissaire ou faux prétexte aux dysfonctionnements de la société et à ses crises. Constatons que l’état et ses lois arrivent même à prétendre se mêler d’amour et de sentiments, comme avec le mariage. Et comme tout est devenu clientélisme, tous les irréfléchis ou naïfs appellent de leurs vœux l’utopique « régulation » par le « droit positif ». Sans bien sûr jamais l’obtenir, car la fausse « loi » ne peut mettre la nature au pas.

Le libéralisme demande simplement de revenir à la lucidité, à se souvenir de la loi naturelle. Et donc que l’état respecte les lois du droit et de l’économie. Est-ce parce que les ingénieurs aéronautiques respectent les lois naturelles que les avions se comportent comme des sauvages ? Non, et c’est bien le respect des lois naturelles qui fait que les avions sont de plus en plus sûrs. Soyons certains que le jour où l’état n’aura enfin d’autre objet que le strict respect du droit de chacun de nous, les crises s’évanouiront. Plus chaque gouvernement respectera la réalité, plus la société sera libérée des crises.

Sunday, December 3, 2017

Honoraires : une source de maux ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Le gouvernement voudrait réduire les dépassements d’honoraires des médecins. Or, évoquer un « dépassement », c’est reconnaître un tarif fixe, car réglementé. Pourtant on parle d’honoraires pour les professions « libérales », supposées libres … de fixer leurs honoraires. La rhétorique de la bien-pensance diffuse encore un message totalement subversif, inverse de la finalité réelle, qui n’est que d’intervenir pour fausser l’économie et remettre tout ce qui est un peu « libre » sous contrôle.

Ainsi, une question mérite réflexion : les professions médicales, à l’origine réellement « libérales » et libres, sont-elles en train d’être fonctionnarisées, menant vers une étatisation de la santé ? Probable.

En effet, le politique, par le système de sécurité sociale, entend fixer la rémunération des professions médicales, estimant qu’un certain montant ne saurait être dépassé. Sans tenir compte des vastes différences de savoir-faire ou autres critères qui font que certains « libéraux » sont plus sollicités.

Or les bons économistes l’ont expliqué depuis longtemps : toute fixation des prix a des conséquences négatives, et bien sûr ce sera ici sur la qualité des soins. Ces professions, dont les spécialistes, ont des frais loin d’être en rapport avec le tarif fixé. Pour obtenir des revenus proches tout en finançant les derniers équipements, ils devront réduire la durée des consultations et en faire de plus nombreuses, pour espérer un même revenu sans être sanctionnés. Ils ont aussi le choix de partir à l’étranger, où la soviétisation par le tarif imposé n’est pas encore « en marche ». Les meilleurs ont déjà fait ce choix.

Le dépassement de tarif n’a pourtant aucun impact sur le déficit de la sécurité sociale, puisque le patient paye la différence. De quoi vient donc s’occuper le politicien ? Les citoyens ne sont-ils pas suffisamment adultes pour demander le prix d’une consultation ou d’une opération et savoir si ce supplément vaut la différence à leurs yeux ? Il faut croire que non : vite protégeons les infantiles !

Plus la sécurité sociale, depuis 1945, cherche à se mêler de ce qui ne la regarde pas, plus la qualité des soins et de la santé en France se dégrade et plus le déficit s’accroît. Le niveau de remboursement des soins des patients en proportion n’a jamais été aussi faible et les cotisations jamais aussi élevées. Mais personne ne remet en cause ce système mammouth né sous des auspices marxistes. La santé serait née comme un secteur échappant à la logique économique, il faut à tout prix qu’il en soit ainsi.

À vouloir réguler, à tenir en dépendance les professionnels de santé par tous types de subventions, la sécurité sociale à fait perdre son dynamisme au secteur, pourtant majeur pour une vie meilleure. Il y a urgence au contraire à stopper les multiples formes de fausse aide aux médecins – sédentarisation, télétransmission, installation, etc. – et à laisser les professionnels travailler comme leurs clients le souhaitent, par exemple le soir ou le dimanche s’ils estiment qu’ils rendent service à leurs patients.

A ce rythme, on pourra bientôt tous aller consulter des marabouts ou des sorciers, ce sera tout aussi efficace. Il ne suffit pas de dire l’évidence de la priorité de l’accès aux soins pour tous : il faut d’abord du réalisme. Si la loi du marché avait tort, alors pourquoi ne pas supprimer toute liberté tarifaire et imposer aux médecins un tarif unique et nul ? Car après tout, ce sont eux qui assurent notre santé, et comme la santé serait « un droit », ils devraient donc être gratuits. Utopie socialo-marxiste idiote.

Avec le contrôle des prix, l’Etat se soviétise et entraîne des déséquilibres et à terme la misère. Il faut cesser les réglementations iniques. Un fort vent de liberté doit souffler sur la santé en France si nous voulons retrouver rapidement un niveau d’excellence qui soit digne de notre devise de fraternité.

Saturday, December 2, 2017

Et si... l’éducation nationale était le problème ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

L’éducation nationale (EN) fait partie des mammouths sacrés de la République. Espèce en voie de disparation continuelle, déliquescente mais perfusée depuis quelques 70 ans, le premier employeur du pays reste le symbole dépérissant de notre pays socialiste en lente décomposition annoncée.

Les libéraux aiment à prendre l’EN pour cible de bien des façons. Elle est l’objet de critiques acerbes car incarnant le monopole d’état dans sa superbe lourdeur soviétique, aveugle et inefficace. Elle est le symbole de la mise sous cloche de la liberté d’enseignement privé, celui des grèves à répétitions au seul but corporatiste de ses privilégiés et du lent glissement dans les benchmarks mondiaux.

Mais en matière économique, l’EN est probablement le coupable le mieux caché, certes indirect mais bien réel, de la situation socio-économique de ce pays, rien de moins. Comment ça ? Simple.

Vous tomberez d’accord avec moi pour dire que l’économie est un domaine qui nous concerne tous. Le boulanger, l’ouvrier de nos avionneurs ou la douce infirmière peuvent difficilement éviter de se confronter aux réalités du marché – en faisant leurs courses ou en cherchant un travail – à celle de l’épargne – en tentant de sauver leurs maigres économies – ou encore à la spéculation en cotisant pour leur retraite, même s’ils ne sont probablement pas conscients de spéculer.

Mais justement, pourquoi la plupart des français ne sont-ils pas conscients de la nature économique de leurs actes ? Combien de CGTistes hurleraient de se faire traiter de spéculateurs, chose pourtant bien réelle ? Combien seraient surpris de s’entendre dire qu’ils comptent parmi les capitalistes parce qu’ils mettent de l’argent de côté, travaillent avant d’être payés, ou payent leur maison à crédit ?

Tout cela est la faute à l’EN. Car à l’école, on nous apprend plein de choses, dont tant ont une utilité disons obscure. Philosophie, histoire, musique parfois, éducation civique quand on a de la chance, latin ou grec ancien alors que plus personne ne les parlent. Mais pas d’économie, rien du tout.

Certes, certaines filières au lycée ont droit à quelques heures où des absurdités tirées de Keynes leur sont assénées, au point d’en convaincre beaucoup de l’inutilité de la chose et de faire des rares qui en gardent souvenir de faux savants. Mais il demeure, l’immense majorité des français n’a pas la moindre notion de base en économie. Parce que l’EN ne leur apprend rien et va même jusqu’à les convaincre de la négativité de la matière. L’économie, c’est de droite, ce n’est donc « pas bien ».

Mais il n’y a là aucun hasard, aucune malchance. Le peuple Français ne compte pas parmi les plus ignares en économie par culture ni par penchant spécifique comme il a un penchant naturel pour la bonne chère. Non, c’est là le résultat d’une volonté politique, bien évidemment. Tout à l’EN est politique. C’est son objet même que de nous endoctriner et de faire de nous de piètres citoyens. Quand on voit la force des débats annuels sur les programmes, comment voulez-vous que ce soit autre chose qu’une volonté du pouvoir et des cadres de l’EN que nous soyons tous si ignorants ?

Car un peuple ignorant dans le domaine économique est un peuple auquel on peut raconter et faire n’importe quoi sans qu’il se soulève trop souvent. La démocratie moderne repose sur la promesse clientéliste. L’homme politique ne peut y faire carrière que par sa capacité à promettre des choses en réalité impossibles et sans que cela se voit. Ou plutôt, qui ne sont possibles qu’à condition d’aller à l’encontre de tous les principes et lois de base de la science économique. Il faut donc pouvoir mentir constamment sans que jamais personne ne s’aperçoive de, ou n’ose révéler les mensonges.

Car l’économie est bien une science, à l’inverse de ce qu’on entend. Les actes politiques ont ainsi des conséquences certaines. Mais l’enseigner à tous donnerait à chacun les moyens de comprendre que le politicien nous ment. Alors l’EN est devenue le complice « formateur ». A quand la libéralisation ?

Friday, December 1, 2017

France : Prison fiscale ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Le cas de l’évadé fiscal « Gérard Depardieu » nous interpelle, au-delà de la pression fiscale, sur l’utilité de la dépense publique et du périmètre de l’Etat. Pour toutes les sensibilités politiques, la justification de l’impôt est devenue schizophrénique : oubliée la protection des droits naturels et imprescriptibles du citoyen. Notre pays a sombré dans une société collectiviste qui stigmatise la réussite et a institué le droit à la spoliation des richesses dûment créées. Le cas de l’acteur n’est pas unique : la France est bel et bien devenue une prison fiscale dont on est fier de s’évader pour aller vivre ailleurs de son talent. La France, symbole de privation des libertés économiques. Bravo !

Notre président normal a avoué ne pas comprendre pourquoi sa politique ne marche pas. Saluons sa « gauche » honnêteté. Comment espérer de bons résultats quand on ne comprend pas ce qu’on fait ? Le pire, c’est qu’il en va de même depuis la fin de la guerre de 45, date à laquelle la gauche socialiste et la droite gaulliste ont posé ensemble les bases d’une logique macroéconomique de solidarité par redistribution et inflation bafouant toutes les règles d’une économie saine. Cette logique est issue de la croyance conjointe en l’Etat-providence comme source durable du bonheur de chacun via un système incorporel jacobin posé comme vertueux : l’Etat bureaucratique centralisé.

L’économiste Frédéric Bastiat le dénonçait déjà en 1848 : avec l’interventionnisme, il y a ce qu’on voit, mais surtout ce qu’on ne voit pas. Coupons ainsi la tête à la providence : si l’Etat était source de richesses, les hommes politiques n’auraient pas besoin des impôts pour honorer leurs promesses électorales clientélistes. Pour « redistribuer » la richesse, si tant est que cela soit justifié, il faut que celle-ci préexiste. Or le politicien français aime à dépenser de l’argent qu’il n’a pas encore et qu’il suppose disponible chez les citoyens. D’où les déficits budgétaires, qu’il est incapable de maîtriser.

Alors que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen pose la contribution commune comme devant « être librement consentie », le mécanisme fiscal est conçu comme un système arbitraire et coercitif que ne renierait pas l’Ancien régime. La France, isolée dans le monde, est loin de détenir LA vérité en matière de bonheur sociétal et on voit déjà la déchéance poindre. Et le comportement de nos gouvernements s’apparente à celui d’une mafia qui s’approprie violemment les fruits du travail et le capital des citoyens, hors de toute morale : les élus à peine majoritaires imposent « leur » loi à l’ensemble des citoyens, constituant par là un hold-up et un parfait dévoiement de la démocratie.

Si nos geôliers moraux, pardon, nos politiques, étaient bénévoles ou engageaient leur propre argent dans l’aventure collective, tout un chacun reconnaîtrait leur altruisme sincère. Mais le politicien, qui bizarrement peut faire carrière, se rémunère sur l’argent dit « public », le nôtre. Sans avoir à investir. En fait, cet altruisme à vouloir le bonheur des autres en les spoliant, pardon, en utilisant leur argent mais sans avoir à répondre du résultat des décisions, relève indubitablement du « conflit d’intérêts ».

La culpabilisation des créateurs de richesses est tout aussi immorale : parce qu’ils sont prétendus riches, ils devraient accepter de se sacrifier. Mais au nom de quoi ? Où trouver la motivation à créer face à ce qui est du vol, fut-il légalisé ? Si la richesse est sale, pourquoi le politicien en veut-il toujours plus ? Allons, mes chers lecteurs, faisons ensemble un effort, jetons loin de nous tout ce qui nous empêche de respirer. Inversons les rôles, c’est aux politiciens de partir. De l’air, brisons les barreaux !

Et si… tous les Nobel de la Terre…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

A la sortie de la messe de Davos, nous arrivons dans la période annuelle où va se répéter une autre messe mondiale, tout aussi ridicule. Le Prix Nobel voulait saluer à l’origine les meilleurs travaux scientifiques, mais il s’est vu dévoyé sur deux matières pour en devenir un sommet de politiquement correct contre-productif : la paix et l’économie. On passera ici sur le Nobel de la Paix en espérant juste que cette année il aille à un Edward Snowden plutôt qu’à nouveau à un despote tel Obama. Mais il est probable que le Nobel d’Economie cette fois encore soit remis à un incompétent, j’ai nommé entre autres les Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Amartya Sen ou nombreux similaires.

Comment un simple citoyen peut-il se permettre une affirmation aussi péremptoire ? C’est tout simplement une question d’information, que vous pouvez vérifier par vous-même. Je sais qu’il existe une autre théorie économique que les leurs. Une qui « marche ». Cette théorie, dite de l’école autrichienne, explique bien mieux tous les phénomènes économiques, tout en restant bien plus digeste et abordable que les usines à gaz mathématiques célébrées par l’académie suédoise.

Pour être exact, il y a un et un seul économiste véritable qui fut célébré par les Nobel au cours des quarante dernières années : Friedrich von Hayek, en 1974, un économiste issu de cette école autrichienne justement, l’exception qui confirme la règle. Il fut récompensé pour avoir su exprimer le rôle informationnel majeur que jouent le (libre) marché et les prix à l’échelle planétaire pour faire se rencontrer offre et demande. Là où beaucoup croient devoir aligner les fonctionnaires, Hayek explique que le marché libre fait mieux juste en laissant les gens commercer librement.

A l’inverse, une des aberrations des économistes « tendance Nobel » et en général aussi tendance gauchiste tient en leur croyance en la « relance » économique par l’injection de monnaie. Or il est facile d’expliquer à quel point cela ne repose sur rien de réel, ou plutôt rien de réaliste, et combien c’est là la racine même de nos crises depuis plus de 40 ans. On ne peut relancer une économie, car une économie – on devrait parler de marché, plutôt – est faite par les gens, pas par les politiciens.

Imaginez qu’à un instant l’ensemble des Français possèdent disons 1 milliard d’euros – je simplifie en oubliant les autres pays. Puis que la Banque de France émette 1 autre milliard. Ce nouveau milliard va permettre au début à ceux qui l’ont émis et donc qui l’ont au bout des doigts d’acquérir des richesses – mais notez bien, pas d’en créer, juste d’en acquérir. Cette demande plus forte va faire monter les prix atour d’eux, puis plus loin au fur et à mesure que la manne se répand, jusqu’au moment où ce double d’euros en circulation soit fini d’intégrer. Deux fois plus d’euros, mais aucune richesse créée. Comme la monnaie est deux fois moins rare, elle vaut en gros deux fois moins et donc les prix montent jusqu’à doubler en moyenne. Mais les salaires eux, n’ont pas encore monté…

Cette explication simple mais réaliste – elle porte un nom depuis 300 ans, on l’appelle l’effet Cantillon – met plusieurs choses en lumière. D’abord, que l’économie, c’est simple et ne nécessite aucune équation compliquée. Ceux qui vous dirons l’inverse sont soit des menteurs soit des irréfléchis. Ensuite, la création de monnaie ne crée pas de richesse. Au contraire, comme les prix montent mais pas les bas de laine, elle appauvrit le peuple et surtout les plus pauvres par inflation. En plus, on voit au contraire que ceux qui profitent le plus de la nouvelle monnaie sont ceux qui l’émettent avant la hausse des prix, donc l’état et la finance. La création monétaire enrichit les bureaucrates et appauvrit le peuple – bref tout l’inverse de ce qu’on voudrait nous faire entendre.

Vous croyez que je me trompe ? Cherchez par vous-même, réfléchissez, vous vous rendrez compte.