Saturday, February 25, 2017

A-t-on besoin de l’état pour rendre la justice ?

La justice est considérée comme un des attributs régaliens de l’état. En tant que monopole de la contrainte légale, il semble le seul à même d’en garantir l’impartialité. Mais cette vision des choses est-elle la seule possible, la seule efficace ? La justice étatique est-elle, peut-elle être une justice… juste ? Au-delà, qu’en est-il de la justice privée, concept cher aux libertariens ?

La justice a deux rôles essentiels : régler les conflits et assurer l’indemnisation équitable de la partie lésée. Les libertariens pensent qu’il doit être permis à deux personnes de choisir devant qui elles veulent porter leurs différends, à la condition que ceux-ci soit prévus avant la survenance d’un litige. Cela implique aussi le droit de choisir à l’avance quelles règles seront appliquées pour les trancher.

La justice privée n’a rien de la vengeance, de la loi de la jungle ni du lynchage sauvage des coupables. La justice privée rend possible pour deux individus consentants de porter leur litige devant un tiers dont tous deux reconnaissent l’autorité, la compétence. C’est fréquent dans le monde des affaires, avec le recours à l’arbitrage, où au lieu de saisir un juge, les parties en litige s’en remettent librement à des arbitres mutuellement reconnus et choisis à l’avance. Ce système rencontre un vrai succès là où il est autorisé, car il fonctionne et parce que les parties y trouvent toutes deux un intérêt équilibré.

On oppose souvent l’argument voulant que des arbitres privés payés par les parties ne peuvent pas être impartiaux, ce qui rendrait invalide le concept même de justice privée.

Dans la réalité, un arbitre professionnel privé n’est pas assuré d’être choisi par ceux qui seront ses clients, ni d’être accepté par l’autre partie. Il doit donc au quotidien faire la preuve de sa pertinence et de son impartialité dans les décisions qu’il prend s’il veut espérer être sollicité. Qui accepterait de confier un dossier d’arbitrage à un individu notoirement corruptible ? Le besoin d’image est la clé.

De plus, l’arbitre privé encourt une responsabilité personnelle, au contraire d’un juge étatique. En cas de faute de sa part, il doit réparer le dommage causé à la victime de ses erreurs.

D’autres avancent que dans un tel système, tout le monde pourrait choisir sa propre loi, ce qui mènerait au chaos juridique et judiciaire. Or il ne s’agit pas de choisir sa loi au hasard pour se donner un avantage injustifié, le riche abusant ainsi du faible. Il s’agit de pouvoir se mettre d’accord sur celle qu’on veut se voir appliquer. Comme pour tout contrat de la vie courante.

Cela suppose un accord préalable entre les parties. Si une entreprise française et une entreprise américaine contractent, elles ont le choix de la loi à laquelle elles conviennent de soumettre leur contrat, c’est un des éléments de la négociation. Si deux individus librement consentants choisissent une règle donnée pour trancher leurs différends futurs, cela est bien au cœur de leur liberté.

Bien sûr, on ne peut pas à chaque acte de la vie de tous les jours négocier avec tout le monde pour choisir un arbitre si jamais un problème survenait, c’est juste impraticable concrètement. De plus, tout le monde n’est évidemment pas juriste. Dans la vraie vie, il nous suffira de souscrire une « assurance » et ce sera notre assureur qui discutera modalités avec l’assureur de la partie adverse.

Pour plus de simplicité, les assureurs représenteraient leurs adhérents aussi bien en demande qu’en défense, et négocieraient entre eux le ou les arbitres à désigner en cas de litiges. Ceci dit, il est très possible que des solutions différentes émergent. Perte de souveraineté envers les assureurs ? Non point, car ils seront eux-mêmes soumis à la pression de la concurrence et obligés de nous servir.

L’assurance personnelle n’est qu’une des options. Pour les moins fortunés, on peut envisager de multiples autres solutions, comme des assurances de groupe, à l’échelle d’une communauté donnée, ou encore l’intervention de groupes à visées philanthropiques (associations) ou encore des arbitres assurant une partie de leur service bénévolement... Quoi qu’il en soit ce système demeure plus accessible que le système actuel, procédurier et complexe, où dans les faits l’aide publique aux plus démunis ne leur permet pas d’avoir une assistance efficace et l’accès aux meilleurs professionnels.

Citations
« La privatisation des tribunaux civils est tout à fait concevable et réaliste. Il existe présentement aux États-Unis des milliers d’arbitres privés auxquels les parties à un contrat peuvent librement recourir pour régler un litige, et pareil recours est souvent prévu à l’avance dans les contrats. Devant l’inefficacité des tribunaux de l’État, observe Rothbard, les sociétés d’arbitrage privées sont florissantes. » -- Pierre Lemieux

« Tous les services dont on pense couramment qu’ils relèvent nécessairement de l’État peuvent être fournis bien plus efficacement et bien plus moralement par des acteurs privés. » - Murray Rothbard

« Tout comme le marché peut déterminer les prix des biens, il peut déterminer les coûts des maux. Il suffit pour cela de laisser les services de justice être offerts de manière privée et concurrentielle. » - Jérémie Rostan

Friday, February 24, 2017

Bayrou : Qu’importe le Macron pourvu qu’il ait l’ivresse

Bayrou n’a pas résisté. Il a fallu qu’il laisse s’exprimer la caricature de politicien qu’il est. Lui qui se pose en donneur de leçon de morale politique depuis l’ennui de tant, il vient une fois de plus de nous montrer que l’appel de l’ivresse des flashes et des ors de la république est plus fort que son intégrité.

Cela a dû pourtant lui coûter, à en juger par les mots doux qu’il avait envers son nouveau maître il n’y a encore que quelques jours ou semaines. Quoi ? Voir un freluquet sorti des banques qu’il exècre lui ravir cette place au centre dont il fantasme depuis trois présidentielles ? Faut-il donc que le besoin et la promesse d’ivresse soient de la taille d’un Everest. Ou que Macron soit un excellent manœuvrier.

Car pour Macron, Bayrou n’est certainement qu’un « à-Pau » qu’il s’agit de laisser frémir et s’agiter pour récolter quelques maigres pigeons qui viendront renforcer son fragile édifice de circonstance.

En effet, fait d’ivresses comparables, En Marche, c’est une espèce de « surprise partis ». Les discours de Macron sont faits de papier tue-mouche, la glue empoisonnée emprisonne toute personne qui ne raisonne qu’en termes de mirages et de sondages. Mais de programme, point : cela nuit au centre qui n’aime que les cons promis et l’illogique floue pour mieux flouer ceux qui cherchent les Lumières.

Si les prévisions stratégiques des deux compères devaient s’avérer exactes, Maycrou devrait se retrouver face à face avec Marine, et ils parient bien sûr qu’elle finira en pull au fond de la piscine.

Imaginez alors la gueule de bois de tout ce petit monde après la fête du joli mois de mai. Une fois la distribution des maroquins comme récompenses, comment tous ces ronds-de-cuir vont-ils donc faire pour travailler ensemble ? On peut être optimiste et parier que les tensions internes les conduiront à l’immobilisme, ce qui nous éviterait d’autres surprises en partie. Ou bien, plus cyniques, on peut imaginer un Macron profiter du brou-ha-ha pour s’imposer et gouverner à grand coups de 49.3. Mais dans ce cas, ce serait pour mener quel programme, si ce n’est celui d’un centre de toxicos ?

Une chose est sûre, dans une telle hypothèse, notre François (celui de Pau) saura vite reprendre son rôle de mollasson faussement moralisateur ravi de paraître et de louvoyer au sein de la nasse. Mais sans aucun doute, sans jamais se soucier de l’humanisme dont il se revendique pourtant.

PS : Ce court billet ne dit pas grand-chose, il est plein de phrases creuses. Ce n’est pas un hasard. C’est pour être plus au centre des ébats.

Saturday, February 18, 2017

Macron sur la colonisation

Je ne suis absolument pas favorable à Emmanuel Macron dans cette campagne présidentielle fort mouvementée et lamentable. D’ailleurs, je ne suis même pas inscrit sur les listes électorales, car je considère que voter consiste à tenter de jouer au loto avec des privilèges en guise d’espoir de gain.

Non, je souhaite réellement que ce guignol n’entrera pas à l’Elysées. Mais pour autant, quand je vois les réactions de toute une frange de ses opposants à ses propos sur la colonisation par la France, je suis partagé entre le dégoût du gauchisme et celui de l’indécence de certains « conservateurs ».

N’étant pas historien, j’éviterai un cours sur la colonisation et ses nombreux méfaits, ainsi que sur les conséquences encore visibles sur la géopolitique du monde actuel. Mais pour avoir vécu 15 ans en Afrique noire, je peux néanmoins témoigner combien de nombreux pays comme la Côte d’Ivoire – exemple pris du fait des déchirements entre nord et sud ces dernières années – ont hérité de frontières arbitraires qui ne respectent pas la réalité ethnique et culturelle. Ce qui ressort peu à peu, un peu comme en Europe les Balkans ont éclatés après la disparition de l’artificielle Yougoslavie.

Non, je pense qu’il y a un argument qui pourtant fait littéralement les pleins feux de l’actualité qu’il convient de renvoyer au visage de tous ceux qui croient que la colonisation peut être une fierté.

Il s’agit de l’immigration musulmane. Car pour une large part, elle est la fille de la colonisation.

L’histoire dans son principe est assez simple. La France conquiert Algérie, met le pied au Maroc, en Tunisie, occupe l’essentiel de ce qui deviendra AOF et AEF en Afrique noire. Ses habitants deviennent logiquement Français. Et leurs enfants de même. Certains viennent en « métropole », s’y installent.

Tout cela est très bien. Tout cela aurait pu continuer ainsi, paisiblement. Jusqu’au jour où le racisme et l’islamisation commence à faire les unes des journaux. Où on se surprend à parler de racisme quand il s’agit de Français légitimes et ceci depuis plusieurs générations. Retour de l’histoire.

Car si la question islamique actuelle n’était pas enchevêtrée avec la question migratoire historique, bien des choses seraient plus simples : il suffirait de reporter les malfaiteurs aux frontières. Mais quand certains de ceux qui revendiquent la sharia ont la nationalité du pays qu’ils critiquent, que faire ? Et qui faut-il blâmer ? Le pouvoir politique, bien sûr. Mais il me semble que la colonisation, expression bien malheureuse de ce même fichu pouvoir, est en grande partie responsable.

Wednesday, February 15, 2017

Bobigny laissé faire

Disons-le clairement, les libéraux, qui sont pour le laisser-faire, n’auraient pas laissé faire Bobigny.

Alors même que nous sommes supposés être sous le coup d’un état d’urgence, la possibilité avérée des émeutes de ces derniers jours dans la banlieue ne laisse aucune place au doute : le pouvoir a choisi de ne pas faire pleinement respecter l’ordre. Reste à tenter de comprendre ses motivations.

Je ne m’étendrai pas sur la preuve éclatante de l’échec de la « politique de la ville » héritée de 1981 que ces événements apportent. Quelques cents milliards partis en incendies de voitures, cela me fait penser à l’aide aux pays en voie de développement : de la corruption, de la bonne conscience, mais rien de concret qui arrive sur place et qui permette l’autonomie et la prospérité des populations.

Sinon, on est en droit tout d’abord de s’interroger sur la faible prévention policière, et même sociale. Il n’est pas logique ni normal que les zones connues pour être « à risque » ne soient pas aussi celles où la présence policière est la plus dense. On ne peut pas prévenir le terrorisme et les émeutes en même temps, faute de moyens ? On ne peut pas être partout ? Alors à quoi sert l’état d’urgence ? Les libéraux, au passage ont une réponse à cet enjeu : laissez les gens s’armer pour se défendre.

Une première erreur consiste à croire que la police est là pour nous protéger de tels débordements. Quiconque prend la route de temps en temps aura croisé ces longs convois de cars de CRS dont on se demande où ils vont. Faites le test, la réponse est simple : ils vont là où il y a besoin de protéger les politiciens, lors de leurs déplacements ou lors de leurs meetings de campagne. Mais pas pour apporter des renforts aux forces tentant de mettre la pègre et la délinquance hors d’état de nuire.

La seconde erreur, ce serait d’oublier que le principe de la croissance continue de l’état repose sur la peur et la création du chaos, pour se rendre indispensable. Il faut donc laisser de tels scandales se produire pour pouvoir ensuite justifier l’appel à l’extension de l’état d’urgence et à la contrainte.

Et puis bien sûr, hélas, il faut se souvenir que nous sommes en campagne électorale. Et donc se demander à qui profite le crime, même si cela peut sembler gros et improbable. Or il semble logique d’oser croire que la peur de la violence sert la position de Marine Lepen. Mais le pouvoir en place n’est pas si stupide, il parie bien sûr, comme en 2002, que Le Pen sera un repoussoir et donc que les votes iront de manière écrasante pour son adversaire. Vu où en est Fillon et vue l’origine téléguidée de ses affaires, on peut donc penser que c’est Macron qui profite de tout ce joyeux foutoir.

Evidemment, cela n’est qu’une hypothèse, la chose politique est tellement complexe dans sa réalité que tous les scénarios sont hélas identiquement vraisemblables, et c’est une véritable inquiétude.

En fait, les « événements » de Bobigny illustrent combien le pouvoir policier une fois mis entre les mains des politiciens, quel que soit leur bord, est une chose dangereuse pour notre sécurité. Les libertariens le clament sans cesse, la liberté et la sécurité vont de pair et l’une ne peut venir obérer l’autre. La seule sécurité authentique vient des citoyens eux-mêmes, pas d’un monopole de police.

Monday, February 13, 2017

La dette française ?

Parfois, les politiciens évoquent la dette dans leur discours, surtout aux moments pré-électoraux et dans les programmes, beaucoup moins dans l’action une fois passés aux commandes de notre destin.

Du côté des libéraux par contre, la dette est un sujet qui revient régulièrement comme source d’inquiétude et de contestation de la politique dispendieuse et irresponsable des gouvernants de tous bords depuis des décennies. Et à juste titre bien sûr, car aucune dette à ce point incontrôlée ne peut mener à autre chose qu’une catastrophe, soit pour nous, soit pour nos enfants.

Il y a pourtant une manière un peu plus cynique de considérer la question, sous un angle libéral bien sûr. Et selon cette vision des choses, la dette n’est tout simplement pas notre problème.

Reprenons les choses depuis le début. La dette résulte de nombreux mécanismes ou pratiques, mais in fine, elle est toujours due à une forme de décision prise par un élu ou un fonctionnaire pour soi-disant investir ou financer quelque promesse politicienne. C’est donc ce fonctionnaire ou élu qui signe le crédit et qui crée donc la dette qui sans cesse s’accumule. Et qui continue encore et encore – ce n’est que le début ? D’accord, d’accord… Sérieusement, pourquoi ne cessent-ils pas ?

Ils ne cessent pas parce qu’ils ne sont pas ceux qui payent la dette qu’ils engagent pourtant. Nous payons. Nous payons alors que nous n’avons rien demandé. N’y aurait-il pas là la clef du problème ?

Quand vous allez voir un banquier pour un prêt immobilier par exemple, vous êtes à la fois celui qui prend la décision du crédit, qui prend le risque et signe, et surtout qui rembourse et sinon qui subit les conséquences de l’incapacité à tenir vos engagements. Pourquoi n’est-ce pas la même chose en matière de dette publique ? Voilà la seule question qui compte et qui à elle seule explique la dérive.

Car les élus ne sont pas stupides – ils sont justes minables et sans vergogne. La démocratie les met en position de financer leurs promesses électorales sans avoir à prendre le risque du financement, pourquoi s’en priver, c’est tellement tentant ! Aucun doute, c’est beau la démocratie représentative.

Eh bien justement, il convient de rompre cette logique. Il n’y a aucune raison valable qui nous oblige à subir les conséquences de décisions à long terme prises par d’autres sans nous avoir demandé ni notre avis ni notre accord pour financer. La dette de la France n’est donc absolument pas notre problème, ce n’est absolument pas le problème de nos enfants : ce n’est exclusivement le problème que des élus signataires, de leur descendance s’ils sont décédés depuis. Et tant pis si cela les ruine.

On me dira que je suis extrémiste ou irréaliste, ou que sais-je. Je n’ai pas l’impression que de rappeler où se trouvent les véritables responsabilités soit un signe d’extrémisme. On pourrait même plaider que l’extrémisme est plutôt du côté de ceux qui ont avalisé le système jusqu’ici : imaginer et accepter de vivre de l’argent volé à d’autres par leur endettement indirect, c’est, il me semble le plus extrême des signes de l’ignominie de la vie politique en démocratie représentative. Du balai, vite !

Et si on envoyait les migrants au Liberland ?

Je suppose que vous connaissez le Liberland ? Pour reprendre l’article sur Wikiberal, la « Free Republic of Liberland » est une enclave de 7 km² (l’équivalent d’un gros arrondissement parisien) entre Serbie et Croatie sur la rive du Danube, proclamée république le 13 avril 2015. Le territoire résulte d'une querelle de frontière entre Serbie et Croatie dont ont profité les fondateurs pour en faire un nouveau pays inspiré par les Lumières et le mouvement libertarien.

C’est sans aucun doute l’un des projets les plus prometteurs et les plus concrets pour espérer rétablir la liberté sur le continent qui l’a vue naître. Je vous encourage vivement à vous y intéresser.

L’idée de cet article m’a été suggérée par un ami, et je pense que c’est une excellente question, car elle recèle de nombreux dilemmes qu’on rencontre sur la question de la liberté et de l’immigration.

Avant d’aller plus loin, posons quelques chiffres Selon le BBC le 4 mars 2016, plus d’un million de Syriens seraient venus en Europe en 2015, chiffre à prendre avec prudence mais qui donne une échelle. Par ailleurs, Paris compte environ 13 millions d’habitants, répartis inégalement sur 20 arrondissements, soit en moyenne 650 000 par arrondissement. Si on suppose qu’une partie des immigrés se sont plus ou moins bien installés, le Liberland pourrait donc bien accueillir – en pure théorie bien sûr – environ les deux tiers de la vague de la seule année 2015. Ça, ce sont les chiffres.

On pourrait donc oser voir dans le Liberland une piste facile à la question des immigrés en Europe. Pourtant, personne ne l’envisage, pas plus les médias, les politiques, les migrants que le Liberland.

Du point de vue des médias et des politiques, parler du Liberland est presque impossible, car ce serait indirectement en faire la promotion et donc celle de la liberté. Le silence est donc logique. Quant aux migrants, ils sont pour l’immense majorité ignorants de l’existence même du pays.

Restent les libéraux avertis et le Liberland – « avertis », car encore beaucoup de libéraux n’ont pas conscience du projet, ou ne font simplement pas le lien. Bref, comment se fait-il que la liberté ne viennent pas au secours de ces populations sinistrées ?

Bien sûr, Paris ne s’est pas bâtie en un jour et Liberland ne pourrait accueillir en réalité tout de suite qu’une faible portion des populations, peut-être à peine quelques milliers. Mais cela ne change rien au constat. Pourtant beaucoup de libéraux sont favorables à la libre circulation, on pourrait s’attendre à ce qu’ils poussent l’idée, à ce qu’ils fassent pression sur l’enclave pour qu’elle s’ouvre.

Car une partie de la réponse est bien là : avant d’être un pays, le Liberland est une propriété privée, et comme telle, son accès est soumis à la discrétion de ses propriétaires. Je ne les ai pas consultés, je ne sais pas quelle est leur position, mais je constate qu’ils n’ont pas fait un large appel aux immigrés.

Et ils en ont le droit. Comme Monaco ne l’a pas fait. Comme Andorre ne l’a pas fait, pas plus que San Marin, le Lichtenstein, Jersey ni même la Suisse. Tous pays pourtant réputés plus libres et libéraux.

On peut imaginer de nombreuses motivations de ces différents pays pour rester en retrait sur cette question de l’accueil des immigrés. Je ne les connais certes pas ni ne le prétends. Mais on peut néanmoins légitimement oser la conclusion suivante : si cette immigration de masse était une vraie chance pour l’Europe et pour la liberté, tout le monde se précipiterait pour ouvrir ses portes.

Thursday, February 9, 2017

Loi, droit, lois, morale et liberté

J’aime bien commencer un billet sur la liberté en rappelant la définition qu’en donne Henri Lepage, dans Libres ! (comme ailleurs) : « le droit de faire ce qu’on désire avec ce qu’on a » (ce qu’on possède légitimement). C’est donc la propriété individuelle qui matérialise les limites de cette fameuse liberté, qui sinon ne se définirait que vaguement par rapport à celle d’autrui, sans plus de précision.

Bien évidemment, la nature de la propriété est d’être un droit, au sens juridique. Ce qu’on peut caractériser comme un fait social objectif pouvant être opposé à un tiers pour obtenir justice. La propriété individuelle est même la base de tous les droits légitimes, donc du droit en soi, de manière plus globale. Ce « droit en soi » est ce qu’on dénomme habituellement par « droit naturel ».

La propriété fonde également les piliers les plus importants de la morale occidentale, voire humaine. La propriété a pour miroir immoral le vol, quand la vie et la propriété de soi se reflètent dans le meurtre. Le droit fondamental est donc le miroir direct des piliers de la morale. Pour autant, bien des gens mettent dans le champ de la morale des considérations bien plus étonnantes, j’y reviendrai.

A ce niveau, on a défini ni plus ni moins que l’ensemble de ce qui constitue la base juridique de la société libre. Bien sûr, celle-ci est plus complexe grâce à l’ensemble des contrats qui la construisent, mais aucun de ces contrats ne repose sur autre chose que le droit naturel, donc le droit de propriété.

Arrive ensuite la loi. Le mot est au singulier, comme l’est « le droit ». Le droit, en réalité, est pourtant infiniment pluriel, puisqu’il y a autant de droits qu’il y a de propriétés c’est-à-dire que de citoyens : il y a ce que j’autorise chez moi, ce que tu autorises chez toi et ce que l’autre autorise chez lui.

La loi par contre est au singulier parce que la loi suppose une entité unique qui la porte et qui en impose l’application, sur un territoire donné. En d’autres mots, la loi suppose un état qui en force le respect par les citoyens – on ne sait pas vraiment comment elle arrive, ni s’ils l’ont choisie ou pas.

Comparée au droit naturel, elle pose a minima des bases juridiques censées donner légitimité à une autorité, des institutions, des procédures qui complètent le droit et fondent l’état associé. La loi est donc un concept qui ouvre la porte à l’état monopole régalien et qui est donc au-delà de la stricte idée libérale. On pourrait considérer que cette vision de la loi correspond au minarchisme, mais ce n’est pas une définition indiscutablement consacrée de cette variante très floue du libéralisme.

La loi ouvre la porte aux lois, au pluriel. Dès que la loi crée des institutions dont l’objet est d’incarner le droit, il y a deux possibilités. Dans un rêve, l’état se contenterait de porter la police et la justice, à partir du seul droit naturel. Dans la réalité et dans l’histoire, on constate que l’état revendique le pouvoir législatif en plus du pouvoir judiciaire. Le pouvoir législatif conduit à la création de lois qui ne reposent plus sur le droit de propriété, mais expriment le pouvoir politique de l’état sur le citoyen.

Dans ce régime qui est celui que nous subissons, dit du droit positif, la légitimité des lois ne reposent plus sur la liberté individuelle à travers le droit de propriété. Dès lors, à part des lois élémentaires établissant les institutions, à partir on ne sait trop de quoi, aucune des lois des démocraties n’ont la légitimité qu’apporte le droit véritable. On peut même affirmer que les lois ne voient le jour que pour imposer au citoyen des règles illégitimes, car sinon il n’y aurait pas besoin de lois pour les voir suivies.

L’habitude prise depuis des décennies de la loi et des lois, et de leurs institutions, a influencé la morale populaire. Elle s’est entachée de présupposés hérités de la tentative de faire passer certains textes ou principes comme légitimes et donc devant moralement être respectés. Par exemple, il est de bon ton de porter un grand respect aux élus, surtout ceux siégeant dans les chambres nationales, la fausse bonne réputation fait souvent le pouvoir politique. L’affaire Penelope montre que la donne change, mais elle montre aussi combien il est encore rare d’oser voir rappelé à tous ces usurpateurs du pouvoir qu’ils n’ont aucune légitimité ni prestige qui en feraient de pseudos élites à honorer.

Contrairement à ce que bien des libéraux considèrent, la loi, les lois, la séparation des pouvoir, la morale, rien de tout cela ne fait partie de l’attirail du libéralisme. Il se contente juste du droit naturel.

Monday, February 6, 2017

L’urgence des urgences

Je traite rarement de sujets liés à la santé et à l’assurance maladie, n’étant pas du métier et d’autres le faisant bien mieux que moi. Or la déliquescence accélérée du système qui a vu ces dernières semaines ses limites dépassées par un simple accès de grippe justifie je crois de revenir sur quelques clefs fondamentales. Des urgences grippées rendent urgentes certaines clarifications des idées.

Oublions un instant le rôle sanitaire supposé des urgences. Je dis « supposé » car je suis convaincu que tout le monde n’en a pas la même compréhension, ce qui contribue au phénomène, mais peu importe. Constatons simplement que la grippe a montré que le fonctionnement des urgences peut conduire à une saturation extrême alors même qu’il ne s’agit que d’une maladie bénigne. Il y a donc un problème de conception de l’accès aux soins puisqu’ils ne sont pas capables de réguler tous seuls leur offre à la demande des patients – ceci dit sans présager de l’état de santé réel des patients.

Or dès qu’on parle d’offre et de demande, il devrait être assez naturel de faire le lien avec la célèbre loi économique, celle qui veut que les prix montent quand l’offre baisse, et inversement. Mais en France, il est tabou de voir la santé comme relevant de près ou de moins de la chose économique. Pourtant, il s’agit bien d’un problème de régulation de l’accès à des ressources rares, ce qui définit le champ usuel de la science économique – oui, la science est bien une science, ce n’est pas le sujet.

Un prix pour les urgences ? Voilà donc une idée que beaucoup trouveront peu orthodoxe, disons. Pourtant, c’était partiellement en place dans l’ancien système, où les généralistes faisaient encore leur métier – ceci dit sans chercher à les critiquer. En effet, pour une grippe, on restait souvent chez soi pour se soigner : prix nul. Pour une méchante grippe, on allait chez le docteur : prix d’une consultation. Les cas graves étaient ensuite envoyés à l’hôpital, sans passer par les urgences. Et les urgences ne recevaient que les cas qui le nécessitaient, ou presque. Noter que leur prix était nul, ce qui implique que les urgences dans ce système fonctionnaient parce qu’elles étaient en surcapacité.

En surcapacité, oui. Puisque si tout se passait bien, alors que la capacité n’était pas adaptative, c’est qu’elle était ajustée sur un niveau correspondant aux pics de demande. Donc la plupart du temps, la capacité des urgences était sous-exploitée. Engorgement ou gaspillage par surcapacité, voilà ce qui résulte obligatoirement d’une gestion non économique de l’accès aux urgences, comme à toutes les autres formes de services de santé ou de soin. Noter que mon raisonnement fonctionne sans tenir compte de la nature des soins ni de la gravité des traumatismes ou maladies : peu importe.

Plus concrètement, imaginez. Un marché des urgences. Avec des prix, et de la concurrence. Très vite, les riches payent le prix fort et les autres galèrent ? Bah, il leur restera encore les urgences que nous connaissons, elles sont si efficaces…. Mais bientôt, avec les profits engrangés, les entreprises nous préparent des offres plus « low cost », concurrence oblige. Et peu à peu, tout le monde pourra aller aux urgences payantes privées mais qui sont toujours disponibles et soignent pas plus mal. Et avec un peu de chance, on pourra même payer par charité pour que les pauvres puissent en profiter.

Pourtant, on nous dit que le système actuel est le meilleur possible et le plus juste. C’est Bizarre.

Sunday, February 5, 2017

Vegan et cause animale

Les végétariens ont été une source d’étonnement, il n’y a pas si longtemps. Désormais dans ce monde ouvert ou rose, il faut être « vegan » pour être branché, pour « faire le buzz », appelez ça comme vous voudrez. En gros, si je puis dire, le vegan va plus loin que le végétarien, il végète à rien manger qui vienne des animaux, si j’ai bien compris. Ce ne serait pas très intéressant en soi, si très souvent on ne trouvait cachée derrière la « cause animale », celle qui voudrait leur donner des droits.

Selon la cause animale, les animaux – on ne précise pas vraiment ce qui caractérise un animal, une bactérie est animée, mais est-elle un animal ? – bref, les animaux seraient maltraités par l’humanité, depuis trop longtemps, et il serait donc temps, si nous voulons nous prétendre civilisés, de corriger cette erreur immense en leurs accordant des Droits de l’Animal, un peu comme ceux de l’Homme.

Un tel discours tient revient fréquemment chez certains philosophes ou économistes, tel Schopenhauer qui affirmait déjà : « Le monde n’est pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits à l’usage de nos besoins. » Pourtant, il y a là plusieurs erreurs d’analyse importantes.

La première porte sur la nature même de la civilisation. Ce n’est pas le sujet central de ce billet, mais il faut néanmoins clarifier ce qui fait la civilisation, c’est-à-dire le processus voyant l’humanité aller vers plus de civilité en général. Cette « civilisation » a connu des étapes fondamentales. Une des plus importantes consiste à reconnaître le rôle du droit, le droit « naturel » s’entend. Car c’est le droit qui permet de marquer la frontière entre l’arbitraire du tyran et la liberté de l’individu, donc de tous.

Pour revenir à l’animal, la vision « civilisée » cohérente avec la réalité actuelle de l’animal, consiste donc à rappeler le rôle social du droit naturel et à replacer l’animal face à celui-ci. Le droit existe, il a été inventé par l’homme sur le chemin de sa civilisation, pour régler les conflits entre les humains.

Parler de droit de l’animal revient à parler du conflit entre l’homme et la poule, par exemple. Une poule pourrait être en droit de contester ses œufs frais au fermier qui lui en prive chaque jour. Or, seconde erreur d’analyse donc, si le droit a du sens parce que les humains peuvent grâce à lui faire appel à la justice pour régler leurs différends, on ne voit guère une poule nous attaquer en justice. Pas plus qu’un zébu, second exemple pris car on me dit que depuis peu on les verrait mener des cérémonies funéraires, ce qui serait preuve de leur civilité, voire de leur « humanité potentielle ».

Ainsi, certains auteurs verraient l’animal comme « le même que l’homme », mais cela n’a pas de sens concret, malgré une certaine valeur poétique. Tant que la communication rationnelle entre l’homme et l’animal n’a pas de réalité, autrement dit tant que l’action humaine ne trouve pas son miroir juridique dans l’action animale, voir dans le droit un moyen de protéger l’animal est une illusion. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas protéger l’animal, bien au contraire, mais pas par le moyen du droit.

Bien sûr, il y a une seconde lecture, plus insidieuse à cette idée du Droit de l’Animal (DdA). La même que bien des pseudos « Droits de l’Homme », en fait. Poser un DdA, cela ne peut se réaliser que par le droit « positif », c’est-à-dire par de nouvelles lois plus ou moins ridicules visant à nous contraindre à « protéger » l’animal malgré nous, voire malgré lui. Ce n’est donc pas tant une philosophie tendre et idéaliste qu’une nouvelle forme de diktat arbitraire ne reposant sur aucune légitimité sociale.

Une amie vivant en Suisse, qui a inspiré ce texte et pour qui j’ai un grand respect, m’indiquait qu’il y a eu une votation là-bas pour que les animaux de compagnie puissent bénéficier d’avocats. On voit bien dans une telle affaire les affaires que les avocats pourront en tirer, mais moins clairement comment les chiens-chiens pourront témoigner de leur âpres souffrances. Guacamoles ridicules.

Friday, February 3, 2017

Les preuves du feu

L’affaire Penelope aura donc fait grand bruit. Il est encore trop tôt pour savoir si elle aura finalement entraîné la chute du candidat de la droite, voire celle de la droite en général, aux élections de 2017, voire même au-delà. Mais alors que Fillon tentait hier soir de relancer sa campagne malgré tout et avec énergie, cette affaire encore vive à cet instant permet déjà de tirer diverses leçons sur ce pays, sur la place de la liberté et sur les enjeux qui se présentent aux libéraux sincères et préoccupés.

La première, peut-être la plus lourde de sens, ce sont les preuves du feu. Il y a eu scandale, indiscutablement. Fillon, comme tous les autres, est un corrompu. Ce n’est pas une surprise, surtout, pour les libéraux, cela ne doit pas l’être : ce n’est finalement qu’une manifestation de plus de la perversité et de l’hypocrisie de la démocratie représentative. Mais il y a un scandale au-delà du scandale, bien plus sournois, un véritable Léviathan : le microcosme en place a peur de la promesse faite de libéraliser le système et ne se laissera pas faire. Alors il n’hésite pas à torpiller le messager.

L’acte, ignoble, est très clair. Il est de la même veine que les tricheries de Hilary Clinton : la démocratie, peu importe, on fera tout pour que personne ne vienne changer le système en place. Le comble de la démocratie actuelle, c’est que les élus du passé ont mis en place des fonctionnaires en nombre, dont le pouvoir va désormais jusqu’au moyen de contester le choix proposé aux urnes.

Des preuves du feu découle une première épreuve du feu, celle de hier soir. Fillon a bien réagi, il a pris la seule posture possible, à mon sens, celle qui consiste à prendre le contrepied et à affirmer encore plus fort sa volonté affichée de liberté, de libéralisation – sans juger de sa sincérité. Il a donc, je crois, montré qu’il a identifié le coup bas et qu’il ne compte pas baisser les bras tout de suite.

Mais le véritable enjeu tient à l’épreuve du feu pour les libéraux, bien plus que pour Fillon. Car si Fillon arrive à passer, ou même qui que ce soit qui passe in fine, il est désormais tout ce qu’il y a de clair que le système résistera pendant tout le mandat contre sa destruction par la libéralisation.

Comme pour Trump, dès l’élection et sans doute pendant tout son mandat, le président devra faire la preuve d’un courage et d’une ténacité dont l’histoire nous a montré que fort peu de politiciens disposent, aguerris qu’ils sont au compromis, au louvoiement, à la promesse et à la veste retournée.

Pour les libéraux, le message est donc clair. On peut espérer en Fillon, en Fillon élu et en Fillon qui passe toutes les épreuves du feu. Ou bien on peut choisir de viser la mort du système lui-même.

Wednesday, February 1, 2017

Financer les hommes politiques

L’affaire du « Penelopegate » aura au moins un aspect positif pour les libéraux, c’est qu’elle aura remis à jour la nature scandaleuse et mafieuse du métier de politicien et l’universalité de ce type de pratiques. Bien évidemment, il y a là peu de surprise quand on se rappelle le nombre et la variété des scandales qui ont fait les manchettes depuis trente à quarante ans. Tous les partis y sont passés, tous les acteurs en vue, et s’il ne fait pas de doute que Fillon n’est qu’une figure de circonstance, il ne fait pas plus de doute que les pratiques malsaines et abusives touchent l’ensemble de la classe politique.

Certains aficionados de la démocratie représentative ne manqueront pas de critiquer le manque de réalisme et de transparence de la législation actuelle qui serait la source du problème, ne permettant pas à l’homme politique de financer ses coûts et sa Penelope autrement que de manière opaque. Ce serait pourtant ne pas comprendre les contradictions profondes attachées à cette question. On peut imaginer quatre cas de figure quant au financement du politicien, passons-les en revue.

Le premier cas, celui qu’on nous sert officiellement, c’est le financement du politique par l’impôt. En fonction de son mandat, sénateur ou député ou maire, l’élu « aurait droit » à une « indemnité » forfaitaire. Ce système est en réalité scandaleux à de nombreux titres.

En vrac : le concept d’indemnité suppose un « sacrifice », pourtant ils sont tous dans la course, avec âpreté, ce qui laisse miroiter que les gains sont en réalité en rapport ; ensuite, le montant des « indemnités » est fixé par les élus eux-mêmes, hors de tout contrôle populaire ; ces sommes sont le fruit de l’imposition, donc volées aux contribuables ; enfin, rien n’empêche l’élu d’aller chercher des financements occultes en complément, puisqu’il n’y a pas de contrôle structurel.

Quand on a vu l’impossibilité morale du financement « public », on imagine en réaction que l’élu ne soit pas financé du tout. Option la pire en réalité, car comme toutes les formes de prohibition, elle ne peut déclencher que les pires mafias et marchés occultes de la fonction politique. A exclure, donc.

On se dit ensuite que finalement, le politicien qui est censé nous représenter joue un rôle ayant une utilité sur le papier, il est donc bizarre en fait qu’il ne soit pas financé en direct par ses électeurs. C’est d’ailleurs assez proche de ce qui se pratique aux Etats-Unis, où les donateurs existent et se comportent un peu comme les donateurs d’une association qui travaillerait à une bonne cause.

On envisage alors le professionnel assumé de la politique, vendant ses services, probablement au plus offrant. Même si c’est probablement assez proche de la réalité, ne nous leurrons pas, on voit mal ce modèle être explicitement adopté par une population largement à gauche et croyant encore que la démocratie est l’instrument désintéressé de la liberté d’expression populaire.

Il reste le cas particulier du financement via le parti, qui est probablement la variante du premier cas la plus fréquente de nos jours, mais qui ne change pas grand-chose à l’analyse précédente.

Sauf à ce que j’ai omis un scénario, peut-être évident, on comprend que la question de la légitimité des revenus d’un élu quel qu’il soit est intrinsèquement sans issue. Il faut alors se rendre à l’évidence, il ne reste que deux conclusions possibles, qui ne redorent guère le blason démocrate.

Soit la fonction d’élu ne peut être remplie que par de riches pseudos idéalistes qui se refuseraient à toucher le moindre centime, tel un Trump sorti d’une fable à dormir debout. Soit nous tenons là une preuve de plus de l’impossibilité opérationnelle de l’idée même de toute démocratie représentative. Je vous laisse deviner celle que je considère comme la plus sérieuse.